chapitre 54

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🎼 Demi Lovato – Warrior

Aria

Des mains viennent s'agripper à mes cheveux et soulèvent ma tête. La douleur me tire de mon état semi-conscient en gémissant. J'ai l'impression que je suis assise, mais je n'en suis pas sûre. Je réussis péniblement à ouvrir les yeux, pas entièrement, mais assez pour distinguer ce qui se déroule devant moi.

— Fait attention à son maquillage, je n'aurai pas le temps de lui refaire, met en garde une femme.

L'homme en face de moi me regarde avec haine.

— Tu te souviens de moi, salope ?

J'essaie de bien le regarder, mais ma vision reste encore floue et mes pupilles peinent à rester ouvertes, si bien qu'elles alternent entre s'ouvrir et se refermer. Je m'attarde sur son visage : ses yeux marron, ses cheveux noirs. Rien ne me revient. Je ne me souviens pas de lui. Il se rapproche un peu plus de mon visage, ce qui me permet de voir d'autres détails : un tatouage sur sa gorge, une cicatrice sur sa joue et du sang sur son nez. Son nez... C'est lui, celui à qui j'aurais cassé le nez.

— Si personne ne t'achète, je me ferais un plaisir de m'occuper de toi, susurre-t-il avant de faire glisser sa langue sur le côté de ma mâchoire jusqu'à mon oreille.

La nausée monte et j'ai un haut le cœur.

— Fait la boire, ordonne-t-il à la femme.

Elle vient avec un gobelet et le porte à mes lèvres et, avec le peu de force que j'ai, je réussi à lever mes mains pour le faire basculer. Il se renverse par terre. Il est hors de question qu'ils me droguent encore une fois. Une gifle vient s'abattre sur ma joue, me faisant basculer sur le côté. J'essaie de me redresser, mais je n'y parviens pas, la drogue est encore bien trop présente dans mon organisme et me maintient sous son emprise.

Un cri de douleur se fait entendre dans la pièce.

— Combien de fois je vous ai dit de ne pas toucher au visage, bordel de merde, réprimande un homme les dents sérrées, à celui qui vient de me gifler. La prochaine fois, tu finiras au fond de la mer, tu m'entends ?

Je n'ai donc pas rêvé quand j'ai entendu le bruit de l'eau. Au fond de la mer. Je... Je suis sur un bateau ?

— Va nettoyer ton nez et monte rejoindre la salle des invités, ajoute l'homme d'un ton calme. Va montrer à Moretti les modèles, il attend en haut.

J'ai bien entendu ? À moins que mon ouïe ait été endommagée, mais je suis sûre qu'il a dit Moretti. Comment est-ce possible que ce gros pervers qui travaille avec mon père soit impliqué ?

— Père ou fils ?

— Fils, il veut une fille et il est prêt à dépenser sans compter, donc va le satisfaire.

Fils...

— Je m'en occupe, patron.

Je me fais redresser par quelqu'un, mais mes yeux ne s'ouvrent plus, donc je ne peux pas voir à quoi ressemble ce "patron". J'ai du mal à me tenir assise, ses mains prennent mon visage en coupe afin de maintenir ma tête droite, mais je me sens glisser. Je n'arrive même pas à maintenir mon propre corps !

Je vais sûrement mourir. Si ce n'est pas à cause de la drogue dans mon organisme, ce sera à cause de l'homme qui m'achètera.

— Elle est magnifique, tu as fait du bon boulot. Elle va nous rapporter gros.

Ma Prison DoréeOù les histoires vivent. Découvrez maintenant