La brume s'épaississait sur Paris. Les réverbères diffusaient une lumière jaune, vacillante, qui rendait les rues plus étroites encore. Ndi Go'o se tenait droite sur le trottoir en face de la villa Beaux-Bourges, le manteau serré contre elle, les doigts crispés. Mano était encore au salon ou chez lui, mais elle ne pouvait pas attendre le matin.
Quelque chose l'appelait à chercher, à comprendre.
À l'angle du boulevard Malesherbes, un cocher l'interpella :
- Vous cherchez quelqu'un, mademoiselle ?
Elle hésita, puis hocha la tête.
- Je cherche un endroit... un sanatorium, près du bois sur la colline. Sainte-Odile. Vous connaissez ?
Elle voulait en savoir plus sur cet endroit. Le vieil homme descendit de sa calèche. Elle reconnu le chauffeur de la veille. Il avait le regard fatigué de ceux qui ont trop vu, et une odeur de tabac froid accrochée à ses vêtements.
- Sainte-Odile... oui. Je connais. Sur la colline.
Il alluma une cigarette, inspira longuement.
- Vous feriez mieux d'oublier cet endroit.
- Pourquoi ? demanda Ndi Go'o.
Il la fixa sans répondre. Puis, à voix plus basse :
- J'y livre parfois des caisses... la nuit. On me paie bien pour ne rien dire. Mais je ne suis pas aveugle. Ce ne sont pas des caisses ordinaires.
Elle sentit son cœur se serrer.
- Des cercueils ?
Le cocher jeta un regard autour de lui, comme s'il craignait d'être entendu.
- Oui. Des cercueils. Et sans autorisation de transport. J'ai posé des questions, jadis... quand j'étais encore journaliste.
Ndi Go'o le regarda, interdite.
- Vous étiez journaliste ?
- Oui. J'ai écrit sur la disparition d'une jeune domestique, il y a six ans. Une fille de Dakar. Belle, vive, pleine d'avenir. On a dit qu'elle s'était enfuie avec un soldat.
Il écrasa sa cigarette d'un geste nerveux.
- Mais moi, je sais qu'elle a fini là-bas. Dans ces laboratoires.
- Des ... Laboratoires ?
Le cocher hocha lentement la tête.
- Ils appellent ça de la recherche médicale. Moi, j'appelle ça des expériences.
Il se pencha vers elle, ses yeux rougis brillant à la lueur du réverbère.
- Ces gens-là... ils utilisent les corps des domestiques. Des filles et des garçons venues d'Afrique, d'Inde, d'Indochine. On leur prélève ce qu'il faut pour soigner leurs maîtres. Des greffes, des organes, du sang. Et quand le corps est vidé... on enterre tout simplement.
Le monde sembla vaciller autour d'elle.
Le bruit lointain des sabots, le sifflement du vent entre les toits tout devint flou.
- Vous mentez, murmura-t-elle.
- J'aimerais bien, répondit-il simplement.
Elle sentit la nausée monter.
- Ma sœur... Juma... elle travaillait chez ces blancs.
Le cocher pâlit.
- Alors vous devez partir d'ici, mademoiselle. Ces gens-là ne laissent jamais de traces. Il n'y a rien qu'on ne puisse faire pour elle.
Mais Ndi Go'o ne bougea pas.
Elle fixait la rue, les mains tremblantes.
- Non. Je ne partirai pas. Pas avant de l'avoir retrouvée.
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Hello everyone.
Je saiiiiiiiiiis j'ai disparu mais je pense que mon retour sera définitif à partir d'aujourd'hui. Je vais faire de mon mieux pour vous rendre visite chaque semaine.
Néanmoins pour me faire pardonner je viens avec un nouveau chapitre et une nouvelle histoire 😌.
Mon nouveau roman est en ligne. 🖤
LES MANNEQUINS
Pour les amoureux de l'horreur psychologique 😌
Alors petit briefing
Aziz a décroché une alternance dans une boutique de mode à Paris. Beau quartier, bon patron, bonne ambiance. Tout se passe bien... jusqu'au soir où sa caméra capte quelque chose que personne n'aurait dû voir.
Ce qui se cache sous la peinture des mannequins va changer sa vie pour toujours.
Mais pas de la façon dont il croit.
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Les trois premiers chapitres sont déjà disponibles. Si vous aimez l'horreur qui vous reste dans la tête longtemps après la dernière page, c'est fait pour vous.
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La peau noire
Fiction HistoriqueDans le Paris des années 20, Ndi go'o Mukaté, une jeune femme d'origine camerounaise, rêve de révolutionner le monde de la mode. Avec son talent de couturière et sa vision unique de la mode, elle souhaite mêler l'élégance parisienne à ses racines af...
