Chapitre 27 : Un acte inaperçu

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Georges et son ami Edward Brightman arrivèrent aux écuries au moment où un violent orage éclata. Tout le monde se hâta vers eux pour les débarrasser de leur monture. La pluie battante frappait le toit et provoquait un vacarme assourdissant.

- Monsieur Brightman, je regrette de vous avoir entrainé à chevaucher par une si mauvaise journée, dit-il d'une voix sonore.

Edward prit une serviette qu'on lui tendit et la passa sur son visage et ses cheveux.

- Notre promenade fut riche en émotions ! Je ne vous connaissais pas capable de tant de folies, cela adoucit ce temps détestable !

Georges savait bien qu'il parlait de sa rencontre avec Anna. Il lui décocha un sourire glacial. Cependant, Edward était piqué par la curiosité et il ne voulut pas s'en arrêter là, même si entreprendre une conversation intime avec Georges était à ses risques et périls.

- Cette femme parle avec une grande vigueur. Son franc parlé m'a bouleversé ! Elle vous ressemble si fort que j'ai failli en conclure que c'était votre double au féminin.

- Ai-je peu de manières ? demanda froidement Georges en ôtant ses gants.

- Non, ce n'est pas ce que j'ai voulu dire.

- Bien. Anna n'a aucune maitrise d'elle même. C'est une jeune femme mal éduquée, il suffit de l'entendre parler publiquement pour s'en apercevoir.

- Certes, elle n'a pas reçu la même éducation que nous. Est-ce une domestique ?

- Oui.

- Je l'ai trouvée ravissante.

- Que voulez-vous dire par là ?

- Il m'arrive de déguiser mes émotions, mais mon visage finit toujours par me trahir. Vous souvenez-vous de mademoiselle Dombroise ? Lorsqu'elle m'apparaissait comme la plus grande beauté de ce monde, j'avais toujours un sourire idiot sur mes lèvres dès lors que je la rencontrais. Vous m'aviez dit que je n'avais pas assez d'amour propre pour me laisser trahir par ce genre de faiblesses. À partir de ce jour, j'ai cherché à déceler la moindre inclinaison qu'une Dame vous provoquerait pour vous montrer du doigt à mon tour. Ce pari était purement puéril, je le reconnais, et je ne sais pas s'il m'aurait permis de ramasser la fierté que j'avais perdue avec vous. Soit.

Georges leva un sourcil en attendant la suite.

- Les jours sont passés et je me suis résigné à être un perdant. Vous montiez la garde à la porte de votre cœur avec une telle férocité que j'ai fini par sentir l'inutilité de ma quête ! Mais aujourd'hui, ce que j'ai vu..

- N'allez pas plus loin.

Edward sentit le poids de quatre murs l'écraser, mais il sourit et il osa :

- Fréquentez-vous cette femme ?

- Prenez garde à ce que vous dites, je suis fiancé à Mademoiselle Vermeil.

- Bien sûr. La fameuse richissime Anne Vermeil ! Depuis quand l'avez-vous vue ? Bon sang, elle avait trois ans la dernière fois que vous l'avez rencontrée ! À quoi vous rattachez-vous ?

- J'honore toutes les promesses de ma famille, ce mariage en est une, répondit-il d'une voix cinglante.

Georges pinça les lèvres et son regard le transperça comme une lame de couteau.

- Pardonnez-moi, pardonnez-moi. Je ne veux pas vous insulter. J'utilise la même franchise qui témoigne de votre amitié à mon égard. Je vais donc poursuivre ma pensée au risque de perdre votre affection. Oui je vais continuer. Je vais vous le dire.. Voilà, car vous méritez ma sincérité..

Le fabuleux destin d'AnnaDes histoires addictives. Découvrez maintenant