Chapitre 23

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Je me réveille dans la nuit, Koop semble inquiet, je dégouline, je me remémore mon rêve, je jurerai avoir ressenti, chaque émotion, chaque mot prononcé. J'étais comme transporté dans une dimension. J'ai rêvé de Cole, je lui ai dit de ne pas s'inquiéter, que je ne suis pas en danger. Il ne décolère pas, il menace de s'en prendre à Koop, je me suis opposée à lui. Ses yeux ont viré au noir, il était quelqu'un autre. Il a tenté de me retenir, mais j'ai retrouvé mon enveloppe corporelle. J'ai l'impression de perdre la tête.

— Ça va princesse?
— Oui un cauchemar.

Je me rallonge encore perturbée par cette conversation. Tout semblait si réel. Je me reconcentre sur Koop.

— Tu as beaucoup de facultés?
— Quelques-unes.
— Est-ce que tu vas me transformer?
— Tu regardes trop la télé.
Je rougis de gêne.

— Je suis désolée, je suis un peu perdue par tout ça.
— Tu apprendras à me connaître.
Je hoche la tête et ferme les yeux.

Au réveil, je suis seule dans le canapé, je suis réveillée par une conversation houleuse.
Je me redresse, je reconnais la voix de Cole. Il est venu me chercher. Je rejoins l'entrée dans la main, la tension est palpable. Cole saisit Koop par le cou. Ils sont à deux doigts d'en venir aux mains, mon cœur s'affole.

— Cole arrête-toi!

Il pose les yeux sur moi et se détache de Koop, les yeux de Koop song rouge, je n'avais jamais vu ça. Je regarde derrière Cole, des dizaines de loups l'accompagnent. Leurs hurlements perturbent la quiétude de ce manoir.

— Tu n'es pas obligée de repartir avec lui, princesse.

Cole fixe Koop avec haine . C'est le mot de trop, il se jette sur Koop et le griffe sur son abdomen. Koop le saisit par le cou et l'expédie cinq mètres plus loin. Cole se redresse, les deux se sautent dessus avec une violence inouïe. Mes cris et mes larmes ne servent à rien. Les vampires et les loups s'entretuent devant mes yeux. Koop prend le dessus, sa force est hors norme.
Je rentre dans le manoir et tente de trouver un objet tranchant. Je me saisis d'un couteau.

— Si vous n'arrêtez pas, je jure de m'ôter la vie.
Les deux tournent dans ma direction.

Aucun des deux ne réagit, je rapproche le couteau de mon cou. Ils se détachent l'un de l'autre.
Je souffle lourdement, une vraie boucherie se dresse devant moi. Je suis effondrée.

— Je m'en vais avec Cole.

Koop semble abattu, j'aurais aimé faire autrement, me dédoubler pour ne pas blesser l'un ou l'autre. Mais le lien a choisi pour moi. Je suis prise au piège par cette destinée qui s'est imposée à moi. Cole se redresse fièrement et rejoint sa voiture. Je me tourne vers Koop, il n'a pas un regard pour moi, ça me détruit.

— Koop, je suis tellement désolée.
— Va-t'en.

Je reçois un coup de poignard au cœur.

Je me dirige vers la voiture de Cole anéantie, je me tourne une dernière fois vers le manoir, la porte se referme, je pose ma tête sur la vitre. Cole tente de m'arracher quelques mots, mais je suis incapable de parler. Leur confrontation est la pire des choses qui pouvait m'arriver, les voir s'entretuer à l'effet d'un électrochoc. La guerre que j'ai observée dans ma vision, va se passer sous mes yeux et j'en suis l'élément déclencheur.

On franchit la porte de notre monde, la lumière m'éblouit les yeux. Je suis encore en état de choc, je suis obnubilée par cette violence dont j'ai été témoin, quelques heures plus tôt. Je pénètre dans l'appartement, je fonce dans ma chambre et je m'allonge dans le lit. La porte s'ouvre sur Cole qui tente de discuter et d'apaiser les tensions. Mais il ne fait qu'enfoncer le clou dans la plaie. J'ai encore le regard de Koop qui me fait chavirer quand j'ai annoncé mon départ avec Cole.

— Je te laisse te reposer.
— Merci.

Je m'endors épuisée, j'ai une sensation étrange, d'être consciente, de ne pas être emportée par un sommeil profond. Je me sens légère, mon esprit quitte son enveloppe corporelle, je plane dans les airs. J'ouvre les yeux dans une pièce sombre. Je regarde autour de moi, mais je ne vois rien. Je commence à être envahie par la panique, mon cœur s'affole. Quand un bruit assourdissant me fait sursauter et je retombe au sol en me bouchant les oreilles.

— Princesse?
— Koop.

Je relève les yeux, désorientée. Je suis assaillie de tremblements, il m'aide à me relever et me porte jusqu'à son lit. Il me dépose délicatement, son odeur emplit mes narines, elle semble si familière.

— Qu'est-ce que je fais chez toi?
— Sûrement tes capacités qui se développent.
— Je suis vraiment avec toi?
— Une partie de toi.

Il ne bouge pas, il fixe mes réactions et moi je fixe ses blessures. Je me redresse et je m'avance vers lui.

INDECISEOù les histoires vivent. Découvrez maintenant