Chapitre 50

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Les jours suivants, je suis une loque, vide de toutes émotions. Mes yeux s'ouvrent et fixent le plafond. Je n'interagis plus avec mon environnement. Les minutes défilent au gré de mes silences. Cole entre dans la pièce et me fixe avec désolation. Je l'ignore, mes yeux rivés sur le plafond.

— J'attends de toi que tu fasses bonne figure. Je vais te présenter à mon royaume.

Je ne l'écoute pas. Je fixe désespérément le vide, je vis dans mes souvenirs. Je l'entends s'approcher du lit. Il me relève, mon corps est une masse sans vie. Il pose ses lèvres contre les miennes, je ne ressens rien, du dégoût et de la haine. Mes lèvres ne bougent pas, je ressens sa frustration, il me jette sur le lit et claque la porte.

Les heures défilent, il fait plusieurs apparitions, toujours cette volonté de me dominer, mais il fait face à une loque. Sa dernière visite, il avait entamé sa transformation, après un énième rejet.
J'essaye d'utiliser mes capacités à nouveau, mais il ne se passe rien, je ne comprends pas.

— On aurait pu être heureux.
— C'est Adam que j'aime.
— Que tu aimais.

Je m'effondre au sol, je n'arrive pas à réaliser que je ne le reverrai plus jamais, il referme la porte en me laissant dans mon désarroi. Mes sanglots amplifient, mes cris résonnent et font écho. Je ressens ces fourmillements,  une image m'apparaît en tête, un souvenir. Ce n'est pas une vision.

Je suis au palais, dans ma chambre concentrée sur mes croquis quand je sens un vent balayer les feuilles sur mon bureau.

Koop?
Tu aimerais?
Je souris.

On ne doit pas se revoir avant quelques années.
Tout accord peut être frappé de nullité.

Il s'avance vers mon bureau, je l'observe poser ses mains sur les épaules de Lilly du passé.

Tu es tellement belle.
Tu me flattes Adam.

Il relève Lilly et ils se fixent amoureusement. Leurs visages s'approchent, ils ne sont plus qu'à quelques centimètres l'un de l'autre. Ce souvenir me réchauffe le cœur. On s'aimait depuis bien longtemps. Ses lèvres se posent sur celle de Lilly. C'est si beau.

J'ouvre les yeux dans ma chambre de captivité, le sourire aux lèvres. Comment ont-ils pu me retirer tous ces souvenirs? Notre histoire est tellement belle et exceptionnelle. Je ferai vivre sa mémoire jusqu'à mon dernier souffle. Mes yeux se ferment sur ces bouleversants souvenirs.

Je suis endormie quand je sens une masse sur moi, je tente de me redresser, mais Cole me bloque les mains. Je me débats, mais il resserre sa prise. Ses yeux arborent une teinte sombre. Je tremble, je suis effrayée, sa force surhumaine freine mes dernières tentatives de m'extirper.

— Ne fais pas ça. Je t'en supplie.
— Pourtant avec lui ça ne t'a pas gêné de souiller ton corps.
— On s'aimait, accepte-le.
— Jamais, tu es mienne.

Mes larmes coulent, pendant qu'il se jette sur mon cou. Ma tête retombe en arrière, incapable de le regarder en face. Il déchire mes vêtements, je ne bouge plus, les yeux verts d'Adam m'apparaissent en tête. Je suis captivée, je jurais sentir son odeur emplir mes narines.

— Adam.

Cole se redresse et me fixe, dégoûté par le prénom qui sort de ma bouche. Je n'ai que lui en tête, peu importe qu'il ne soit plus là. Il n'y aura que lui.

— Boucle-là!

— Adam.

Il s'énerve et m'attrape les cheveux brusquement, j'émets un râle de douleur. Il se déshabille, je détourne mes yeux, les yeux d'Adam me plongent dans un état semi-comateux. Je ne ressens plus rien, il malmène mon corps, mais je ne suis qu'une enveloppe corporelle. Il finit par s'effondrer et tourne ma tête vers lui.

— Tu es mienne.

Il se redresse, ramasse ses affaires et quitte ma chambre. Je m'enroule autour d'un drap et je m'endors, les yeux verts d'Adam qui veillent sur moi. Les jours suivants, il me laisse en paix, il ne me rend plus visite. Je suis soulagée, je ne veux plus jamais le voir, je le déteste. La rage m'envahit quand je pense à lui et son acte ignoble. Comment a-t-il pu devenir ce monstre?

Quelques jours plus tard, je suis réveillée par des bruits assourdissants, je me redresse, et rejoint la fenêtre, le manoir est encerclé. J'observe avec un tel détachement cette lutte qui se joue devant mes yeux. Les images de ma vision me reviennent en tête. La vision est en train de se réaliser, j'assiste à des scènes d'horreurs. Des vampires arrachent le cœur des loups, des loups déchiquètent des vampires. Les nausées me montent à la bouche, mais mes yeux continuent d' observer ce bain de sang. Je suis comme en état de choc.

La porte s'ouvre sur un loup, qui me saisit par le bras, je tente de lutter et je me jette au sol, mais il me tire par le bras et me traîne sur plusieurs mètres. Je le frappe dans les jambes pour le déséquilibrer. Il se retourne, me saisit par le cou et me soulève jusqu'à étouffement. Je me sens partir, mes yeux se ferment.

INDECISEOù les histoires vivent. Découvrez maintenant