La pièce était faiblement éclairée, une simple ampoule nue se balançant au-dessus de la tête de Johnny. La lumière vacillante projetait des ombres menaçantes sur les murs humides et décrépits. Johnny, à la barbe mal rasée, était attaché à une chaise en métal. Ses poignets, ensanglantés par les liens serrés, tremblaient légèrement alors qu'il tentait de reprendre son souffle.
Johnny Balburry, grand et maigre, tremblait visiblement, des gouttes de sueur perlant sur son front malgré l’air glacial de la cave. Ses yeux fixaient le sol, cherchant désespérément une échappatoire.
En face de lui, deux hommes se tenaient : les hommes de Lavoyette. L’un, grand et robuste, faisait lentement craquer ses jointures, le regard fixe et cruel. L’autre, plus mince mais au visage dur, tenait une cigarette qu’il faisait tourner entre ses doigts.
— Alors, Johnny, commença ce dernier avec un calme glaçant, Michael Stoeffel. Tu vas nous dire tout ce que tu sais sur lui.
Johnny secoua la tête, tentant de parler, mais ses lèvres sèches ne laissaient sortir qu’un faible murmure.
L’homme robuste frappa violemment le bord de la chaise, la faisant grincer contre le sol. Johnny sursauta, les liens autour de ses poignets mordant davantage sa peau.
— Pas de mensonges, grogna le tortionnaire.
— I... I don’t know much! Je... je jure, dit Johnny dans un français hésitant. Son accent américain rendait sa voix maladroite.
L’homme mince s’accroupit devant lui, exhalant la fumée de sa cigarette tout près de son visage.
— Ne joue pas au plus malin. Tu crois qu’on t’a attrapé par hasard?
Johnny déglutit difficilement.
— Ok... ok. Je vais dire! Je vais dire!
Les deux hommes échangèrent un regard.
— C’est mieux, murmura le fumeur.
Johnny inspira profondément, cherchant ses mots.
— La fille... Christelle d’Arc... elle est montée dans voiture moi... sur ordre de Stoeffel. Il voulait elle vienne à l’hôtel... au Royalls. Je l’ai déposée... là-bas. Je swear, je n’ai pas fait plus. Après... elle... never came out.
L’homme robuste fronça les sourcils.
— Tu te fous de nous?
Johnny secoua la tête frénétiquement.
— Non! Non! I swear! I know nothing else! Je... Je conduis juste. Je fais... comment dire... livraisons pour monsieur Stoeffel.
Un silence pesant s’abattit. Le fumeur jeta sa cigarette à terre et l’écrasa du bout de sa chaussure.
— Le Royalls... murmura-t-il en se redressant.
Johnny regardait ses bourreaux, terrifié, espérant avoir dit assez pour sauver sa peau.
— Je peux partir maintenant? demanda-t-il d’une voix tremblante.
L’homme robuste s’avança et posa une main lourde sur son épaule.
— Pas encore.
Un téléphone vibra. L’homme mince le sortit de sa poche, jetant un dernier regard à Johnny avant de quitter la pièce pour répondre.
L’homme robuste se tourna à nouveau vers l'américain, un sourire cruel sur les lèvres.
— Pendant qu’on attend, voyons si tu te souviens d’autre chose.
La porte se referma doucement, laissant échapper un cri étouffé.
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La peau noire
Historical FictionDans le Paris des années 20, Ndi go'o Mukaté, une jeune femme d'origine camerounaise, rêve de révolutionner le monde de la mode. Avec son talent de couturière et sa vision unique de la mode, elle souhaite mêler l'élégance parisienne à ses racines af...
