28- Un conte de fée

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Quand j'entre dans l'habitacle, une sensation de chaleur et de bienveillance m'envahit. Son sourire lumineux réchauffe mon âme et mon cœur. J'ai l'impression de ne pas l'avoir vu depuis des semaines, des mois, des années tant vivre avec Owen est intense.

Avec mon demi-frère, je n'ai pas eu le temps d'apaiser la situation que ces problèmes de santé nous sont tombés dessus. Évidemment, il veut que je n'en parle à personne. Il veut rester discret vis-à-vis de son travail. Or Amaury directement et Léonie indirectement, sont en lien avec son travail. Je n'ai donc pas pu me confier sur mes peurs et dû porter seule les siennes.

De son côté, mon copain — j'adore l'appeler ainsi — était très occupé. Plus New York approche, plus ces journées se rallongent. Je suis très fier de lui tout en étant très jalouse de son boulot. J'ai l'impression qu'il me le vole un peu.

Ces quelques jours passés ensemble vont nous faire un bien fou. Loin du quotidien. Loin de Paris. Loin de Owen.

— Alors où va-t-on ? Je suis curieuse de connaître quelle plage paradisiaque avec une piste de ski et un désert à perte de vue, tu m'emmènes, dis-je enjouée.

Ma réflexion le fait rire. Il caresse ma joue tout en gardant un œil sur la route. Cet homme sait faire deux choses à la fois. Formidable ! Il gagne des points. Comme si concernant Amaury, il y avait encore besoin de prouver son côté prince charmant. Il frôle le sans faute, la perfection.

— Je vais devoir changer mes plans, Princesse. La plage paradisiaque sera pour une prochaine fois. Ce week-end, je vais te présenter des membres de ma famille qui comptent beaucoup pour moi, m'avoue-t-il.

Sa famille ! Je reste sans voix. Nous n'avons toujours pas passé l'étape supérieure et il me présente ses parents.

Un frisson me parcoure l'échine. Vont-ils m'aimer ? Vont-ils se rendre compte que je ne mérite pas Amaury ? Je note qu'il guette ma réaction et qu'elle ne semble pas lui convenir. Devrai-je lui sauter au cou ou lui avouer que je veux m'enfuir loin ? Qu'il va enfin découvrir que je ne suis pas assez bien pour lui ?

— Désolé de te prendre de court, dit-il coupant ainsi le silence oppressant qui emplissait l'habitacle, je peux encore te prévoir un billet de train...

Je ne sais pas quoi lui répondre. Je ne suis pas ravie d'être mise devant le fait accompli car effectivement, c'est trop tôt. Nous nous connaissons à peine.

— Je pourrai faire demi-tour mais je suis crevée. Désolé, Princesse ! Je n'ai rien de mieux à te proposer, s'excuse-t-il.

Je prends enfin le temps de l'observer et je note que ses yeux accusent des cernes sombres. Il n'est pas juste fatigué. Il est exténué. Si j'ai pu bénéficier d'un bon fond de teint pour cacher mon manque de sommeil, aucun masque n'efface le violet sous ses yeux.

— Tu veux que je conduise, proposé-je en lui caressant la joue tendrement.

Mon geste le déstabilise.

— Tu n'es pas en colère ?

— En colère, non, surprise oui. Je ne m'attendais pas à une telle proposition vu que nous avons des difficultés à passer au stade supérieur, m'étonné-je.

— Au stade supérieur, répète-il avec un petit sourire au coin des lèvres. A quelle étape en sommes-nous ? C'est quoi le stade supérieur pour toi, jolie Barbara ?

Mes joues me brûlent. Cela l'amuse. Sans que j'en comprenne la raison, il quitte soudain la voie rapide et empreinte de jolies et boisées routes de campagne.

EmprisesOù les histoires vivent. Découvrez maintenant