Fanfiction épistolaire qui fait suite à la dernière saison de Anne with an E.
Les personnages sont issus du roman de Lucy Maud Montgomery et/ou de la série télévisée qui en est inspirée diffusée en trois saisons sur Netflix (2017-2020).
Illustration...
Cher journal, Aujourd'hui c'était le jour de notre départ pour Avonlea. En ce long week-end de fêtes des morts et de la Toussaint, mes amies ont décidé de se joindre à moi, même si elles ne le font pas toutes exactement pour les mêmes raisons.
Nous étions à table, en train de prendre notre petit déjeuner à deviser de nos projets. À ma grande surprise Tillie n'a pas hésité une seconde à nous accompagner alors que jamais je n'aurai cru qu'elle aurait osé prendre le risque que sa mère la garde auprès d'elle et l'empêche de repartir. Mais je suppose que la forte probabilité de croiser Paul dans les jours à venir a pesé dans la balance au moment de prendre sa décision. Ruby a également assuré que c'était pour défendre le poste d'enseignante de Miss Stacy qu'elle venait, mais lorsqu'on est venu apporter le courrier, elle s'est mise à rougir fortement lorsqu'elle prit l'enveloppe qui lui était destinée. Je ne devais sûrement pas être en reste lorsqu'on m'en tendit une aussi, mais je la rangeai bien sagement auprès de mes couverts, affirmant haut et fort que je la lirai plus tard dans le train. Diana s'amusait à nous regarder à tour de rôle. Elle était la seule à devoir rester mais notre enthousiasme à l'approche de notre petite expédition semblait la distraire de ses pensées.
A peine remontées dans nos chambres respectives afin d'y chercher nos affaires, je n'y tenais plus et, devant l'hilarité sommairement contenue de ma chère Diana, je décachetais avec impatience l'enveloppe sans douter un instant de son expéditeur.
C'était effectivement l'écriture de Gil dont je connais à présent par cœur chaque boucle de ses e, chaque courbe de ses S majuscules lorsqu'il écrit mon nom. J'arrive dès à présent à deviner son humeur et son empressement qu'il a pu ressentir en mettant ses mots sur le papier.
Je le pardonnais d'emblée pour le retard de sa lettre et ne fus pas surprise de lire son désarroi semblable au mien face à la détresse de nos amis communs. Mais je fus par contre stupéfaite de découvrir qu'il avait eu exactement la même idée que moi à savoir se rendre à Avonlea ce week-end. Il devait arriver à Charlottetown ce matin même!
Extatique, je bondis à travers la chambre ne sachant plus quoi faire. Ce fut encore ma chère Diana qui vint à mon secours, en vérifiant la fermeture de ma valise, en m'aidant à enfiler mon manteau alors que je gigotais sans cesse et enfin me redressa mon petit chapeau. Nous nous étreignîmes comme si nous nous quittions pour toujours et je devallai bruyamment les escaliers avec assez peu de dignité.
A peine arrivée à l'entrée du porche je retrouvais mes amies, fin prêtes et chaudement emmitouflées, qui s'impatientaient. C'est à ce moment-là que je le vis, portant un sac sur son épaule et avançant d'abord d'un pas vif dans l'allée puis de plus en plus hésitant. À quelques pas de nous, Gil se stoppa, son petit sourire au coin des lèvres comme j'aime tant. Mais je sentis qu'il hésitait d'avancer davantage alors qu'il observait, le sourcil relevé, mes gentilles perruches qui l'avaient reconnu et qui piaillaient derrière moi.
Sans tergiverser, je m'approchais de lui alors que je sentais mon cœur qui me criait vouloir sortir de ma poitrine. Il sembla contempler ma tenue, cette robe à carreaux qui est si ajustée. Si j'avais su que je le verrais aujourd'hui, j'aurais mis la bleue qu'il m'a dit apprécier. Il me parut gêné mais je compris bien vite en sortant de ma douce euphorie que les paires d'yeux espiègles dans mon dos l'embarrassaient. Il me prit la main et me donna un baiser chaste sur la joue qui fit accroître les jacassements. - Tu as eu ma lettre? Me demanda-t-il sans préambule. - Oui, juste à l'instant! Et toi? Tu as eu la mienne? Il me répondit par la négative et m'interrogea du regard lorsqu'il vit la valise à ma main. - Nous allons toutes à Avonlea! Sans perdre de temps, nous nous mîmes en route d'un bon pas Avonlea ne pas rater le train. Il me tendit galamment son bras que je pris sans hésiter et prîmes la tête de ce joyeux cortège.
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