Chap 18 : Comment se renseigner sur d'étranges rumeurs portant sur sa mère ?

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- Bonsoir maman, lui dis-je dès que la porte de son cabinet personnel se referma.

Ma mère se dirigea droit vers son bureau et ce n'est qu'une fois assise derrière, que son regard envers moi changea. En une seconde, elle réussit à passer à la femme la plus exaspérée du monde à celle que je connaissais par cœur et qui partageait ma vie depuis des années. Petite déjà, j'étais étrangement fascinée par sa spontanéité à mentir sans rien trahir. Mais il fallait avouer, qu'avec le temps, cette capacité n'avait fait que s'améliorer. Je me demandais si j'étais aussi douée qu'elle l'était pour duper les gens. Me croyaient-ils autant qu'il la croyait elle ?

- Quand je t'ai écrit de me rentrer dedans avec force, je ne pensais pas que tu chargerais comme un éléphant. Visiblement ton entrainement de bourrine déteint sur toi sans même que tu t'en aperçoives. Tu m'as sans doute fait un bleu.

A cet instant-là, je me mis à penser à tous ceux qui recouvraient déjà mon corps à cause de mes cours de combats rapproché. La veille, j'avais même essayé de les compter sans grand succès. J'avais abandonné au moment où pour compter ceux présent dans mon dos j'avais failli m'attraper un torticolis.

- Il est vrai que j'étais assez enthousiaste à l'idée qu'on se retrouve enfin seul toutes les deux, finis-je par répondre.

- Pourquoi ? s'empressa-t-elle de me demander. Il s'est passé quelque chose ? Certains commencent à avoir des soupçons ?

Son ton était cassant voire même menaçant, mais je la connaissais et je savais que c'était simplement la traduction d'une certaine peur. Elle avait beau tout faire pour le cacher, elle aussi, elle ne se sentait pas totalement en sécurité à Saint-Maxime. Je la comprenais parfaitement. Seule la peur de s'attirer le courroux de Miss Amélia retenait la moitié de ses collègues à lui sauter dessus. Et idem pour certains élèves, même s'ils ne représentaient pas de réelles menaces au vu de leur niveau. En effet, les chasseurs de primes qui nous pourchassaient avait souvent une famille. Et même s'ils s'agissaient des risques du métier, les enfants qui ne voyaient pas leurs parents revenir après qu'ils nous aient traqués, nourrissaient souvent une haine féroce envers nous. Enfin, surtout envers ma mère puisque personne ne connaissait mon existence. Dans l'école déjà, j'en avais identifié 4 dont l'aura été quasiment semblable à un chasseur de prime dont nous avions dû nous débarrasser. Et ces étudiants-là, plus que les autres, semblaient réellement n'attendre qu'un seul faux pas de ma mère pour se jeter sur elle.

- Non. C'est juste que je m'ennuis pied ferme depuis que je suis ici.

Je m'avançais dans la pièce et entrepris de faire le tour du bureau de ma mère en étudiant chacun des meubles et objets qui la composaient. Avant d'intégrer Saint-Maxime, ma mère m'avait conseillé d'ouvrir les yeux là-bas et de tenir compte de chaque détail présent dans les pièces où j'allais afin de mieux connaitre ceux qui vivaient et travaillaient dedans. Je voulais savoir si son conseil s'appliquait aussi bien aux autres qu'à elle-même. Mais il était vrai, qu'à première vue, les murs bleus articles qui m'encerclaient correspondaient plutôt bien au tempérament de ma mère.

- Alors qu'est-ce que ça fait d'aller à l'école. Tu en rêvais depuis longtemps non ? me demanda t'elle en me fixant du regard.

- Disons que je me posais surtout la question de savoir ce que c'était que d'être normal. Pouvoir vivre à la lumière du jour sans se cacher et sans crainte surtout. Bref, être une personne lambda quoi.

Je m'arrêtais devant une de ses vitrines et regardais avec attention les reliques qu'elle contenait une à une. Dire qu'elle les avait ramenées de sa fameuse cave où même moi je n'avais pas le droit de mettre les pieds. Tout ça pour les exposer à côté d'adolescents ignares. Il fallait vraiment qu'on m'explique pourquoi tous les professeurs d'ici étaient si imprudents. Même ma mère, ce qui était rarement le cas. De mémoire, elle ne l'avait même jamais été. Elle, elle était plutôt du genre pouvoir parer à toutes les situations même celles dont la probabilité avoisinait les zéros. J'allais lui poser la question si le rapatriement de tels objets était une des clauses de son contrat avec Miss Amélia quand elle me prit de vitesse.

Surnaturelle, tome 1: SAVOIRDes histoires addictives. Découvrez maintenant