Chapitre 10

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Avoir pu profiter de l'odeur de sa grand-mère et du sourire tendre de son père, avait littéralement rechargé les batteries de Maé. C'est avec le cœur léger qu'elle avait pris place dans le train qui la menait jusqu'à la capitale. Paris n'était toujours pas Marseille, elle n'y trouvait ni les senteurs, ni l'accent, ni la mentalité de chez elle, mais elle ne pouvait nier qu'elle commençait à s'y sentir vraiment bien. Alors, tout en dégustant un merveilleux sandwich triangle et en buvant une incroyable canette de soda, elle se reconcentrait sur sa destination, sans pouvoir se sortir de la tête le beau jeune homme qui l'attendrait sur le quai.

Jules, comme lors de son départ, s'était proposé très gentiment de la récupérer à la gare pour la reconduire chez elle. Quand son train s'arrêtait enfin, elle reconnaissait à l'extérieur le jeune homme qui patientait sagement, légèrement frigorifié, mais visiblement détendu et impatient. 

En quittant le wagon, elle sentait son pouls s'accélérer et ses mains devenir moites. Ne sachant que trop peu comment agir avec lui, elle s'approchait lentement, le sourire aux lèvres et les yeux pétillants. Un grand soulagement s'emparait d'elle quand, naturellement, il saisissait avec délicatesse son visage pour déposer un doux baiser sur ses lèvres. Après ses chastes retrouvailles, et quelques banalités échangées, elle sortait de sa poche son paquet de cigarettes, et à l'aide son briquet aux couleurs de l'Olympique de Marseille, s'en allumait une pour se détendre.

- Tu ne devrais pas fumer, Maé... Il commentait en la regardant faire, l'air un peu contrarié

- C'est vrai, mais je n'ai pas vraiment envie d'arrêter...

Arrivés à hauteur de sa voiture, Jules anticipait, et ouvrait la portière côté passager pour que Maé puisse s'installer, et rangeait sa valise dans le coffre. Le trajet était gai. Elle racontait ses aventures marseillaises au jeune homme, sans oublier de lui parler de sa grand-mère et de son père, et lui, l'écoutait attentivement, visiblement vraiment intéressé par son récit. Il la regardait tendrement quand il n'avait pas les yeux braqués sur la route, sa main posée sur la cuisse de la jeune femme, traversant les grands axes de Paris pour rejoindre son appartement. En arrivant à destination, c'est tout naturellement que Maé proposait de poursuivre l'après-midi chez elle.

- Tu as le temps de monter boire un café ?

- J'ai tout mon temps !

Comme si le destin voulait s'en mêler, une place se libérait sous leurs yeux, permettant à Jules de ne pas lutter de longues minutes pour se garer. C'est ensemble, main dans la main, qu'ils montaient les étages pour atteindre le studio de Maé. Le sentiment était bien moins fort que lorsqu'elle avait de nouveau foulé le sol de sa ville natale quelques jours auparavant, mais néanmoins, elle appréciait de retrouver son petit cocon parisien. Le jeune homme observait les lieux d'un air dubitatif, trouvant l'espace vraiment trop restreint et sommaire, mais se gardait bien de tout commentaire. S'il habitait dans un immense appartement, il avait malgré tout conscience que tout le monde n'avait pas sa chance.

Maé déposait sa valise dans un coin de la pièce, et invitait son ami, ou son petit-ami, elle ne le savait pas très bien, à s'installer dans le canapé.

- Tu préfères un café ou une bière ? J'en ai au frais. Elle demandait

- Une bière à cette heure-ci ? Il demandait le sourcil relevé, un brin de jugement dans la voix. Je préfère un café, merci.

Il n'était que 15h00, en effet. Elle l'aurait bien bue pourtant, cette bière fraîche. Mais face à la réaction étonnée de Jules, elle se rabattait sur une tasse de café, pour se remettre de son voyage.

EQUILIBRE INSTABLE [MEKRA]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant