11- Douceur malsaine

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« Son venin se cache dans chacun de ses actes, de ses mots. Il se joue de notre confiance sans aucun regret, sans aucun remords. Il jouit de notre peine.»

Le Phénix Rouge

Cette nuit-là, j'ai dormi seule dans mon grand lit. Les deux amants avaient cessé de se quereller et afin de ne pas les entendre se réconcilier sous la couette, j'avais mis un casque et la douce voix d'Adèle sur « Someone like you » m'avait bercée.

Un jour moi-aussi, je connaîtrais ces moments d'intimité que seuls deux cœurs unis dans un même souffle connaissent. Vis à vis de mon demi-frère, je ne devais pas croire à une possible histoire d'amour tout au plus à une amitié très forte et plutôt tactile vu les dernières semaines passées avec lui.

Owen avait toujours eu des réactions dérangeantes, curieuses voire bizarres avec ses proches et ceci depuis que je le connaissais. Y prêter plus d'attention que de raison n'était pas le bon chemin à emprunter. Tout à l'heure, ses lèvres sur ma peau m'avaient électrisée, étourdie mais ce n'était que des lèvres sur une peau. Le baiser d'un grand frère à sa petite sœur, un remerciement pour s'être occupé de son compagnon, d'avoir clamer la situation. Rien de plus. Il fallait que je m'en persuade.

Oui, je devais m'en auto convaincre. A cet instant, c'était leurs deux corps qui s'aimaient. Notre trio s'était effacé naturellement pour leur tandem. Leur attirance mutuelle a plus de poids que mon crush, réminiscence de mon passé d'adolescente. Un sentiment de culpabilité, fidèle amie de ma vie, s'empare de moi. Je ne suis pas quelqu'un de bien à vouloir secrètement m'interposer entre eux. J'ai honte de mes pensées. un soupir s'échappe de mes lèvres. J'agrippe mes cheveux et tire dessus espérant remettre un semblant de raison dans ma caboche .

x x x

Le lendemain, Owen a comme à son habitude disparu avant notre réveil et Théo et moi avons définitivement enterré la hache de guerre et ça fait du bien. Je prends plaisir à ce qu'il m'emmène à la Fac sous le regard d'une Léonie toujours conquise par ce grand blond aux yeux bleu ciel à la peau légèrement halé même s'il est pris,même s'il est homo.

— Arrête Léo ! Tu baves, me moqué-je.

Elle m'adresse une jolie grimace qui peine à l'enlaidir tellement elle est à croquer. La journée se passe sans heurts et nous décidons à la sortie des cours d'aller boire un verre dans un café à proximité, afin de décompresser un peu de tout ce flot de cours magistraux. Bien évidemment, Alexis nous accompagne. Il ne la quitte plus. Malgré le week-end de Léonie passé avec son chéri officiel, rien ne semble le décourager. Pourtant, il entre dans une jolie Friendzone.

Après avoir commandé des cafés et une tisane bio pour Léonie, les langues se délient et nous rions sur notre prof de marketing qui ne serait pas capable de vendre le moindre produit. Ma copine s'éclipse aux toilettes et Alexis en profite pour se glisser rapidement à mes côtés frôlant ma cuisse. Gênée, je me recule et me retrouve coincée contre le mur. J'ai soudain un sentiment d'oppression.

— Ce n'est pas trop dans ma façon de faire mais, dit-il balbutiant un peu, son regard évitant le mien, ses doigts jouant nerveusement entre eux. Est-ce que tu es avec le mec que j'ai vu ce matin ?

Ma bouche forme un O d'indignation. Ça ne lui suffit pas de mettre le couple de Léonie à mal. Il faut aussi qu'il me fasse des avances. Ce mec est écœurant. Face à ma réaction, ses yeux s'agrandissent de peur et il panique.

— Mais non, Barbara, ce n'est pas ce que tu crois, proteste-t-il. C'est que ... Enfin, bref, nous ne nous connaissons pas beaucoup, continue Alex d'une voix plus affirmée, et tu semblais plutôt en mode célibataire jeudi soir.

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