Les mains liées 2

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Ravagne n’avait pas besoin de poser d’autres questions. L’expression de stupeur qui passa furtivement sur le visage de la jeune femme lui suffisait.

Ndi Go’o réfléchissait à cent à l’heure.
Son écharpe.
Camille... Disparue
Lonra morte...
Tout se bousculait dans sa tête. Elle, qui reprochait à l’officier de se perdre dans ses suspicions, se retrouvait elle-même prise dans un jeu dont elle ignorait les règles. Comment son écharpe avait-elle pu se retrouver tachée de sang ? Et si il était aussi arrivé du mal à Camille ?

— Eh bien, fit-il en croisant les bras. Je vous trouve bien silencieuse mademoiselle...Je vois que vous la reconnaissez.

Ndi Go’o reprit contenance, masquant son trouble derrière une façade de calme apparent.

— Je ne vois pas ce que cette écharpe a à voir avec moi. Oui, j’en ai perdu une semblable. Mais ça prouve pas ma culpabilité.

Ravagne éclata d’un rire sec et désagréable.

— Oh, vraiment ? Cette écharpe a été retrouvée devant la maison de Lonra, là où elle a été retrouvée morte. Vous comprenez ce que cela signifie, n’est-ce pas ?

Ndi Go’o redressa légèrement le menton, plongeant son regard dans celui de Ravagne avec froide détermination.

— Non, officier. Ce que je comprends, c’est que vous êtes désespéré. Vous essayez de tordre les faits pour construire une histoire bancale. Tout ça pour m’accuser à tort.

Ravagne tapa violemment du poing sur la table, sa patience érodée.

— Vous mentez ! Et vous allez payer pour ce que vous avez fait !

Le silence qui suivit était lourd, oppressant. Seul le bruit de la respiration de Ndi Go’o rompait cette tension. Elle s’efforçait de conserver son calme, mais ses pensées tourbillonnaient : où était Camille ? C'était à elle qu'elle avait donné cette écharpe car la jeune fille se plaignait du froid...

Elle serra les poings pour garder sa voix ferme.

— Où… où est sa fille ? Où est Camille, officier ?

Ravagne esquissa un sourire carnassier.

— C’est à vous de me le dire, mademoiselle, rétorqua-t-il, l’air joueur.

— Si je le savais je ne vous aurez pas poser la question. Il faut la retrouver... Mon écharpe...je le lui avait donné ! Peut-être qu'il lui est arrivé quelque chose... Il faut savoir où elle est.

— Et vous ? Vous ne savez pas où elle est ? Vous ne vous en souvenez pas ? Seriez-vous… amnésique ? Vous auriez bien pu décider de la tuer elle aussi après qu'elle vous est surpris en train de... tuer sa mère !

La porte de la petite salle s’ouvrit brusquement dans un grincement strident. Un homme en uniforme entra, l’air grave, tenant une feuille à la main.

— Ravagne, désolé de vous interrompre, mais c’est urgent.

Ravagne, irrité par cette intrusion, fusilla son collègue du regard.

— Quoi encore, Marçais ? Je suis en pleine séance ici !

Marçais ignora son ton et s’avança, tendant le document.

— Un autre corps a été découvert,  dans la rivière. Les premières analyses indiquent qu'il pourrait s'agir de Camille, la fille de la victime.

Le souffle de Ndi Go’o se coupa, et elle se leva brusquement de sa chaise.

— Camille ? Non, c’est impossible ! Qu’est-ce que vous dites ?

Marçais la dévisagea brièvement, puis se tourna à nouveau vers Ravagne.

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