1-154 | Amylia (Shil'Jien)

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La lune glaciale planait au-dessus moi. Ses lueurs absorbaient mes flammes bleutées qui fumaient dans l'ombre de la nuit. C'était la seule source de lumière qui rayonnait les environs. Elle brillait de mille feux dans mes yeux avides d'un sentiment étrange. Je mettais lourdement mes pieds l'un devant l'autre. Mes bottes résonnaient dans les innombrables couloirs tordus de la macabre Shil'Jien. Mes yeux illuminaient l'endroit. Plusieurs ombres avaient déjà péri. Je fis un petit geste abracadabrantesque de ma main gauche. Ma claymore se dématérialisa pour se reformer... mais sous la forme d'un faux sombre et sanglant.

Je le regardais du plus profond de mes yeux de saphirs. Ils bouillonnaient, trop devrait-je dire. Je ria intérieurement devant l'absurdité de la situation. Je me tue.
Je place ma main droite devant moi, à quelques mètres d'Okino. Je le regardais toujours au plus profond de lui, ignorèrent complètement les ombres qui s'immobilisèrent devant moi. Ils me regardaient. Ils n'osaient pas. Qu'était-il pour aller à l'encontre de l'ordre qu'ils ont reçu. Restez figer... tels des glaçons. Ceux-ci reculèrent. Se prosternèrent. Une conscience collective.

Je détournai maintenant mon regard sombre vers Okino. Mon souffle était glacial. La lune devint rouge sanglant. Je pris une légère inspiration. Il ventait de plus en plus... il faisait de plus en plus froid. La situation en devenait critique.
J'étais devant le petit Okino, les ombres étaient derrière moi, prosternez, et les autres aventuriers se remettait du brouhaha.

-J'avais dit que j'étais désolée... Okino. Ma voix ne trahissait point ma position dans l'histoire.
Je marquai une pause. Je réfléchis pendant quelques secondes, de longues secondes qui s'écoulèrent dans le froid sablier du temps, rivière éternelle, froide, seule. Je finis désespérément par lâcher ce que j'avais en moi. Cette émotion lourde qui me pesait. La mort pesait les environs ; omniscience se terrant dans les ombres profondes, je les sentais. Je pris une seconde respiration avant de m'élancer, faire le pas...

-Le moment est venu.

OshimunWhere stories live. Discover now