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47. Traumatismes

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Je resserrai mon étreinte autour de la taille de mon mari, ma tête nichée contre son torse dénudé, lorsque j'entendis les pleurs des bébés. Je grognai et serrai les paupières, trop épuisée pour ouvrir les yeux. Je devais me lever, mais j'en étais incapable. Les cris redoublèrent et je sentis Chris s'agiter contre moi, émergeant lentement de son sommeil.

— Chérie ? Les jumeaux... marmonna-t-il d'une voix rauque.

— Je les entends... mais je suis fatiguée...

— Ok... J'y vais.

Ses mots me firent ouvrir les yeux, et j'essayai de me redresser, mais Chris fut plus rapide. Il alluma sa lampe de chevet, contourna le lit, et se pencha sur le co-dodo de mon côté du matelas.

Mon cœur se serra de culpabilité ; c'était à moi de me lever. Il travaillait demain, et c'était mon devoir de répondre aux besoins de nos bébés. Je savais ce qui les troublait : le doublement des gencives, avec ses pleurs, ses troubles du sommeil, et ses petites fièvres. Les pauvres étaient si agités, tout finissait dans leur bouche, et c'était un crève-cœur de les voir souffrir sans pouvoir les soulager.

Le brun prit les jumeaux chacun dans un bras et les lova contre son torse en commençant à marcher dans la pièce. Il les embrassait et leur murmurait des mots apaisants, leur assurant qu'ils étaient en sécurité et que leur papa veillait sur eux.

Je ne pus empêcher les larmes de ruisseler de mes joues, émue par cette scène. Ce n'était pas la première fois que je le voyais s'occuper d'eux, mais à chaque fois, je craquais. En m'entendant renifler, Chris se tourna vers moi et fronça les sourcils, inquiet.

— Mon amour ? Tu vas bien ?

— Oui... Oui, ne t'en fais pas, fis-je en essuyant mes joues.

— Tu pleures ?

— Ce n'est pas ce que tu crois, je suis juste... heureuse.

L'inquiétude dans ses yeux se dissipa, remplacée par le soulagement, et il s'approcha pour s'asseoir au bord du lit. Je me redressai en position semi-assise et il me tendit Ariel, qui s'était calmée, pour que je l'allaite. Cela la soulageait de mâchouiller mon téton.

Je la réfugiai contre ma poitrine nue, et elle gazouilla en se mettant à me tapoter avec ses petits poings. Je l'aidai à prendre le sein tandis que mon époux caressait le dos d'Amaël, beaucoup plus sage, sans nous quitter des yeux ; moi et notre fille qui tétait tranquillement.

— J'adore vous regarder, toutes les deux, c'est ma définition du bonheur.

Je souris faiblement avant de déposer un baiser sur les cheveux de la petite.

— Parfois, j'ai des moments de doutes... J'ai l'impression de ne pas faire les choses correctement avec eux... Comme maintenant, par exemple, je n'ai pas pu me lever alors que je devais accourir au moindre souci...

— Chérie... Tu n'as pas à porter cette responsabilité toute seule, je suis là, moi aussi. C'est normal que je t'aide... Je dois t'aider... Je ne m'en sors pas trop mal, non ?

— Si, tu es formidable, Chris... Je ne sais pas ce que je ferais sans toi...

Il se pencha vers moi et embrassa mon front. Je fermais les yeux quelques instants pour m'imprégner de son parfum apaisant.

— Je sais que je ne suis pas toujours facile à vivre, fit-il en se redressant. J'ai un caractère exécrable, je suis impulsif, colérique, égocentrique... Mon passé m'a profondément marqué, mais s'il y a bien une qualité dont je suis particulièrement fier, c'est ma loyauté. Je te resterai toujours fidèle, Isabella, même quand je me comporte comme un vrai connard. Je donnerai ma vie pour toi, ou pour nos enfants...

Engendrement [Tome 2]Des histoires addictives. Découvrez maintenant