Chacun des jeunes restait caché, respirant le plus doucement possible, le temps fut long, très long , mais au bout d'une heure et demie, on entendit la porte du hangar s'ouvrir, il y avait un
bruit de voiture qui se rapprochait des caisses.
"-Donc c'est les caisses avec l'inscription baleineau que je dois emmener ? Il y en a une trentaine, il va falloir que je fasse au moins trois voyages, je vais en avoir pour deux bonnes heures moi.
-Oui c'est bien celles-ci, aller je te laisse je retourne à mon taf, bon courage.
-OK, passe une bonne journée toi aussi."
Il descendit de son camion un appareil pour porter les caisses et les empiler. Le conducteur se rapprocha de la première boîte où était enfermée Andy, quand il la souleva, la fillette eut envie de lâcher un cri de stupeur mais se força à se taire, elle savait qu'au moindre son elle, mais aussi Bastien et les autres seraient démasqués. En quelques secondes, elle se sentit posée au fond du camion. Le livreur alla chercher une nouvelle caisse, puis une autre et en quelques minutes il finit de ranger dans le conteneur une dizaine de caisses dans lesquelles se trouvaient cinq enfants. Il monta alors dans sa cabine et démarra, le voyage ne dura pas longtemps et bientôt le camion s'arrêta. Un garde ouvrit la porte à l'arrière et avec un pied de biche enleva le couvercle d'une boîte, il regarda les draps contenus et en enleva quelques un pour mieux voir tout ce qu'il y avait à l'intérieur, il la vida. Heureusement personne n'était caché à l'intérieur, il remit tout dedans et referma. Satisfait il laissa passer le véhicule dans l'enceinte gardée. Celui-ci prit une route qui montait et finit par entrer dans un nouveau hangar où il déposa sa cargaison.
Dans les autres caisses les jeunes faisaient preuve de patience, attendant leur tour. Le camion revint et emporta à nouveau avec lui dix nouveaux contenants, ne laissant dans le reste du tas que Bastien. Il refit le trajet et arrivé sur place, le garde ouvrit à nouveau une caisse, celle où Thomas était caché, celui-ci se figea et bloqua sa respiration. Le contrôleur, enleva quelques coussins, il allait enlever celui qui était sur l'adolescent quand le chauffeur prit la parole.
"-Eh je pense que là c'est bon, on sait très bien qu'il y a des draps à l'intérieur.
-On ne sait jamais, il prit le coussin dans les mains et commença à le soulever.
-Il y a un moment où moi il faut que je bosse donc si vous pouviez abréger moi ça m'arrangerais."
Thomas n'avait plus d'air, il allait respirer, il était perdu. Le garde acquiesça, il reposa le coussin et remit au dessus les autres. Il était temps, l'adolescent put reprendre une bouffé d'oxygène, il n'était pas passé loin.
Le camionneur déposa les caisses et retourna au hangar. Au moment où il allait prendre celle de Bastien, il se rendit compte qu'elle n'était pas cloutée, ce qui pouvait paraître suspect. Ne voulant pas avoir de problème avec le garde, il prit un marteau et referma correctement le couvercle. Il entassa les neuf dernières dans le camion et repartit. Cette fois le contrôleur le laissa passer sans aucune vérification. Le chauffeur alla tout déposer et repartit, laissant les jeunes enfermés dans un hangar. Il y avait du passage dans celui-ci, on entendait des employés parler, des bruits d'outils, il ne valait mieux pas sortir maintenant. Il faisait chaud, très chaud au milieu des draps et des coussins. Soudain il y eut une sonnerie, avaient-ils été repérés ? En fait c'était juste la pause repas, quand il n'y eut plus de bruit, les jeunes purent parler entre eux. Thomas fut le premier à oser prendre la parole :
"-Bastien, tu viens nous ouvrir ?
-Je ne peux pas, ils ont fermé ma caisse, je n'arrive plus à l'ouvrir.
-Comment on va faire alors ?
-Moi je veux sortir, gémit Andy.
-Moi aussi.
-J'ai trop chaud !
- Ne vous inquiétez pas, je vais défoncer la caisse les petits, c'était l'un des nageurs."
On entendit un coup sec, puis un second accompagné d'un son de craquement de bois. Le jeune chercha de quoi faire pied de biche trouva une tige métallique de chantier. Il ouvrit les caisses de tout le monde, libérant un à un chacun des prisonniers. Ensuite ils tentèrent de les refermer correctement. Ils camouflèrent la caisse dont une face était explosée. Ils allaient partir trouver une nouvelle cachette quand une nouvelle sonnerie retentit, c'était signe que les employés allaient bientôt revenir. Vite la horde se cacha dans les conduits de maintenance cependant les lieux n'étaient pas aussi sûrs que dans la grande Baleine puisque celle-ci était en pleine construction. Ils coururent dans ce labyrinthe de couloirs. Certaines fois ils entendaient des voix se rapprochant. Ils cherchaient mais rien. Tout d'un coup le groupe arriva face à un petit lac, ce devait être l'estomac, ce qui était une bonne nouvelle. Ils dévalèrent le début de l'intestin grêle et arrivèrent rapidement à l'appendice. Il était beaucoup plus petit que l'ancien mais au moins ils connaissaient. Ils décidèrent par conséquent de s'installer provisoirement dedans, au moins jusqu'à la fin de la journée.
La sonnerie annonçant la fin de la journée retentit dans le bébé animal. Suivit d'une voix de micro.
"-Bravo à vous, nous sommes fiers de vous annoncer que le chantier est fini, demain vous serez tous conviés à assister à l'accouchement. Ce sera l'école de la prochaine génération, vos futurs enfants vivront ici, demain soir le baleineau nagera à côté de sa mère, nous ne couperons pas le cordon, on pourra aller à bord en passant par un tube. Vous pourrez donc venir à bord voir le fruit de vos efforts dans la semaine qui suivra."
Les bruits s'estompèrent, s'en allant avec les adultes, un silence pesant prit place et ils purent enfin discuter, ils étaient soulagés de relâcher la pression, et étaient curieux de découvrir la nef dans laquelle ils se trouvaient. Ils remontèrent le système digestif et arrivèrent au niveau de la place centrale. Il n'y avait pas de soldat. Ils devaient tous être à l'extérieur pour garder l'accès.
VOUS LISEZ
Matière, Énergie et Liant
Science FictionDans notre monde le réchauffement climatique en est venu a faire bouillir les océans obligeant les Hommes a vivre dans les abysses, dans des cités souterraine et même dans l'espace pour les plus riches. Mais l'atmosphère est maintenant envahie par u...
