Maé, dans un premier temps, comme souvent quand elle se sentait démunie, s'était armée d'un stylo et d'une feuille de papier, pour y noter toutes les questions qu'elle souhaitait poser à cette femme. Toute méthode qui aurait pu permettre de la rassurer était la bienvenue. Si tout semblait s'effondrer, elle tâchait de mettre un peu d'ordre dans ce chaos. C'est finalement Hakim qui l'avait convaincue qu'il ne s'agissait pas d'un interrogatoire, et qu'il valait peut-être mieux considérer ce rendez-vous comme un échange plus classique. Inutile donc de dresser une liste exhaustive de tout ce qu'elle avait à lui demander, il avait raison, il valait mieux laisser faire les choses naturellement.
Lydia, sa mère avait été vraiment surprise de son appel. Après tout, Maé avait eu une réaction plus que négative, ce qu'elle comprenait entièrement. Plusieurs jours étaient passés, et elle avait commencé à se dire que c'était définitivement foutu. Après avoir bégayé quelques secondes au téléphone, elle avait bien entendu accepté cette rencontre qu'elle attendait depuis si longtemps. Elle allait enfin pouvoir lui expliquer toutes ces choses qui la rongeaient. Le rendez-vous avait donc été pris dans un café, un lieu neutre, qui n'avait pas vocation à aggraver la situation.
Il ne restait à Maé que quelques mètres et une rue à traverser pour la rejoindre, et l'angoisse montait en elle en flèche. Elle paraissait si belle et si gentille, cette mère qui avait manqué à tous ses devoirs. Elle avait l'air frêle, et soucieuse, aussi. Elle ne ressentait malgré tout aucune empathie pour elle, il lui était impensable de se laisser avoir par son apparence. « Fait attention », avait murmuré Hakim à son oreille, avant qu'elle ne quitte leur appartement. Elle ne savait pas à quoi exactement elle devait faire attention, mais elle comptait bien écouter ce conseil.
- Bonjour Maé. Commençait sa mère, intimidée, en la voyant arriver à sa table.
- Bonjour.
- Je suis heureuse que tu m'ais appelée, tu sais ?
- J'imagine.
- Tu veux bien me parler de toi ? Elle réclamait après un moment de silence et de malaise.
- J'aimerais qu'on commence du début plutôt. On n'est pas là pour parler de moi, alors je t'écoute.
Maé était sèche et froide. Lydia, de toutes manières, semblait être préparée au pire, et parvenait à garder la face et à ne pas se laisser complètement déstabiliser. Elle jouait gros, elle devait se faire violence et affronter sa fille. Si elle avait manqué de courage toutes ces années, elle était désormais déterminée à s'expliquer.
- Comme tu voudras, c'est toi qui décides. Bon, je ... Elle hésitait. Je vais commencer par le début de mes problèmes. Mon père est mort quand j'avais 14 ans. Cancer. Ma mère l'a suivie, l'année d'après. J'avais 15 ans quand je me suis retrouvée dans un foyer. A l'époque j'étais malheureuse et ravagée par la révolte, j'ai fugué, et j'y suis jamais retournée. Mais tu sais, à 15 ans, dans la rue, pour t'en sortir, il faut parfois se rapprocher de gens disons... peu recommandables.
- Je ne sais pas, non. Papa a fait en sorte que je ne vive pas ce genre d'expériences. Bref, continue. Elle ordonnait.
- J'ai rencontré un homme, qui m'a fait sombrer petit à petit dans le milieu... Une gamine un peu paumée, c'est du pain béni pour ce genre de types, ils savent très bien que tu seras loyale et fidèle... Au début, c'était rien, quelques petites transactions, quelques messages à transmettre... Je me faisais un peu d'argent, il m'hébergeait, il disait vouloir s'occuper de moi. J'avais confiance en lui. Et puis ça a dérivé... ça a été trafics de drogues, blanchiment d'argent et prostitution. J'étais pas la plus à plaindre, j'étais proche des « patrons », on me laissait plutôt tranquille...
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EQUILIBRE INSTABLE [MEKRA]
Fanfiction"Pour croire avec certitude, il faut commencer par douter." HAKIM x MAE
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