Le vent soufflait fort maintenant. Les cheveux des deux jeunes étaient poussés en arrière et leurs joues rougissaient à vue d'oeil. Ils s'assirent sur le bord du toit, laissant leurs pieds balancer dans le vide. Castiel ferma les yeux un instant, laissant l'air lui fouetter le visage. Ils avaient roulé, pendant plus de vingt minutes vers le nord. Ils avaient laissé le lycée derrière eux et sans un mot, s'étaient rendus ici. En haut de cette petite colline. Dean n'avait pas tout de suite compris mais il avait suivi le brun, qui avait grimpé quelques escaliers puis avait monté la vieille échelle appuyée contre le mur et ils étaient monté sur le toit du local électrique.
-Regarde, souffla-t-il. Tu vois le bâtiment là-bas? C'est mon ancien lycée.
Le châtain suivit le doigt de son nouvel ami et posa les yeux sur une vieille bâtisse à la peinture écaillée.
-Dans ces couloirs, continua le brun, il y a des tas d'affiches pour la prévention contre le harcèlement. Elles disent toutes que nous sommes tous libres et égaux en droits, qu'on doit tous s'accepter et s'aimer. Tout ça, c'est que des conneries. Les élèves passent devant, font semblant de les lire et quand une situation anormale se présente, ils préfèrent se mettre dans l'équipe des vainqueurs. C'est ce qu'on ferait tous tu ne penses pas? Mais il en est quoi du pauvre gamin qui est victime des autres? Qui, parce qu'il n'est pas pareil, se fait humilier. Et bien on prend son coeur, on le jette au sol et on le piétine, on le massacre, on le poignarde et après on lui redonne et on espère qu'il continuera de battre. Parce qu'après tout, c'est ce qui nous maintient en vie. Un coeur. Une chose si stupide qu'un coeur, c'est tout ce dont on est dépendant. Ce gamin a qui on a piétiné le coeur. C'était moi. J'étais ce gosse qui n'avait rien demandé à qui que ce soit et à qui tout le monde menait la vie dure. On me disait que je n'étais pas normal et j'y ai cru, alors j'ai supplié mes parents de m'emmener voir un médecin pour me guérir de cette maladie. Je croyais que j'étais malade parce que tout le monde me le disait et ils devaient avoir raison, mais à cet âge, comment on peut deviner que ce n'est pas nous qui sommes malade mais eux? J'ai perdu confiance, je pensais que j'étais cinglé, je pensais que je méritais ce qu'il m'arrivait. Pour moi je n'avais qu'une chose à faire. Tu vois la poutre dans le préau là-bas? Lorsque tu montes sur une chaise, elle est parfaitement à la bonne hauteur. Alors ce gamin, y a accroché une corde et s'y est pendu. Mais tu vois, ça ne pouvait pas s'en finir aussi facilement alors il y a survécu, on l'a sauvé et il est parti.
Castiel se leva et souleva son t-shirt de quelques centimètres, il se tourna vers le châtain, scotché. Castiel dévoila un petit dessin noir, très discret et simple. Un nœud de huit.
-Cette corde, ajouta-t-il en se réinstallant, c'est la seule chose qui me retient à tout ça. Mais avec le nœud, tu ne peux pas te la passer autour du cou. Alors à chaque fois que je me sens désespéré ou en danger, je regarde ce tatouage et je me dis que tant que ce nœud sera toujours gravé sur ma peau, la corde ne pourra jamais me tuer.
Dean releva la tête et plongea son regard forêt dans les prunelles du brun. Il semblait sous le choc.
-Pourquoi tu me racontes tout ça Castiel?
