Une ruse de plus

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Coco échangea un regard avec Vincent. L’homme, d’ordinaire impassible, fronça les sourcils.

— La pièce dont tu parles, Yero… murmura Coco.

Vincent acquiesça lentement, son visage se fermant davantage.

— C’est la salle consacrée à mes collections personnelles, reprit Coco d’un ton plus dur. Elle est toujours fermée à clé. Et le double de toutes les clés du château est sous la seule responsabilité de Vincent.

Le majordome hocha la tête, se redressant sous le poids de l’attention.

— Je vais les vérifier immédiatement, déclara-t-il avant de quitter la pièce.

Il revint quelques instants plus tard, accompagné de deux officiers. Son visage, à présent livide, parlait pour lui.

— Madame Chanel… la clé est introuvable.

Un murmure parcourut l’assemblée.

— Fouillez Marie Cléret, ordonna Coco, les mâchoires serrées.

Les policiers se dirigèrent aussitôt vers la chambre de la jeune femme. Lorsqu’ils y pénétrèrent, ils la trouvèrent assise devant son miroir, occupée à son rituel de beauté.

Marie Cléret appliquait une pâte blanchâtre sur son visage, mélange de farine et de citron, destiné à lisser sa peau et à masquer ses imperfections. Sur la table, un bol d’eau de rose et un minuscule pinceau, qu’elle utilisait pour teindre ses cils avec du charbon moulu. À côté, un rouge à lèvres fait maison, une simple cire colorée qu’elle appliquait du bout des doigts.

Elle tourna lentement la tête vers les policiers et haussa un sourcil.

— Messieurs, que puis-je pour vous ?

— Nous devons vous fouiller, déclara l’un des officiers.

Marie se redressa, croisant les bras avec une expression glaciale.

— Je refuse d’être touchée par des hommes.

Coco, qui venait d’arriver sur les lieux, hocha la tête.

— Très bien. Que mes domestiques s’en chargent.

Quatre femmes de chambre s’approchèrent et commencèrent la fouille. Marie ne broncha pas, mais Ndi Go’o, qui se tenait un peu en retrait, observait chaque détail. Quelque chose clochait.

Lorsqu’elle vit Marie lever les yeux et croiser le regard de Yero, son malaise grandit. Un échange silencieux se produisit entre eux, furtif mais intense. Ndi Go’o sentit son estomac se nouer.

— Madame… regardez…

Une domestique venait de s’agenouiller. Elle souleva doucement le talon de la chaussure droite de Marie et en extirpa un minuscule objet brillant.

— La clé… souffla Coco.

Marie Cléret ne dit rien. Elle resta figée, le regard rivé sur Yero.

Tout se passa très vite.

Coco arracha la clé des mains de la domestique et la serra dans son poing avant de lâcher d’une voix tranchante :

— Emmenez-la. Je ne veux plus la voir.

Deux policiers s’approchèrent et l’attrapèrent par les bras.

Marie Cléret ne se débattit pas. Elle se contenta de jeter un regard vers Ndi Go’o, un sourire étrange étirant ses lèvres.

Puis, alors qu’elle passait le seuil de la porte, elle éclata d’un rire froid.

Ndi Go’o sentit son sang se glacer lorsqu’elle lut sur ses lèvres un :

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