Annihilation #2

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-Vous êtes un grand malade. 

C'était au moins la dixième fois que Castiel entendait ça de la journée. Il avait compris, il était malade et il était un peu d'accord avec eux, il était complètement inconscient, mais ce qui serait encore plus malade, ce serait d'essayer de vivre avec sa propre conscience toute sa vie en sachant qu'il n'aurait rien fait pour le sauver. 

-Il est hors de question que je reste ici à répondre à vos questions et à écouter vos beaux discours. J'ai une personne à qui je tiens de l'autre côté et s'il y'a la moindre chance pour le sortir de là, j'y vais. Lança Castiel, cinglant en enfilant la manche droite de sa combinaison. 

-Je suis bien conscient de votre proximité avec Dean, mais vous vous dirigez droit vers la mort! 

Le miliaire faisait de grands gestes frénétiques dans son dos alors que Castiel l'observait à travers le miroir des vestiaires. 

Comme s'il s'était pris une piqûre d'adrénaline, Castiel s'était réveillé de son état végétatif et s'était levé de sa chaise, il avait frotté son pantalon souillé et il avait fait craquer sa nuque avant de sortir de la salle, les bras le long du corps, déterminé à agir. Les scientifiques l'avaient regardé partir, pris de court, hésitant à le stopper alors que le militaire, dans sa combinaison anti-radiation le suivit d'un pas décidé, troublé. 

-Rien à foutre de la mort, je l'ai déjà affrontée un nombre incalculable de fois là-bas. J'y retourne, un point c'est tout. 

Il serrait les dents, essayant d'imposer son corps frêle et abimé de scientifique qui paraissait pathétique à côté de celui du soldat, mais sa détermination était plus que convaincante. Son ton dur ne laissait aucun doute sur ses intentions, même si au plus profond de lui, la peur lui tordait les boyaux. 

-Très bien. C'est d'accord. De toutes manières, quoi que je dise, vous n'en ferez qu'à votre tête alors...Je peux plus rien pour vous. 

Il baissa les bras dans un geste de reddition et se gratta l'arcade, embarrassé. D'une main distraite il attrapa son masque anti-radioactif et le coinça sous son aisselle avant de poser la main sur la poignée des vestiaires privés pour hommes. 

-A vrai dire, l'interrompit Castiel en se retournant. Vous auriez une mitraillette et des calmants? 


                                                                                              ***


La surface miroitante était vivante. Comme le reflet d'un arc-en-ciel à la surface d'un lac elle bougeait, animée par un cœur qui battait en son milieu. L'annihilation. 

Un arbre, c'était le centre de la zone. Immense, inimaginable. S'étendant sur plus de quinze mètres de long pour une hauteur de plus de soixante mètres, ses branches les plus hautes dépassaient de la surface miroitante et quelques oiseaux venaient s'y poser. A peine dix secondes plus tard, ils tombaient, raides morts, les ailes figées, les yeux noirs. 

C'était la raison pour laquelle la paranoïa des soldats d'Apollon était fascinante. Leurs combinaisons étaient inutiles, ce n'était pas la radioactivité qui tuait, c'était la vie, mais leurs costumes n'étaient qu'une assurance. Un moyen de se rassurer, de garder espoir qu'il y avait une issue à toute cette histoire. Que la zone ne grandirait plus, quelle resterait là où elle s'était arrêtée et le seul sacrifice que le gouvernement ferait, serait de délaisser une petite ville et un bout de forêt à cette puissance venue de nulle part. 

Dean avait fini par devenir comme ces animaux. L'instinct de survie prenant le dessus sur sa raison. Il n'avait plus dormi depuis un long moment. Les jours se confondaient, il était difficile de se souvenir de la vie d'avant et il ne savait pas vraiment s'il voulait s'en souvenir. 

OS Destiel & MultiverseOù les histoires vivent. Découvrez maintenant