-Je veux que tu saches que tu peux aussi avoir ce nœud qui t'empêche de sombrer. Je comprends que tu t'en veuilles, que tu aie l'impression d'être la pire personne au monde, mais je veux que tu saches que tu n'as rien à voir dans la mort de tes parents. Tu m'entends? Ce n'est pas toi qui les a tué. C'est cet homme. Ce type a pris ton cœur et l'a jeté. Il l'a piétiné, l'a poignardé et te l'a redonné, mais tu continue à vivre. Parce que ce cœur bat toujours. Je veux que tu laisse ton cœur battre. Que tu montre qui tu es vraiment et pas que tu montre cette coquille que tu utilise comme bouclier. J'ai compris, quand je t'ai parlé de la boîte. J'ai compris que tu avais peur que quelqu'un te refasse ça. Et je comprends. Quand tu es arrivé dans la chambre le premier soir en septembre, j'ai eu peur de toi. J'ai cru que tu allais être celui qui allait rompre mon nœud, mais quand j'ai découvert que tu allais peut-être être celui qui brûlerait à tout jamais cette corde, j'ai absolument voulu devenir ton ami.
Le châtain baissa la tête et fixa ses mains. Des larmes coulaient sur leurs deux visages, si on les voyait actuellement, on se moquerait d'eux, mais de nombreux souvenirs réémergeaient et tous n'étaient pas bons.
-Castiel? Souffla le garçon au bonnet. Je crois que j'ai jamais entendu quelque chose d'aussi censé sortant de la bouche d'une personne.
-Tu penses?
-Honnêtement? Oui.
-Et comment tu penses te servir de ce que je t'ai dévoilé?
-J'en sais rien, mais je viens juste de comprendre quel genre de personne tu es.
-Et je suis qui pour toi?
-Je pense que tu es celui qui répare les cœurs qu'on a massacrés et poignardés.
-J'avais jamais vu ça sous cet angle...J'aime bien! sourit-il.
Il se tourna de nouveau vers le paysage. Il sentait le regard du châtain sur lui, mais ça ne le mettait plus mal à l'aise. Au contraire, il aimait bien ça.
-Dean?
-Oui?
-Qu'est-il arrivé au meurtrier de tes parents?
-Il est mort. Une seringue dans le bras, il a fait une overdose.
-Et comment tu te sens en sachant ça?
-Je voulais que ça soit moi qui le tue. Je voulais lui faire sentir ce qu'il m'avait fait subir.
-Alors je suis content qu'il soit mort avant. Tu n'as pas tué cet homme, ça aurait été la pire erreur de ta vie.
-Je sais.
Ils se murèrent de nouveau dans le silence mais cette-fois-ci, ils restèrent à se regarder, ne sachant quoi dire.
-Tu veux bien de moi pour ami du coup? Osa Castiel en serrant les dents.
-Non. Je ne veux pas que tu sois mon ami.
Le brun ressentit un coup de poing en pleine poitrine, son cœur venait de se couper en deux.
-Qu...Quoi? Mais...
-Je ne veux pas que tu sois mon ami, parce que je veux que tu sois mon petit-ami. Castiel, tu veux bien de moi?
Le brun fit les gros yeux, sous le choc.
-Mais...Je croyais que personne n'était au courant au lycée, et...
-J'en ai plus rien à faire. Je ne veux plus cacher ce que je suis, et je ne veux plus que tu aies peur d'être qui tu veux.
Castiel baissa la tête. Il esquissa un léger sourire.
-Alors c'est d'accord. Je veux bien rester avec toi Dean.
Leur accord se scella par un baiser. Sur le toit du local électrique, les pieds balançant dans le vide, les cheveux au vent et les joues rougies par le froid. Le châtain se détacha du brun et leva les yeux en l'air, réfléchissant.
-Je viens d'y penser. On dort dans la même chambre à l'internat?
-Euh...Oui?
-Mmh... Intéressant...
Le brun rougit instantanément, terriblement gêné et tout guilleret, le châtain aux yeux verts sauta du toit et regarda son petit-ami, amusé de le voir ainsi.
-Je serais dans notre chambre tous les soirs avant 21 heures Cas'! Promis!
Et il s'en alla vers la voiture en riant tout seul, attendant patiemment que le brun ne réagisse et se décide à le rejoindre. Parce que après tout, il y a école demain.
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OS Destiel & Multiverse
FanfictionDu Destiel, du Sabriel, du Malec et d'autres! Une aventure amoureuse entre un chasseur et un ange :) Certains chapitres contiennent des éléments pouvant être inadaptés pour certains âges, soyez vigilants😀 La couverture ne m'appartient pas elle e...
