Journal d'Anne Samedi 24 octobre

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Quelle déplorable amie je fais, cher journal!
Mon esprit a été si encombré toute cette semaine que j'en ai oublié de m'occuper de ma très chère Diana. La santé de sa tante l'a préoccupée énormément ce que je comprend fort bien.

Et aujourd'hui c'était le jour des visites. Comme chaque semaine, mes adorables perruches, à savoir mes amies (bien qu'elles ignorent toujours et heureusement que je leur ai donné ce sobriquet), étaient juchées à la fenêtre de notre balcon à épier les matous à la grille. Elles nous faisaient don de leurs exclamations et commentaires alors que j'essayais péniblement de combler le retard que j'avais pris dans mes cours.

Les matous rentrés, dont aucun ne leur étaient destinés, les filles n'avaient plus rien à narrer et s'apprêtaient à rejoindre leurs chambres lorsqu'on toqua à notre porte. Trois coups secs donnés avec autorité et un prénom déclamé avec rudesse.
- Visite pour Diana Barry.

Le temps se suspendît. Les perruches se tournèrent de concert vers Diana. Celle-ci interloquée me fixa et c'est alors que je me souvins. Le malaise de la tante Josephine, l'attente du médecin, un coup sonné à la porte, Cole qui ouvre et parle à...
- John ! M'exclamai-je à voix basse.
Dans le tumulte des derniers jours, j'avais complètement oublié de la prévenir que John était passé dimanche dernier et avait émit le souhait de la revoir, Cole lui avait alors indiqué le jour des visites du pensionnat. Et ce jour était aujourd'hui !!

Diana qui avait lu sur mes lèvres avait d'abord blêmi, puis se reprit, me fronça les sourcils et me jeta un air mauvais. Elle se leva en expirant pour se donner du courage, se fraya un chemin parmi les perruches médusées et claqua la porte dernière elles.

L'heure qui suivit me parut interminablement longue. Les perruches se doutaient, à juste titre, que je connaissais l'identité du visiteur présumé mais je ne pouvais la dévoiler sans porter préjudice à mon amie et à sa vie privée. C'était à Diana de décider de ce qu'elle souhaitait divulguer or, en l'absence de celle-ci, l'intrigue devenait phénoménale et la curiosité de nos amies tenace. Je leur balbutiai des mots intelligibles car j'ai le mensonge en horreur. Le mensonge m'a déjà bien causé trop de tourments par le passé et j'ai depuis juré de ne plus y avoir recours.

Le retour prodigue de Diana ne m'apporta qu'un soulagement relatif. Elle eut du mal à endiguer le flot de questions des demoiselles agitées et semblait conserver envers moi une froideur inhabituelle. Lorsque le calme régna enfin dans notre chambrée, je dû affronter le silence pesant que m'imposait mon amie. Je pris sur moi de respecter son choix bien qu'il me pesait de ne pouvoir lui demander pardon et de lui expliquer comment j'étais informée de sa visite. S'il s'agissait bien de lui car même de cela je n'en ai eu confirmation de suite.

C'est au moment du coucher, n'en pouvant plus de son mutisme qui me fendait le cœur, que je me résolus à le briser en espérant ne pas le faire également de notre amitié.

Elle me tournait le dos volontairement. Je lui demandai s'il s'agissait bien de John, s'il allait bien et si elle était heureuse de sa visite. Silence. Je lui expliquai ensuite comment Cole lui avait mentionné l'heure et l'adresse du pensionnat. Silence. Je lui expliquai pourquoi Cole n'avait pas jugé bon de l'appeler alors qu'elle se tenait auprès de sa tante. Silence. Je lui présentai alors mes plates et pitoyables excuses pour avoir omis de l'en avertir.

Elle se tourna enfin, le regard perdu mais plus doux et nous nous prîmes dans les bras. Elle me confia avoir été fâchée sur le moment que je ne l'ai pas avertie, mais cela n'aurait au final rien changé. Elle n'aurait pu empêcher sa visite ou nos amies d'être intriguées. Elle aurait pu être juste un peu plus préparée. Mais même cela, elle n'en était pas sûre.

Ce qui la perturbait le plus c'était la signification de cette visite. John était-il informé qu'il s'agissait de l'heure de la visite des prétendants et se considérait-il comme tel? Et elle? Pensait-elle à lui en ces termes? Pauvre Diana, aux prises à ces questions de l'amour et de l'attachement!
Je la consolais et l'épaulais du mieux que je pouvais, tout comme elle l'avait fait avec moi de nombreuses fois.

 John était-il informé qu'il s'agissait de l'heure de la visite des prétendants et se considérait-il comme tel? Et elle? Pensait-elle à lui en ces termes? Pauvre Diana, aux prises à ces questions de l'amour et de l'attachement! Je la consolais et ...

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Anne avec un e - Lettres et confidencesDes histoires addictives. Découvrez maintenant