69. Une histoire

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Hello, tout le monde, comment allez-vous ? 

J'avoue cette histoire c'est un peu un feuilleton sur la dépression à ce stade il y a plus vraiment de scénario et c'est bien triste. Ai-je mentionné que je suis (plus ou moins) tombé amoureux au début de cette année (de façon non-réciproque sinon c'est pas drôle) et que depuis je ressent souvent le besoin de ré-écrire cette histoire pour qu'elle soit plus juste ?

Bref, il est possible que je me lance dans une ré-écriture quand j'aurais du temps et quand j'aurais trouvé une fin digne de ce nom. (Il se peut aussi que a réécriture change les prénoms pour détacher de JK la TERF et devenir une histoire originale, je dis ça je dis rien). En attendant j'espère que l'aspect feuilleton ne vous dérange pas trop.

Merci d'être encore là pour me lire <3 

Regulus termina un roman le 19 février. 

Après plusieurs mois à saisir son carnet à la moindre occasion - en cours, tard dans la nuit ou derrière le comptoir de la librairie - il avait couché sur le papier tout ce qu'il voulait. L'histoire ne tenait pas toujours droit mais il avait pu mettre des mots sur chacune de ses émotions. Il vivait avec ses personnages, des passages aléatoires s'immisçant dans son quotidien. Il avait l'impression d'avoir parfaitement dépeint la solitude, la dysphorie, l'anorexie, l'amour, la peur, la confiance et le bonheur. 

Et puis parfois, il avait l'impression que c'était la pire histoire jamais écrite, que les personnages n'avaient aucune consistance, que tout était incohérent ou que certains éléments essentiels étaient passés sous silence. 

Il était parti d'éléments de son histoire qu'il avait changé pour parler de lui tout en parlant à plus. Il avait repris les premiers jets de son histoire sur une femme trans mal-aimée de sa famille. Comment celle-ci allait-elle apprendre à se construire une féminité saine, sans haine de soi ? Il était curieux de le découvrir et c'était pour ça qu'il avait écrit.

Il avait voulu explorer ces questions depuis un moment. La féminité, par exemple, tout comme le lui avait rappelé le sujet de mémoire de Lily sur la féminité destructrice via les médias, l'intéressait. Observer les choses avec un regard d'écrivain l'aidait. Il regardait la façon dont certaines femmes se faisait du mal pour correspondre à des standards ; anorexie, maquillage, chirurgie... devait-il tout mettre dans le même panier ? Était-ce toujours une mauvaise chose ? Comment une femme pouvait-elle trouver son identité parmi les injonctions ? Se faire une place en étant hors du modèle tout en y restant suffisamment pour être considérée comme une femme ? 

Il était clair maintenant qu'il ne voulait pas de ça pour lui, sous aucune forme. Que ce qu'il devait apprendre était se construire en tant qu'homme ou au delà de son genre. La féminité - entre autre - avait été destructrice dans son cas. Mais il ne voulait pas renoncer à la comprendre pour autant. Il était curieux de connaitre le cheminement mental d'une jeune fille apprenant à se construire dans cette situation, qu'elle soit transgenre ou non. 


Il en parla à Lily, d'abord un peu réticent. Il avait eu peur d'elle au début, inquiet à l'idée qu'elle ne lui en veuille d'une manière ou d'une autre, qu'elle ne le regarde de haut, qu'elle ne le jalouse pour James. Après quelques messages, il comprit pourtant que Lily n'était pas comme ça. Elle ne jugeait personne, ne regardait pas les autres de haut. 

Lily s'était montrée si avenante, si gentille, qu'il était difficile de ne pas l'apprécier après lui avoir parlé.

Cela amena tout un tas de nouveaux questionnements sur ses relations amicales. 

I HATE GROWING UPOù les histoires vivent. Découvrez maintenant