53. Repas familial

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Point de vue de Chris :

Je frappai trois fois à la porte avant de soupirer, fourrant mes mains dans mes poches. Qu'est-ce que je faisais ici ? C'était clairement une mauvaise idée, mais je n'avais pas le moral, et mon seul réconfort résidait dans cette maison.

La porte s'ouvrit pour révéler mon père, visiblement très surpris de me voir. Sans prononcer un mot, je l'enlaçai, et il tapota doucement mon dos en percevant mes tremblements. Je refusais de pleurer, j'étais simplement heureux de le retrouver. Il m'invita à entrer et nous emmena au salon.

Ma mère était là, assise sur le canapé, plongée dans ses pensées. Elle avait perdu des couleurs, ses yeux étaient cernés et elle ne faisait plus d'efforts vestimentaire ou capillaire. Putain, depuis combien de temps lui faisais-je la gueule ?

— Regarde qui vient nous rendre visite, ma chérie ! l'interpella mon père.

Elle leva la tête, et son regard s'illumina. J'arborai un petit sourire gêné.

— Oh, mon cœur...

Elle se leva, tremblante et hésitante, ne sachant pas si elle avait le droit de me prendre dans ses bras. Je fis le premier pas en l'étreignant.

— Salut maman.

— Comment tu vas, mon chéri ?

Elle toucha mon visage : mes joues, mon front, mes yeux. Elle avait besoin de s'assurer que j'allais bien. Je m'en voulais tellement d'avoir fait le mort pendant si longtemps.

— Je vais bien... Et vous deux, ça va ?

Mon père hocha la tête et ma mère m'enlaça plus fort.

— Tu nous as tellement manqués...

— Vous m'avez manqué aussi... Il faut qu'on parle, maman.

— Oui, je sais, je sais.

Nous nous assîmes sur le canapé et elle prit mes mains dans les siennes.

— Je suis tellement désolée, Christopher, tu ne peux pas imaginer à quel point. J'ai cru faire ce qui était le mieux pour toi, je voulais te protéger, préserver ton avenir...

— Mon avenir tout tracé avec Isabella, le corrigeai-je.

— Oui, je tenais à tout prix à ce que votre mariage aboutisse, Alice était un obstacle, avoua-t-elle honnêtement.

— Je l'aimais, maman. Elle n'était pas pour moi, je le sais, mais je l'aimais. Tu n'avais pas le droit de t'en mêler. J'aurais dû mettre fin à cette relation moi-même, ça ne m'aurait pas autant détruit que son départ soudain.

Elle baissa la tête. Je soupirai en jetant un regard à mon père, silencieux.

— Tu étais au courant, papa, n'est-ce pas ?

— Pas de tous les détails. Quand ta mère m'a révélé son plan, j'ai immédiatement refusé de m'y associer. Je ne voulais pas être complice, mais j'ai gardé son secret. Ta mère, je l'aime avec ses qualités et ses défauts. Elle a commis une erreur et elle s'en est terriblement voulue, mais au fond, son intention première était de te protéger, mon fils.

Ils étaient sincères, et je les aimais malgré tout. J'avais besoin d'eux. Je ne pouvais pas tourner le dos à mes proches ; je ne voulais pas finir seul.

— Ok, c'est réglé alors. Je peux enfin clôturer ce chapitre de ma vie. Alice ne reviendra plus me harceler et je connais enfin toute la vérité. On peut passer à autre chose, leur souris-je.

— Tu es certain qu'elle ne reviendra plus ? hésita ma mère, sceptique.

— Je ne suis certain de rien. Tout ce que je sais, c'est que je n'ai plus rien à lui dire ni à entendre de sa part. Elle m'a assez fait de mal comme ça, je veux qu'elle disparaisse pour de bon. Je veux me concentrer sur ma famille et mon boulot.

Engendrement [Tome 2]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant