Il était précisément 09h52 lorsque mes paupières s'éveillèrent, mes yeux fixaient le plafond dans une lueur vive de conscience.
Malgré un sommeil écourté à deux maigres heures depuis mes retrouvailles avec mes enfants, la fatigue semblait déjà avoir déserté mes sens. J'avais envie de me lever et de déambuler dans la chambre, mais impossible, dans mon état actuel. Et puis, je ne voulais pas réveiller les trois amours de ma vie.
Juste à côté de mon lit, se trouvait le berceau où dormaient paisiblement mes bébés, ensemble. J'avais refusé qu'on les sépare, et l'aide-soignante m'avait rassuré, en soulignant l'importance de maintenir les jumeaux ensemble durant ces premiers jours. Leur lien prénatal étroit nécessitait une transition douce vers le monde extérieur.
J'étais incapable de détacher mon regard d'eux. Mon Dieu, ils étaient si beaux ! J'avais encore du mal à réaliser que je les aie mis au monde, que Chris et moi avions conçus ces merveilles.
Ce dernier était affalé dans un fauteuil à proximité, plongé dans un sommeil perturbé par de légers ronflements. Le pauvre. Il se réveillait toutes les quinze minutes, comme si son esprit était programmé pour vérifier notre bien-être.
Les premières heures n'étaient pas clémentes pour moi. L'effet de l'anesthésie s'estompait progressivement, laissant place à une douleur diffuse un peu partout : abdomen, vagin, jambes et seins. Les analgésiques m'aidaient, mais même éternuer restait un calvaire.
Je voulais me doucher, car je sentais franchement mauvais, mais Jasmine m'avait conseillé d'attendre au moins deux jours, le temps que mon corps encaisse le choc de l'accouchement par voies basses suivi de la césarienne.
Oh, la convalescence après la césarienne.
Je n'avais pas encore essayé de me lever mais je pressentais que ce ne serait pas une partie de plaisir. On m'avait mis une sonde urinaire qui ne sera retirée que demain, pour que je puisse aller aux toilettes comme une grande. On m'avait également informée d'une déchirure de niveau deux. Ouais, mon fils ne m'avait pas épargné non plus.
J'allais devoir prendre mon mal en patience pour récupérer. J'étais reconnaissante pour la résistance de mon corps, mais cette grossesse l'avait inévitablement marqué. Ce n'était pas si grave, dans quelques mois, tout cela ne serait qu'un souvenir lointain, du moins, je l'espérais de tout cœur.
Le fil de mes pensées se coupa au moment de l'ouverture de la porte, laissant surgir mes grands-parents, les parents de Chris, et Sébastien. Leurs teints pâles et leurs gestes figés en disaient long sur leurs émotions. Leurs regards oscillaient entre moi et le berceau. Je leur souris.
Chris m'avait informé de leur présence à la maternité depuis longtemps, mais les visites n'étaient pas autorisées jusqu'à... maintenant, apparemment.
— Doux Jésus ! s'exclama Irène.
Sa voix puissante suffit à réveiller Chris instantanément. Il se redressa, et son premier réflexe fut de me jeter un petit regard. En me voyant sourire, un soupir de soulagement échappa de ses lèvres.
— Je suis tonton ! s'écria Sébastien.
Je lui lançai un regard réprobateur, mais le mal était fait. Le cri avait alerté mon fils, qui se réveilla en pleurant. Merci infiniment Sébastien ! Chris se dépêcha de le prendre dans ses bras pour le calmer et à ce moment-là, un second cri retentit.
C'était la première fois que je l'entendais et j'en avais la larme à l'œil.
Ma fille se débattait dans son berceau, le visage crispé. Le temps que je me redresse difficilement en poussant un gémissement de douleur, pour la prendre, Marilyn se précipitait déjà vers elle.
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Engendrement [Tome 2]
Storie d'AmoreIsabella n'est plus la même. Le deuil a tout emporté sur son passage : son insouciance, ses rêves, son avenir. Elle avance dans l'obscurité, hantée par les ombres du passé et un futur qu'elle n'aurait jamais imaginé affronter seule. Pourtant, la vie...
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