Je me balançai au bord du lit, ignorant ma douleur pour border Ariel dans mes bras. Ses petites mimiques crispées ne trouvaient pas de soulagement, malgré ses vêtements chauds et la couverture qui l'enveloppait. Sa température restait désespérément basse. La peur me tenaillait à l'idée qu'on l'emmène dans un centre neurologique, loin de moi et de son jumeau.
Chris, plus serein que moi, avait surtout essayé de me réconforter de son mieux, mais j'avais passé la journée à pleurer, épuisée par l'angoisse. Malgré la fatigue, je refusais de m'allonger tant que ma petite fille n'allait pas mieux.
— Monsieur Warner ?
Je levai la tête en même temps que mon mari vers l'infirmière qui s'avançait doucement vers nous, arborant un sourire compatissant qui m'alarma. Elle était là pour prendre ma fille, j'en étais persuadée.
— Oui ? répondit Chris.
— Nous aimerions essayer quelque chose avec vous pour tenter de régulariser la température de votre fille.
Nous nous échangeâmes un regard.
— Moi ? fronça-t-il les sourcils.
— Oui, vous. Vous êtes proche de vos jumeaux, donc vous pouvez prendre le relais pendant que la maman se repose, dit-elle en me regardant.
— Je vais très bien ! protestai-je, légèrement irritée.
— Nous ne voudrions pas vous forcer la main, mais vous ne nous laissez pas le choix, madame Warner. Vous devez impérativement vous allonger et dormir un peu. Vos bébés ont besoin que leur maman soit en forme pour les allaiter. S'il vous plaît, ne nous obligez pas à vous administrer un sédatif.
Je n'en croyais pas mes oreilles ! Elle me menaçait ?
— Chérie, elle a raison, murmura Chris. Je vais prendre soin d'Ariel, je te le promets. Je ferai le nécessaire pour qu'elle aille mieux, fais-moi confiance...
— Elle a besoin de moi ! larmoyai-je en serrant mon bébé contre moi.
— Oui, elle a besoin de toi quand tu auras repris des forces, Isabella. Là, tu ne lui rends pas service en épuisant ton corps comme tu le fais. Je sais que tu as mal partout, que tu as de la fièvre, et que tu es exténuée.
Je secouai la tête, refusant d'entendre raison. Prudemment, il s'approcha de moi pour tenter de prendre notre fille. Je fondis en larmes. Je savais qu'il avait raison, mais la peur m'étreignait. Et s'il arrivait quelque chose à Ariel pendant que je serais endormie !? J'avais déjà manqué ses premiers instants de vie, je ne voulais pas en rater davantage !
— Ça va aller mon amour... Ça va aller...
Sa voix apaisante, sa main caressant mes cheveux, et ses lèvres collés à ma tempe, eurent raison de ma tension. Il me serra contre lui, me promettant mille fois qu'il s'occuperait d'Ariel et qu'elle ne manquerait de rien.
Inspirant profondément, avec le cœur lourd, j'embrassai la joue de ma fille avant de la remettre, de mon plein gré, à son père. Il me sourit adorablement alors que je m'allongeai sur le lit. Une autre infirmière arriva pour vérifier ma tension, ma température et mon taux de glycémie, constatant que j'avais frôlé l'évanouissement.
— Comment pourrais-je aider au juste ? entendis-je Chris demander à l'infirmière.
— On voudrait essayer la méthode kangourou. En avez-vous déjà entendu parler ?
— Non, répondit-il.
— Cela consiste à placer votre enfant contre votre torse, pour qu'elle profite du contact peau à peau. Votre chaleur l'aidera à se réchauffer et stabilisera ses cycles de sommeil. Néanmoins, il faut que vous soyez patient et attentif, ce traitement peut être très long.
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Engendrement [Tome 2]
RomanceIsabella n'est plus la même. Le deuil a tout emporté sur son passage : son insouciance, ses rêves, son avenir. Elle avance dans l'obscurité, hantée par les ombres du passé et un futur qu'elle n'aurait jamais imaginé affronter seule. Pourtant, la vie...
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