Annihilation #1

221 15 29
                                        

Laboratoire Apollon : Nord de l'Arizona, 

A proximité d'une zone militaire secrète, il faudrait vous tuer si vous appreniez son nom. 

17 h 12.


-Que s'est-il passé? 

Le type fixait le mur en face de lui, le regard vide, la bouche ouverte, un filet de bave lui dégoulinant d'entre les lèvres. Ses cheveux piqués sur la tête, il semblait s'être pris la foudre. On ne lui avait pas laissé le temps de se laver ou de dormir, dès qu'il était réapparu, ils l'avaient emmené. Trois hommes armés, des combinaisons anti-radiations sur eux, le regard inquiet et perdu, alors qu'ils n'avaient aucune explication valable pour expliquer son retour. C'était une science qu'ils ne comprenaient pas et ils n'étaient pas sûrs qu'un jour ils y arriveraient, mais si on leur avouaient qu'il était inutile de continuer, ils seraient abattus. 

-Comment êtes-vous revenu? 

Un autre type, dont on ne voyait pas le visage, faisait les cents pas dans la petite salle, les mains dans le dos, droit comme un piquet. L'interrogatoire avait commencé depuis de nombreuses minutes, ce n'était pas un interrogatoire comme les autres, il n'avait rien de violent ou de forcé, ils cherchaient juste des réponses, et le scientifique, assis sur la chaise grise au milieu de la pièce, était le seul à être revenu de la zone et à pouvoir répondre à leurs questions. 

La zone. 

Elle était apparue trois mois plus tôt, au début, elle n'avait enveloppé qu'un petit jardin, au bord d'un lac, et en trois mois, elle s'était étendue à plusieurs milliers d'hectares, formant une espèce de monde parallèle, dont le seul moyen d'y entrer était de traverser cette espèce de surface miroitante. C'était comme ça qu'ils l'avaient appelée, le miroir. Ou plus scientifiquement, la réfraction. 

Ceux qui y entraient n'en ressortaient pas. 

Lui en était ressorti. 

Il leva enfin les yeux vers l'homme qui l'observait et avala sa salive. 

-Je sais pas, souffla-t-il, complètement autre part. 

-Vous ne savez pas? Comment se fait-il que vous ne sachiez pas comment vous êtes revenu? 

Il tourna la tête sur le côté, les yeux grands ouverts, comme s'il cherchait quelque chose, un repère qui lui indiquerait où il se trouvait, mais la vérité, il ne savait plus différencier la réalité du reste, il ne saurait plus jamais la différencier, qu'est-ce que la réalité signifiait vraiment? Est-ce qu'au moins elle existait vraiment? Qui vous dit que la vie que vous menez est réelle et que depuis le début vous ne vous inventez pas quelque chose pour vous raccrocher à un espoir qui n'existe pas? Peut-être qu'actuellement vous êtes dans le coma et que vous vous persuadez que vous lisez ceci, mais rien ne pourra jamais vous le dire ou même vous le prouver, parce que la réalité n'est que subjectivité. Mais lui, était persuadé qu'il était bien éveillé, et pourtant, il avait l'impression d'être dans un rêve constant, tout ce qu'il voyait, c'était ce visage qu'il ne pouvait effacer de sa mémoire, mais il ne pouvait pas mettre un nom dessus, pourtant il savait qu'il l'aimait plus que tout au monde et qu'il aurait tout donné pour cette personne, aujourd'hui, elle avait disparu, quelque part de l'autre côté, et il avait oublié comment y retourner. 

-C'est comme...Un autre monde...

-Qu'avez-vous vu là-bas? 

Le grand homme, assez rond de par la forme de sa combinaison qui s'étire autour de la taille, tira une chaise sur le sol et s'assit, face au dossier, les avant-bras reposant devant lui, plantant son regard dans celui du survivant. 

OS Destiel & MultiverseOù les histoires vivent. Découvrez maintenant