Mais bon, cela ne dure pas. Le parfum enivrant d'Owen gagne le combat. Dans ces ténèbres, loin de la réalité, je suis une âme errante , un papillon de nuit recherchant sa lumière. Il est cette flamme brulante et dangereuse dont je ne peux me passer.
En guise de dernièr rempart, je lui tourne le dos afin d'oublier sa présence. Peine perdue, il se love contre mon dos et sa main glisse sous mon t-shirt . Il pose sa paume sur mon ventre et son pouce gauche forme des cercles d'une effroyable tendresse. Sa respiration régulière accroit cette fausse impression de normalité.
Je n'ose plus bouger et les mouvements circulèrent me berce. Je commence à sombrer dans les lymbes du sommeil. Il bouge légérement et son autre main vient replacer une de mes méches rebelles derrière mon oreille. Ses lèvres frôlent mon lobe avant de me murmurer.
— Bonne nuit, bébé.
Ces quelques mots me font vibrer. Le timbre de sa voix est rauque. La chaleur de sa main glissant à nouveau sur ma peau m'envoie dans un univers onirique. Je retiens à peine un soupir de plaisir. J'aimerai être tous les soirs bordée ainsi.
En sursaut, le poids de son bras me réveille. J'ai chaud. J'ai faim. Mon portable m'indique qu'il n'est que trois heures. Mon ventre grogne. Deux bouchés de lasagne ne l'ont pas comblé. Monsieur se plaint. Je me déplace doucement. En atteignant la cuisine, j'allume la lumière de la hotte. Elle diffuse une ambiance chaude et douce. L'immeuble est silencieux. C'est plutôt agréable. Je prends un yaourt et m'assois sur l'îlot central. Mes jambes se balancent tranquilement dans le vide.
La porte de ma chambre s'ouvre. Sa silhouette se dessine à contre-jour. Son ombre s'étire jusqu'à moi, presque à me frôler. Je souris à Owen en lui montrant mon encas nocturne. Il rouvre plus grand la porte formant un halo qui traverse la pièce et rend tout ce que sa lumière ne touche pas, plus sombre, plus noir. Il avance vers moi. Sa démarche féline contrôle les battements de mon coeur. Il me prend ma cuillère et mon encas des mains. Je lui fais remarquer qu'il y en a d'autres.
— Je n'ai pas faim, me dit-il.
Il s'approche de moi. D'un coup de hanche, il entrouvre mes jambes et s'installe entre mes cuisses dénudées. Lentement, il approche la petite cuillère et comprenant ses intentions, j'ouvre la bouche sans cesser de le regarder. C'est assez déroutant. Ses yeux ne quittent plus mes lèvres. Il a l'air apaisé. Au beau milieu de la nuit, cette scène semble surréaliste et à l'opposé d'il y a quelques heures.
Dès la dernière bouchée, il se retourne et s'éloigne pour jeter le pot dans la poubelle et mettre le couvert dans le lave-vaisselle. Je crois qu'il en a fini avec moi mais il reprend sa place. Ses doigts se promènent sur la peau de mes cuisses, esquissant des chemins sensuel. Des frissons délicieux se forment sur mon épiderme. Puis, sa main gauche suit la courbe de mon tatouage, redessinant le tracé de la jarretière. Il est absorbé par son touché et je suis hypnotisée par sa douceur.
— Tu as froid ? s'inquiète-t-il.
— Non, le rassuré je.
Ma voix trahit mes émotions, et il lève son visage.
— J'aime te sentir contre moi, déclare calmenent Owen. C'est complètement irrationnel. Je pète un plomb quand tu t'éloignes. Je n'aime pas de savoir loin.
Ses mains remontent sur mes hanches.
— Ne serais-tu pas un grand frère un peu protecteur ? dis-je ironiquement afin de cacher mon malaise, peu habituée à recevoir de lui ce genre d'attention.
— Tu me voies uniquement comme ton grand-frère, se plaint-il en se penchant pour déposer ses mains sur le haut de mes fesses me faisant sursauter.
— Ne joue pas à ça avec moi, Owen ! grondé-je.
Je tente de me dégager. Sans résultat. Son attitude est déroutante. Il est autoritaire, colérique, un brin jaloux et maintenant, séducteur.
— Je ne veux pas être que ton grand-frère. Je veux aussi être ton ami, dit-il tristement.
Je m'arrête de gigoter et je le dévisage d'incompréhension ne comprenant pas son changement de ton.
— Mais je suis déjà ton amie. Nous sommes les deux. Frères et sœurs mais aussi amis, le rassuré-je.
Je voie ses yeux éviter mon regard et je prends son visage en coupe le forçant à me faire face. Ses yeux brillent. Sa peine me vrille le cœur.
— Nous n'avons aucun lien du sang. Tu peux à tout moment me quitter toi-aussi.
— Je t'interdis de penser ça. Je serai toujours là pour toi. Tu fais partie de ma famille. Et c'est toi qui a quitté Théo, pas l'inverse, lui rappelé-je.
— Quand je me suis réveillé et que tu n'étais plus là ...
Incapable de s'exprimer plus, sa phrase se meurt.
Face à ses tourments, je le prends dans mes bras. Je l'entends soupirer qu'il ne veut plus que je parte sans prévenir. Il me serre fort, un peu trop d'ailleurs. Pour le rassurer, je m'accroche à son cou, mes jambes enlaçant sa taille. Je veux lui prouver mon envie de ne jamais l'abandonner.
Arrimée à lui, il me soulève et m'emmène dans ma chambre. Il me dépose délicatement et toujours debout, il retire son T-Shirt. Ses muscles saillants me dominent. Owen jauge ma réaction avant de me rejoindre. J'ai l'impression d'être sa proie. Sous son poids, je sens le matelas légèrement s'affaisser. Il s'approche toujours plus prêt et mon souffle n'est plus qu'un mince filet d'air. Il est maintenant au-dessus de moi. Seuls ses avant-bras assurant son équilibre sans l 'écraser, le retiennent de me toucher.
— Tu ne pars plus, Bébé, implore-t-il.
Je lui souris et lui fais non de la tête. Il semble satisfait de ma réponse, bascule et s'allonge contre mon flanc. Il glisse sa main sous mon t-shirt. Il caresse mon ventre, joue avec mon nombril et je sens sa peur enfin se calmer. Mon frère ou mon ami, là je ne sais plus bien qui il est, vient de s'endormir contre moi. Je tente de récupérer la couette et après plusieurs essais, emmitouflée dans ma couverture, je sombre dans des rêves étranges de yaourt et de pectoraux délicieux : addictifs et dangereux.
XXX
Owen a repris son visage d'ange. Que penses-tu de son attitude ?
Avant de nous quitter, n'oublie pas de voter !
L.P.R
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Emprises
RomanceEnfant, Barbara a subi de plein fouet le divorce de ses parents. Au cœur de ce chaos, elle croise le chemin de son demi-frère, Owen. Il se montre glacial, humiliant, presque cruel. Mais une fois les portes closes, il devient son seul abri. À peine l...
