Chapitre 46

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Aria

Mes jambes battent de plus en plus vite et mes bras s'appuient, l'un après l'autre, contre l'eau pour me propulser au plus loin vers l'avant. Je reprends une respiration tous les cinq mouvements de bras. Encore deux-trois longueurs et j'ai terminé. Je ne sais même pas depuis combien de temps je suis en train de nager, mais j'en avais besoin. Les vacances scolaires sont une plaie pour moi, me ramenant à une vie prisonnière de cette villa. Une vie que j'avais avant de pouvoir aller au lycée.

Mes journées étaient monotones, dépourvues d'interactions sociales. Les seules auxquelles j'avais le droit étaient celles avec mes professeurs particuliers et mes coachs d'auto-défense. Autrement dit, que dalle !

Le peu de réconfort que j'avais était Livia, qui venait me voir régulièrement en dehors de ses cours, mais depuis quelque temps, elle ne vient que rarement. Je ne peux pas lui en vouloir, elle vit sa vie et je ne peux pas lui demander qu'elle se coupe du monde pour passer ses journées avec moi. Je ne compte pas ma famille dans le lot... ils étaient quasi absents, me laissant seule et même quand ils étaient là, c'est comme s'ils ne l'étaient pas, donc bon, ça n'a pas changé.

Les deux dernières foulées me ramènent au bord de la piscine. Je passe les bras par dessus le rebord et pose ma tête dessus, essoufflée. Le dôme de la piscine permet de me cacher du vent et le chauffage intégré est une aubaine. J'ai horreur du froid, frileuse comme pas permis, je refuse de mettre un pied dedans si celle-ci n'est pas à 30° minimum.

Je m'éloigne du bord et me positionne en mode étoile, la tête posée sur l'eau, les oreilles immergées afin de me couper des potentiels bruits extérieurs. Je profite de ce laps de temps pour faire le tri dans ma tête.

Deux jours depuis l'interaction avec mon père. Je n'ai parlé à personne depuis, hormis Maria. Mon père ne fait que des aller-retours dans la maison, ma mère est trop occupée à se pavaner avec ses groupies et mon frère... Pff, je vois qu'il veut faire le premier pas, mais mon regard en dit long sur une éventuelle approche. J'ai la chance d'avoir mes amies pour m'aider à passer le temps, même si ce n'est que par messages et appels.

Je n'ai pas arrêté de penser à ce M. Moretti. Cet homme ne m'inspire rien de bon et, même si ça a été court, ma première impression me dit de me méfier. Je me dis que si le père est comme ça, je n'imagine pas son fils...

Pas de nouvelle de Masson non plus. Maintenant que j'y repense, vu qu'il était chargé de ma sécurité ce soir-là, je me demande s'il savait qui il était quand il est intervenu au moment où ce pervers à voulu toucher le collier que je portais ? Faut que je lui pose la question.

Ce connard fait comme à son habitude, il m'ignore après un rapprochement. Sauf que cette fois, c'était différent. Tout ce qu'il s'est passé... La manière dont il a agi avec moi... Ce qu'il m'a dit... Pourquoi est-ce que ses paroles résonnent en moi comme une mélodie ?

Tu te fais des films ma belle. Tu n'es qu'une simple fille pour lui, rien de plus...

Putain, mais qu'est-ce qui m'arrive ? Pourquoi ça m'atteint autant ? Je ne dois pas, il ne faut pas que je m'attache. Le plan était pourtant simple : le faire craquer et coucher avec lui. Alors pourquoi diable c'est aussi compliqué ?

C'est un mec bon-sang. Il ne devrait pas avoir autant de résistance et surtout pas quand je me pointe à poil dans sa douche. Je l'excite, je l'ai vu, je l'ai senti. Alors pourquoi ? ça doit être à cause de mon père, je ne vois que ça. Il a peur de quoi sérieux ? C'est pas comme si j'étais assez conne pour lui balancer.

Pff, ce serait tellement plus simple si je n'avais pas été en vacances. Qu'est-ce que je peux faire ici ? Chauffer un des gardes de mon père ? Aucun n'aurait les couilles de lui désobéir. Je vais devoir attendre la fin des vacances et espérer soudoyer un mec du lycée.

Ma Prison DoréeOù les histoires vivent. Découvrez maintenant