Verdict #1

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-Faîtes entrer l'accusé! 

L'assemblée se leva, les regards convergèrent vers les portes en bois massifs qui s'ouvrirent sur deux hommes armés, les mains dans le dos, un regard noir, des tenues noires. L'un d'eux avait la main droite sur la crosse de son arme, prêt à dégainer au moindre mouvement. Personne n'osait prononcer un mot, personne n'osait regarder le type en orange qui s'avançait, pieds et poings liés. Ou plutôt si, tout le monde le regardait, le dévisageait, rêvait de lui arracher le visage avec leurs propres dents, mais un peu de tenue, c'était une salle d'audience, pas une arène de gladiateurs. Gabriel Novak, les cheveux mal coiffés, des cernes sous les yeux noirs de fatigues, la peau pâle, et les joues creuses s'assit sur le banc de la défense aux côtés de son avocat. Leurs regards se croisèrent et le maître Winchester, qui lui ressemblait étonnement niveau capillaire, ne lui rendit pas son léger sourire pour le rassurer. Le combat allait être rude, et ils ne s'en sortiront pas aussi facilement. 

Sam Winchester était sorti de l'école de droit son diplôme dans la main, un sourire sur les lèvres, alors que ce bout de papier était littéralement ce qui allait lui permettre de réussir sa vie. Toute la promotion savait pertinemment qu'il n'avait même pas besoin de passer les examens, et pourtant il y avait tenu. C'était le premier de sa promotion, le tout premier à donner tord à ses profs. Le seul élève de tous les Etats limitrophes à la Floride qui avait assisté et participé au procès de l'Etat contre Casey Anthony, pour le meurtre au premier degré de sa petite fille, Caylee Anthony. Il n'avait pas fait que participé, il avait aussi imposé sa voix, et apporté des preuves, qui toutefois n'avaient rien données. La mère avait été innocentée. Il n'empêche que la prestation de l'étudiant avait été largement médiatisée et appréciée de certains juges et procureur. Au premier pas dans la vie professionnelle, Sam était déjà embauché et travaillait déjà sur sa première affaire une semaine après avoir quitté l'école. 

Son quotidien rimait souvent avec petites affaires au début, vol, infractions du code de la route, fraudes fiscales. Mais très vite, il s'était retrouvé submergé de dossier de kidnapping, de disparitions, de meurtres. Un dossier avait attiré son regard. Pas parce que le crime semblait artistique, ou qu'il lui rappelait quelque chose. Le suspect, celui qui allait devoir être défendu, n'était autre que son propre petit ami. 

Gabriel Novak avait été interpellé sur la scène d'un massacre horrible. Une famille, un père, une mère, deux jeunes enfants. Même le chien y était passé. Aucune caméra vidéo, aucune trace. Seulement un homme, retrouvé près de sept minutes plus tard, errant sur le bord de la route, les mains pleines de sang, confus, probablement ivre et drogué. Il avait été bouclé instantanément, mis en cellule le temps de redescendre de son petit trip. A son réveil, Sam était de l'autre côté de la grille en train de le fixer alors que Gabriel semblait n'avoir jamais vu cet homme. Il n'avait jamais vu le regard déçu et horrifié de Sam sur lui, et ça lui avait brisé le coeur. 

-Mesdames et messieurs les jurés, les juristes et avocats. Mesdames et messieurs les témoins, je déclare le procès de l'Etat de Floride contre Gabriel Novak pour meurtre de quatre personnes ouvert. Vous pouvez vous asseoir. 

Sam avait cette fâcheuse tendance à toujours aligner ses feuilles en les faisant claquer sur la table et en mettant les coins avec les coins. Il ne le fit pas aujourd'hui. Quelque chose le tracassait, peut-être la proximité avec son client, ou tout simplement, parce qu'il se refusait de se faire à l'idée que peut-être Gabriel n'était pas innocent comme il le prétendait. 

Il avait eu du mal à avoir l'affaire. Il avait fallu qu'il se débatte avec les règles et qu'il en enfreigne quelques unes. Il avait donné une conférence de presse durant laquelle il jurait sur son manuel d'avocat, que peu importe le lien qui les unissait, dans n'importe quelle affaire, il traiterait ses client avec égal, qu'il ne s'approprierait pas le jugement et que dans tous les cas, il ne laisserait rien de ses sentiments personnels entacher son professionnalisme. 

OS Destiel & MultiverseOù les histoires vivent. Découvrez maintenant