« Les actes sont plus éloquents que la parole. »
Proverbe Français
XXX
Je rentre à l'appartement le cœur léger. J'ai l'impression de marcher sur un nuage et même de survoler un Paris rayonnant alors que je l'avais laissé il y a quelques heures à peine froid, gris et pluvieux. Un baiser, un seul de ses baisers suffit à éclaircir mon ciel. Je ne sens plus l'odeur citadine, je n'entends plus le capharnaüm de cette grosse ville. Je souris, j'irradie, je m'éblouis. Une promesse et mon front s'illumine. Un touché et ma peau s'échauffe. Je suis aveuglée par tant d'espoir.
Je jette mon sac et mes chaussures à l'entrée. Je rangerai plus tard. Ma bonne humeur envahit le salon éclairé. Eclairé ! Tiens, Owen est arrivé avant moi. C'est si rare mais après tout, il est chez lui et n'a pas à m'informer s'il rentre plus tôt. L'eau coule dans la salle de bain. Je prendrai ma douche après.
Par habitude, je me dirige vers la cuisine, ouvre le frigo et, bénie par ma joie, je trouve l'inspiration culinaire. Je meurs de faim, effet du sport ou du bonheur. Je chantonne. Casseroles et poêle me répondent. Je les entends saisir, rissoler, cuire. Une odeur alléchante se répand dans l'appartement.
— J'ai l'impression que ta journée s'est bien passée, m'interpelle Owen en sortant de la salle de bain le visage pâle et les cheveux encore humides.
Sa voix monocorde me rappelle sa situation difficile. Je pousse devant lui une assiette bien garnie tout en me rendant compte qu'il est resté plus longtemps que d'habitude sous la douche.
— Et la tienne ? éludé-je tout en maintenant un sourire réconfortant.
— Peut-être qu'un peu de sport m'aurait fait du bien à moi-aussi, déclare-t-il en posant un regard lourd de reproches sur mon sac gisant sur le sol. Je croyais qu'on s'était mis d'accord, Barbara.
Penaude, je fixe la table tout en commençant à manger. Le plat de spaghetti est réussi. La sauce bolognaise est parfaite mais pris en flagrant délit, je peine à prendre plaisir à la déguster et me mets à picorer.
— J'étais persuadé que tu étais une personne de parole. Tu me déçois beaucoup. J'aurai dû m'y attendre. On ne peut faire confiance à personne. Pourtant, je pensais que tu étais à part et que je pouvais compter sur toi. Mais tu es comme les autres. A la moindre occasion, tu me trahis...dit-il froidement.
— C'est faux, me défends-je révoltée par ses accusations. Je n'ai pas été au sport pour voir Théo. Tu peux me faire confiance. Tu es mon frère et je suis de ton côté quoiqu'il se soit passé...
— Quoi qu'il se soit passé, crie-t-il en repoussant violemment ses couverts. Il ne t'a pas fallu longtemps pour retourner ta veste. Tu penses que je suis le méchant dans cette histoire et que Théo est un ange, que c'est moi le monstre.
— Je n'ai jamais dit ça, me défends-je, déstabilisée par ses multiples accusations.
— Entre nous, tu ne dis pas grand-chose. On dirait que tu n'as jamais d'avis, une vraie girouette. Va falloir passer à l'âge adulte ! Tu dois être capable maintenant de prendre tes propres décisions et de t'y tenir. Quand tu décides de ne plus aller au club de sport et qu'en plus tu me le promets, tu t'y tiens, gronde-t-il le regard noir.
— J'ai pensé que ce que tu voulais, c'était que je rompt mon amitié avec ton ex et je l'ai fait dès ce matin. C'était ça ma promesse. Le reste n'a pas d'importance. Quand je te dis « quoi qu'il se soit passé », je veux juste que tu comprennes que je suis avec toi à cent pour cent, lui expliqué-je le plus calmement possible malgré ma main tremblante et ma frustration grandissante.
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Emprises
RomanceEnfant, Barbara a subi de plein fouet le divorce de ses parents. Au cœur de ce chaos, elle croise le chemin de son demi-frère, Owen. Il se montre glacial, humiliant, presque cruel. Mais une fois les portes closes, il devient son seul abri. À peine l...
