Ce dimanche, tante Josephine avait invité certaines connaissances à prendre le thé. Diana et moi fûmes surprises de reconnaître parmi eux James et John MacDonald. Ils ne restèrent pas longtemps mais je n'ai pas manqué d'apercevoir des échanges de regards gênés entre Diana et John.
Afin d'assouvir la curiosité présumée de Diana qui n'osait ouvrir la bouche, j'ai pris les devants et questionnais le jeune homme sur ses études et ses projets. Il a commencé des études à l'école des ponts et chaussées et souhaite un jour devenir ingénieur. Je sentais bien que Diana à mes côtés buvais ses paroles en triturant son mouchoir même si elle m'a assuré par la suite qu'il n'en était rien.
Chère Diana, l'amour peut être aveugle, j'en ai fait moi-même l'expérience! Mais je ne veux pas jouer les entremetteuses, je connais mon amie et si je la taquine un peu trop elle se refermera comme une fleur des champs lors d'une fin de journée d'été. Laissons le temps faire les choses et au besoin je rendrais à Diana le service qu'elle m'a rendu un jour en sermonnant un certain garçon dans un train.
Après avoir accompagné les MacDonald jusqu'à la grille, j'ai profité de ce moment seule avec Cole pour aborder les sujets qui me faisait palpiter le cœur.
D'abord je lui ai annoncé pour Gilbert et moi. Il m'a regardé, le regard espiègle, afin de s'assurer que je ne le faisais pas marcher. Il savais que Gilbert était à Toronto et s'étonna que je puisse l'avoir vu récemment. Je pris un air contrit lorsque je lui avouais que cela datait de plus de deux mois. Mais Cole est le meilleur des amis et il n'en prit pas ombrage. Au contraire, il se mit à rire à gorge déployée de me voir ainsi gênée. Il se targua de m'avoir prévenue un jour sur le quai de la gare de Charlottetown que ce garçon en pinçait pour moi et je ne l'avais alors pas cru. Il avait raison. Cole est un artiste, il est sensible à tant de choses. Je suppose que les sentiments des autres en font partie. Il me promit de garder le secret et je ne doute pas de son intégrité.
Ensuite j'ai abordé maladroitement le sujet de ce James pour lequel il me semblait qu'il nourrissait quelque espoir. Il soupira, les yeux dans le vague. Puis il m'avoua en effet que James ne lui était pas indifférent. Quand ils n'étaient que deux, il lui paraissait accessible, drôle et avenant, mais lorsque James était en société ou simplement avec d'autres amis, il se faisait distant et parfois même dédaigneux. Pauvre Cole. Je lui ai pris la main et essayé de le consoler du mieux que je pus mais je crains que mes paroles n'aient pas fait le poids face à sa déception. Il m'a sourit, les yeux en coin, m'a embrassé sur le front d'un geste fraternel et nous sommes retournés auprès des invités afin de ne pas prolonger notre impolitesse de nous être ainsi éclipsés.
VOUS LISEZ
Anne avec un e - Lettres et confidences
FanfictionFanfiction épistolaire qui fait suite à la dernière saison de Anne with an E. Les personnages sont issus du roman de Lucy Maud Montgomery et/ou de la série télévisée qui en est inspirée diffusée en trois saisons sur Netflix (2017-2020). Illustration...
