Chapitre 46

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#Léane

Au réveil, après une nuit agitée, j'ai fait le point sur ma situation. Elle n'est pas brillante. Un inconnu qui prétend être mon père me retient prisonnière dans son appartement et désire se servir de moi comme monnaie d'échange.

Il a refusé de s'expliquer davantage. Bien que les conditions de ma captivité soient excellentes par ailleurs, ce refus de me dire avec exactitude ses intentions réelles m'angoisse profondément.

Je ne me connais pas grand chose de ma vie. Ma vie a toujours été sans histoires. Pourquoi fait-il tout cela ?

Et ce qui me mine encore bien plus, c'est le sentiment d'être emprisonnée, de ne pas pouvoir contrôler mes actions. D'être totalement dépendante de mon ravisseur. Je ne supporte pas qu'on entrave ma liberté.

En admettant même qu'il ne me mente pas sur le fait qu'il soit mon père (une simple hypothèse), je trouve inadmissible sa volonté de me tenir à l'écart de ma mère.

Hier, je n'ai rien dit. J'étais déboussolée. L'enlèvement et la découverte de ma séquestration m'avaient secoué. Je n'étais pas en pleine possession de mes moyens. Mais aujourd'hui, ça va mieux. Je ne me laisserai pas faire aussi facilement, il faut qu'il me fournisse des explications.

*
*

La veille, il m'avait fait visiter ma prison et présenté au personnel. Un homme et une femme. La dame semblait être gentille, j'espérais qu'elle puisse m'aider à me sortir de ce gouffre.

Quand elle m'a apporté mon petit-déjeuner, je lui ai demandé négligemment si mon geôlier était déjà levé.

- Monsieur est parti de très bonne heure ce matin.

- Et il reviendra à quelle heure ?

- Je ne sais pas, madame.

Décidément, c'est une manie chez lui de ne rien dire à personne !

Après une douche express, je me suis rendue à la piscine. Quelques longueurs de bassin me feront le plus grand bien. En passant dans le hall, j'ai essayé d'ouvrir la porte à double battant qui donnait sur l'extérieur.

On ne sait jamais, le système de sécurité n'a peut-être pas été rebranché après son départ. Un oubli, ça arrive à tout le monde. Mais les verrous étaient en place, la porte ne s'ouvrait pas. En me retournant pour me diriger vers l'ascenseur, j'ai découvert la femme de ménage qui m'observait. Gênée, j'ai cherché une excuse plausible dans ma tête, mais elle m'a devancé :

- C'est inutile, madame. Toutes les issues se bloquent automatiquement.

Me dit-elle d'une voix douce.

Puis elle s'en est allée.

J'ai compris que j'étais surveillé en permanence. Ils le faisaient de manière discrète. Ça n'allait pas me simplifier la tâche. Il va falloir que je sois prudente si je veux trouver un moyen de sortir d'ici.

Au bout d'une demi-heure de natation, je suis montée sur la terrasse. Le soleil de septembre illuminait les toits. De la terrasse, comme je l'avais remarqué la veille, il n'y avait aucune possibilité d'alerter qui que ce soit.

L'exercice m'ayant vidée, je me suis écroulée sur un transat lorsque mon second gardien a débouché de l'ascenseur.

- Est-ce que Madame préfère du poisson ou de la viande pour son déjeuner ?

Difficile de les détester alors qu'ils se montraient aussi prévenants l'un que l'autre...

*
*

Un peu plus tard, en me dirigeant vers la bibliothèque, j'ai scruté les recoins dans l'espoir de dénicher quelque chose, n'importe quoi, qui me renseignerait sur l'identité de mon ravisseur.

Rien.

J'ai ouvert quelques portes, j'ai jetté un coup d'œil rapide. Les pièces étaient vides, luxueusement meublées, avec toujours ce même goût très sûr, mais on dirait que personne ne les occupait.

priori, je ne voyais rien qui puisse me venir en aide. Cependant, je n'osais pas fouiller à cause du couple qui était tout le temps aux aguets. Peut-être était-ils à l'affût quelque part. En train d'épier le moindre de mes gestes.

Qui sait ?!...

Les tapis étaient tellement épais qu'ils étouffaient le bruit des pas. En outre, le silence qui régnait dans l'appartement me mettais mal à l'aise.

*
*

Au déjeuner, le repas qu'elle m'a servi était si succulent que je n'ai pu m'empêcher de la féliciter. J'en ai rajouté même histoire de faire appel à sa sympathie, on ne sait jamais !

Elle a accueilli mes compliments avec un sourire poli, mais est restée toujours aussi distante. Elle répondait de façon évasive à mes questions ou se refermait comme une huître dès que celles-ci s'orientaient vers des sujets brûlants du genre:

"Combien de temps va durer ma réclusion par exemple ou est-ce qu'il y a longtemps qu'elle travaille pour mon kidnappeur ? "

Je n'essaierai plus de la faire parler. C'etait inutile.

En soirée, il a débarqué enfin et à première vue, j'ai réalisé qu'il se passerait quelque chose de différent ce soir.

Klaus: Comment s'est passée ta journée !?

Moi: Elle aurait été meilleure si j'étais libre de mes mouvements.

Il a esquissé un sourire espiègle.

Klaus: Tu veux bouger ? Ça tombe bien, je vais t'emmener quelque part ce soir !

J'ai pris peur et mon coeur s'est mis à battre de manière effrénée dans ma poitrine.

Obligation Immorale Où les histoires vivent. Découvrez maintenant