Chapitre 17

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Aria

— Aïe, gémis-je en mettant ma main sur ma tête.

Je me retourne dans mon lit et, non attendez... J'ouvre les yeux et me redresse d'un bond ! Erreur à ne jamais faire. Putain ma tête. J'allume la lampe de ma table de chevet et ressasse les événements de la veille. Le mensonge, la fuite, la boîte de nuit, le crétin, le bai...

Arf je ne préfère même pas le dire !

Et pourtant, ça c'est produit...

Ne me le rappelle pas stp !

Mon premier baiser... Il a fallu que ce soit avec ce connard. Mais qu'est-ce qui m'a pris ?

Tu étais bourrée ! Voilà ce qui t'a pris !

Oui, bon bah ça va hein. Je suis au courant.

Les images de ce moment me reviennent en tête. Je repense à ses lèvres sur les miennes. Sa langue caressant la mienne. Ses mains sur mon corps. Sa main sur ma gorge...

Arrête !

Je sursaute en attendant mon amie, qui est clairement rien de plus que ma conscience, gueuler dans ma tête. Je ne m'étais pas rendu compte que mes doigts étaient en train de caresser ma lèvre.

Je me suis souvent imaginé mon premier baiser, mais en aucun cas ce cas de figure ne m'était passé par la tête. S'il y a bien une règle, une promesse, faite à moi même c'était bien de ne jamais fricoter avec un mafieux. Et putain encore moins lui !

Je te le ferai rappeler la prochaine fois que tu seras ivre et que tu auras la brillante idée de te jeter à son cou !

Il n'y aura pas de prochaine fois. Je ne compte pas reboire de sitôt.

Tu m'en diras tant !

Je me rappelle de tout sauf de mon retour dans ma chambre. Comment suis-je arrivée ici ? Aucune idée. Le trou noir. Est-ce que j'ai vu mon père en rentrant ? Je réalise soudain que je suis en pyjama. Je ne me rappelle même pas m'être déshabillée ! Ça y est, la panique rapplique aussitôt. Je m'assois au bord de mon lit et remarque un verre d'eau posé sur ma table de nuit avec des cachets à côté. Des antidouleurs, génial ! Mais attendez, qu'est-ce que ça fiche là ça ?

— Et merde, je râle en me levant.

Ma tête... C'est comme si un camion m'était passé dessus. Je peux encore entendre les boums boums de la musique résonner dans mon crâne.

Je prends mon portable pour regarder l'heure : 14h. Génial ! Bon bah j'ai plus qu'à prendre mon courage à deux mains et aller affronter mes parents.

Je prends une douche et m'habille en survêtement pour être à l'aise. Je me fais un chignon rapide et me brosse les dents. Mon rythme cardiaque commence à s'emballer au moment où je sors de ma chambre. Je descends les escaliers et m'arrête un instant avant de rentrer dans le séjour.

— Allez respire, me dis-je à moi-même.

C'est le moment d'assumer, Aria.

Je sais...

Tu ne pourras pas dire que je ne t'avais pas prévenu.

La ferme !

Après une grande inspiration, je m'avance, la tête haute. De toute façon, quoi que je fasse, le résultat sera pareil. Je m'attends à une sanction des plus sévères. Mon père est assis sur le canapé en train de lire le journal et ma mère en ligne, avec je ne sais qui, parlant des préparatifs pour le gala de Noël.

Ma Prison DoréeOù les histoires vivent. Découvrez maintenant