Les premiers rayons de l’aube s’infiltraient timidement par les barreaux de la petite fenêtre, projetant des ombres longues et vacillantes sur les murs de sa cellule.
Ndi Go’o, enroulée dans un coin, se redressa en entendant des pas lourds résonner dans le couloir. Elle n’avait pas fermé l’œil de la nuit, hantée par des pensées confuses et la sensation d’un piège invisible qui se refermait lentement sur elle.
La porte métallique grinça, dévoilant Ravagne. Il tenait un dossier sous le bras et affichait un sourire narquois.
— Debout, Indigo, grogna-t-il. Vous avez un ange gardien.
Ndi Go’o se leva lentement, méfiante.
Un ange gardien ?
Elle haussa un sourcil, cherchant à percer le sarcasme dans la voix du policier. Ravagne lui fit signe de le suivre. Sa matraque frappant contre sa cuisse.
Ils traversèrent les couloirs froids et humides du commissariat. Chaque porte qu’ils passaient était une promesse d’un enfer différent pour Ndi go'o. Arrivée devant le bureau principal, elle vit un homme debout, les mains élégamment croisées dans son manteau.
— Monsieur Lavoyette, voici votre protégée, déclara Ravagne avec une pointe de moquerie.
Le cœur de Ndi Go’o se serra en voyant le visage familier.
Lavoyette.
Ce nom portait un poids qu’elle n’avait pas prévu retrouver ici. Un patron d’une maison de mode autrefois prospère, désormais en déclin. Leur dernière rencontre remontait à plusieurs jours.
— Mademoiselle Go’o, dit Lavoyette avec un sourire mesuré. Vous semblez en meilleure forme que je ne l’imaginais.
— Qu’est-ce que vous faites ici ? demanda-t-elle, la voix tranchante, mais teintée d’incrédulité.
— Vous sortir de là, répondit-il simplement, son regard s’attardant un peu trop longtemps sur elle.
Avant qu’elle ne puisse répliquer, Ravagne éclata d’un rire sec.
— Vous êtes une chanceuse, Indigo, d'avoir un tel garant. Profitez de cette liberté temporaire. Mais on vous surveille. La moindre erreur, et vous revenez ici.
Il tendit un document à Lavoyette, qui le signa rapidement sans même lire. Ndi Go’o observa la scène avec un mélange d’appréhension et de colère.
— Venez, dit Lavoyette en lui tendant la main.
Elle hésita, puis ignora son geste, le suivant silencieusement. Une calèche les attendait à l’extérieur. Le froid matinal mordait sa peau, et les rues désertes de Paris semblaient presque pâles, baignées dans une lumière grise.
***
Dans la calèche, le silence pesait lourd. Ndi Go’o scrutait l’extérieur, évitant soigneusement de croiser le regard de Lavoyette.
— Vous devriez me remercier, murmura-t-il finalement.
Elle tourna brusquement la tête vers lui, son regard flamboyant.
— Remercier ? Pourquoi ? Parce que vous espérez tirer quelque chose de moi en échange ?
Il sourit, un sourire énigmatique qui fit monter un frisson dans le dos de Ndi Go’o.
— Vous avez toujours été directe, Indigo. Mais disons que j’ai mes raisons… Et vous les découvrirez en temps voulu.
Elle serra les poings, luttant pour ne pas exploser.
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La peau noire
Fiction HistoriqueDans le Paris des années 20, Ndi go'o Mukaté, une jeune femme d'origine camerounaise, rêve de révolutionner le monde de la mode. Avec son talent de couturière et sa vision unique de la mode, elle souhaite mêler l'élégance parisienne à ses racines af...
