Entre elles

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Ndi Go'o sortit de la chambre de Juma en trombe, se précipitant dans sa propre chambre voisine avec une urgence palpable. Elle marmonnait des mots incompréhensibles, des phrases qui n'avaient de sens que pour elle. Une inquiétude croissante dans les yeux, elle vérifia chaque pièce de la maison : la cuisine, la douche, le salon, sous l'œil anxieux de sa petite sœur, Juma.

- Mais comment ?! lâcha-t-elle d'une voix tremblante de colère. Comment a-t-elle fait pour disparaître ?

Juma, le visage crispé et le cœur battant à tout rompre, s'efforçait de rassembler ses idées. Camille... Elle n'était pas là.

Partie ?

Disparue ?

Comment expliquer cela ?

Elle s'était volatilisée, comme si elle n'avait jamais existé. L'absurdité de la situation la clouait sur place.

- Je n'en sais rien ! balbutia Juma, les mots se bousculant dans sa bouche. Elle... Elle n'est pas dans sa chambre ?

- Tu étais censée être avec elle, Juma ! rétorqua Ndi Go'o, sa voix dure laissant transparaître une pointe d'inquiétude.

- Je sais, je sais ! répondit Juma, presque en criant, évitant le regard de sa sœur. Mais... Je dormais. Profondément. Quand je me suis réveillée, elle n'était plus là.

Ndi Go'o se laissa tomber sur le canapé, enfouissant sa tête entre ses mains. Ses pensées tournaient en boucle, s'enchevêtrant dans des scénarios sans queue ni tête.

Camille avait disparu. Peut-être était-elle sortie prendre l'air et s'était perdue ? Mais pourquoi n'avait-elle pas réveillé Juma avant de partir ? Pourquoi n'avoir laissé aucun message, aucun signe ? Ces questions s'empilaient dans son esprit, formant une spirale de doutes et d'angoisse. Une idée plus sombre émergea dans son esprit : Michael Stoeffel. Et s'il l'avait retrouvée ? Non... Cela n'avait aucun sens. Il aurait sûrement pris Juma en otage, ou aurait fait autre chose. Non. Impossible. Elle secoua la tête, tentant de chasser ces idées.

- Peut-être que... Sa voix se brisa, laissant place à un silence lourd.

Ndi Go'o n'était pas particulièrement proche de Camille. Elles ne partageaient pas grand-chose, pas même une réelle amitié. Pourtant, elle ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter. L'idée qu'il lui soit arrivé quelque chose lui nouait l'estomac. Elle se leva brusquement, étouffée par l'air de la pièce. Ses yeux tombèrent sur le téléphone fixe, mais elle n'osa pas appeler qui que ce soit, encore moins la police. Que dirait-elle ?

Peut-être que Camille avait simplement décidé de rentrer chez elle. Ce doute, cette incertitude, la rendait folle. Ndi Go'o détestait être laissée dans le flou. Cela l'enrageait. Incapable de penser clairement, elle s'écroula sur le canapé, vaincue par l'épuisement et l'angoisse.

***

Le lendemain matin, en route pour le salon de Coco Chanel, Ndi Go'o s'arrêta devant une boulangerie pour acheter du pain. Elle tendit la main vers le comptoir, mais ses pensées furent interrompues par un murmure persistant parmi les clients.

- Tu as entendu ? chuchotait une femme, l'air grave. On a retrouvé une femme morte, ici, dans le quartier de La Madeleine. Chez elle, paraît-il... C'est horrible.

Le cœur de Ndi Go'o manqua un battement. Sa main trembla légèrement. Elle se tourna pour écouter plus attentivement.

- Ils disent qu'elle avait des marques étranges sur le corps, ajouta une autre cliente à voix basse, jetant un coup d'œil autour d'elle comme si elle craignait d'être entendue. Le tueur aurait laissé des indices... Une écharpe apparemment.

La peau noire Des histoires addictives. Découvrez maintenant