Les murs qui accusent

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Le policier qui avait retrouvé le corps croisa le regard de Ravagne et hocha la tête avec gravité.

— C’est elle, murmura-t-il. Elle correspond à la description.

Ndi Go’o sentit son cœur se serrer. Ses jambes vacillèrent lorsqu’elle aperçut des cheveux blonds éparpillés autour du visage pâle de la jeune fille.

— Non, ce n’est pas possible... balbutia-t-elle.

Mais les enquêteurs semblaient déjà convaincus. Ravagne esquissa un sourire satisfait.

— La vérité commence enfin à émerger, mademoiselle Ndi Go’o.

***

Le commissariat central du 96, dressé sur la place Beauvau était un bâtiment austère. Presque menaçant.

Juma serra un peu plus son foulard autour de son cou, jetant des regards nerveux autour d’elle. Elle n’avait jamais été dans un tel endroit, et l’ambiance pesante ne faisait qu’alourdir le poids d’inquiétude qui l’habitait depuis qu’elle avait vu l’arrestation de sa sœur. À ses côtés, Mano, l’ami de Ndi Go’o, semblait tout aussi tendu, mais il essayait de le dissimuler derrière un masque de détermination.

Ils furent accueillis par un policier moustachu au comptoir d’accueil.

— C’est pour quoi ? lança-t-il d’un ton bourru, sans lever les yeux du registre qu’il feuilletait.

— Nous… nous sommes là pour voir Ndi Go’o, balbutia Juma.

Le policier leva un sourcil en entendant le nom. Il les toisa, ses yeux s’attardant sur la simplicité de leurs vêtements.

— Vous êtes de la famille ?

— Oui, je suis sa sœur, répondit-elle en redressant un peu le menton.

— Et vous ? ajouta-t-il en pointant Mano du menton.

— Un ami, dit Mano avec fermeté.

Le policier haussa les épaules.

— C’est la famille uniquement, lança-t-il avant de replonger dans son registre.

— S’il vous plaît, insista Juma. Il a des nouvelles importantes à lui transmettre. Ça ne prendra que quelques minutes.

Le policier les observa un moment, puis soupira.

— Bon, ça ira. Mais pas de contact physique, et vous ne parlez que quand je vous le dis. Compris ?

Ils acquiescèrent rapidement, soulagés.

On les conduisit dans une petite pièce où une grille séparait les visiteurs des détenus. Les murs étaient décrépits, et l’odeur âcre de renfermé rendait l’atmosphère encore plus oppressante. Ndi Go’o était déjà là, assise sur un tabouret de l’autre côté de la grille. Ses poignets étaient libres, mais son air fatigué et ses vêtements froissés trahissaient une nuit difficile.

— Ndi ! s’écria Juma, ses mains agrippant instinctivement les barreaux.

Le regard de Ndi Go’o s’éclaira en voyant sa sœur, mais une lueur de honte passa rapidement dans ses yeux.

— Juma… Mano. Pourquoi êtes-vous venus ?

— Pourquoi ? répéta Mano. Tu crois qu’on allait te laisser ici toute seule ?

— Comment tu vas ? demanda Juma, la voix tremblante.

Ndi Go’o esquissa un sourire triste.

— Ça va. Enfin… aussi bien que possible ici.

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