Le puits de guerre #7

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Une course infernale, un marathon sans fin, quand on voyait le bout du tunnel, un autre apparaissait.  Le pire c'était le foutoir dans sa tête; comme un puzzle de voies sans issues ou de murs de pierre. Dans un labyrinthe de boyaux, il courait, cherchait une issue alors que l'ombre menaçante qui le pourchassait se rapprochait de plus en plus en grognant.

Ses pieds s'enfonçaient dans la boue comme-ci des mains lui attrapaient les chevilles pour l'attirer vers le fond. Son attirail pesait de plus en plus lourd et son coeur tonnait dans sa poitrine, hurlant pour sortir. Le temps n'existait plus, le jour était absent, la lourdeur de la lune n'éclairait pas le moindre centimètre de terre et pourtant, il pouvait voir. Il voyait aussi bien qu'hier ou avant-hier, quand la lumière du soir arrosait les tranchées de ses derniers rayons de soleil.

Pourquoi personne ne l'entendait? Pourquoi était-il seul à courir pour fuir ce monstre?

Une créature qui le poursuivait depuis des jours, à chaque fois qu'il croyait s'en être débarrassée, elle refaisait son apparition, comme un mauvais rhume. Un monstre de métal, aux dents acérées. Sa queue, fabriquée à partir d'une chaine de recharges mitraillette, cognaient contre les murs, faisant s'écrouler les fondations, condamnant pour toujours le chemin derrière lui. Ses jambes étaient entourées de barbelé et ses yeux lançaient des flammes, léchant le bois qui s'embrasait.

C'était un capharnaüm. Ca hurlait dans tous les coins, mais les visages étaient figés dans son esprit. On le regardait mais il n'y avait personne. Les murs de terre dansaient alors qu'ils ne bougeaient pas.

Il avait l'impression de sombrer dans la folie avant de faire le saut et d'avoir cette sensation de tomber dans le vide.

C'est à ce moment qu'il ouvrit les yeux.

La lumière l'éblouit, il voulu lever les mains pour se protéger le visage mais son corps ne répondait plus.

Il entendait des voix, prononçant des mots dans une langue qu'il ne reconnaissait pas.

Il voulu parler mais sa gorge se noua. Il voulu se redresser mais son corps lui faisait mal.

Une ombre passa au dessus de son visage et deux yeux le fixèrent.

Une nouvelle voix s'éleva et quelques secondes après, trois autres visages apparurent.

"-Bienvenu parmi nous jeune homme", chantonna un vieillard à la barbe grise et aux joues ridées.

Dean ne comprenait rien, il n'arrivait pas à réfléchir. Il ne savait plus où il était, ni ce qu'il lui était arrivé. Pendant un instant, il avait même oublié ce qui se passait autour de lui.

C'était la guerre. Et cette idée lui est revenue en pleine face comme un boomerang. Il aurait préféré avoir perdu à jamais la mémoire, être mort ou bien coincé dans son cauchemar, mais il était là, allongé sur une terre dure, observé par des inconnus, les pensées embrumées et le coeur en miettes.

C'était le choc. Il venait tout juste de perdre pied, et en se réveillant il rechuta.

Castiel ne viendra plus.

C'était ce qui avait failli le tuer. Comme une balle de sniper, elle était entrée dans son coeur et l'avait déchiré sur le coup.

Il regarda autour de lui, planant comme un drogué et un souvenir le fit tiquer. Il se souvenait de cet accent qu'un étranger avait un jour à la boulangerie. Il n'avait pas réussi à trouver d'où il venait alors il lui avait demandé et celui-ci lui avait répondu qu'il profitait de ses jours de congés pour quitter sa maison en province et visiter le pays voisin.

OS Destiel & MultiverseOù les histoires vivent. Découvrez maintenant