La porte se referma doucement, ne laissant derrière elle qu’un silence lourd et profond. Une silhouette, drapée dans une grande robe à froufrous, s’éloigna de la maison. Le collier de jade, scintillant faiblement sous la lueur de la lune, reposait délicatement autour de son cou. En sortant, l’écharpe qu’elle portait glissa sans bruit au sol, mais elle ne s’en aperçut pas.
Elle marcha sans se retourner, comme si un poids invisible pesait sur ses épaules.
Le silence de la nuit était troublé par le seul bruit de ses pas, résonnant sur les pavés humides. Les lampadaires, s’allumant les uns après les autres, projetaient des halos dorés sur les murs des maisons endormies, traçant un chemin qu’elle semblait suivre instinctivement.
Sous la lumière tremblante des réverbères, sa silhouette avançait sans se hâter, mais ses mains, crispées sur les plis de sa robe, trahissaient une certaine tension. Était-ce de l’inquiétude ou simplement le froid ?
Elle tourna à l’angle d’une ruelle, longeant les murs suintants des vieux bâtiments, presque collée à eux comme pour se fondre dans les ombres.
La gare était encore loin, mais elle continuait de marcher, en silence. Chaque rue franchie ressemblait à un adieu muet à ce qu’elle laissait derrière.
Plus loin, un vieil homme titubait sous le porche avant de s'asseoir contre un mur. Une bouteille vide pendait mollement entre ses doigts. Son regard, embué par l’alcool, s’accrocha à la silhouette blanche qui glissait devant lui.
Il plissa les yeux, cherchant à la distinguer, mais sa vision troublée lui donnait l’impression d’assister à une apparition. « Un ange ? Ou un rêve ? » murmura-t-il, avant de secouer la tête. La silhouette disparut au coin de la rue.
Le chemin était solitaire, presque désert. La brise nocturne s’engouffrait dans les plis de sa robe, faisant frissonner la peau de ses bras. Elle accéléra le pas, comme si le vent chuchotait des vérités qu’elle préférait ne pas entendre.
Quand elle arriva enfin à la gare, elle s’arrêta un instant sous la lumière blafarde des néons qui éclairaient les quais vides d'un éclat froid. Le souffle court, elle fixa le panneau des départs. Son regard errait sur les destinations... Une ville, un nom, peu importait lequel, du moment que ce train l’emmènerait loin, très loin.
Un grondement métallique brisa le silence immobile des lieux. Elle fixa le train qui approchait, une idée fugace lui traversant l’esprit : se tenir sur les rails et attendre de disparaître, écrasée comme un vulgaire insecte. Une fin simple, brutale, et sans appel.
Mais non. La vie ne méritait pas ce geste. Cette existence injuste, impitoyable, ne méritait ni sa soumission, ni son abandon. Elle serra les poings. Si la vie avait choisi de la briser, elle ne plierait pas. Elle choisirait plutôt de s’attaquer à ce monde cruel, de renvoyer coup pour coup. C’était décidé. La vie avait fait d’elle une arme, et elle comptait bien s’en servir.
Les wagons s'arrêtèrent dans un long soupir, semblable à l’ultime expiration d’un mourant. Elle monta à bord d’un pas mécanique, le corps tremblant, incapable de savoir si c’était le monde ou elle-même qu’elle fuyait.
En s’asseyant, elle comprit qu’aucun train ne pouvait l’emmener assez loin pour échapper à ce qu’elle portait en elle.
***
NDA
U
n chapitre très court.
Aucun dialogue.
Je sais.
Et...C’est voulu.
Histoire de faire cogiter vos méninges, mes lecteurs adorés.
J’espère que la lecture a été douce et sucrée… comme je l’imaginais.
Votre autrice qui vous aime d’un amour aussi fatal qu’éperdu.😌
Ciao.😽😂
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La peau noire
Fiksi SejarahDans le Paris des années 20, Ndi go'o Mukaté, une jeune femme d'origine camerounaise, rêve de révolutionner le monde de la mode. Avec son talent de couturière et sa vision unique de la mode, elle souhaite mêler l'élégance parisienne à ses racines af...
