Quelques minutes après, une infirmière s'est approchée de nous.
_ Madame Bell ?
_ Oui ?! Vous avez du nouveau concernant mon époux ?
Elle a affiché un air accablé et m'a annoncé la triste nouvelle après.
_ Nonnnnn, comment est-ce possible ?
J'ai éclaté en sanglots face à cette nouvelle inattendue.
_ Veuillez me suivre, s'il vous plaît !
Elle s'est mise à marcher et j'ai été dans l'obligation de faire de même. Mes larmes obstruaient ma vue, m'empêchant de voir correctement. J'ai sorti un mouchoir de mon sac à main et j'ai essuyé mes larmes.
....
#Ruby
Je n'arrivais pas à croire que mon père soit parti de manière brutale. J'étais abattue. Qu'est-ce que j'allais devenir ? Et dire que tout ça était de la faute de ma belle-mère. Elle l'a trahi, et face au choc, son cœur n'a pas supporté la nouvelle.
Je me retrouvais désormais seule au monde. C'était dur, et le fait de n'avoir personne sur qui m'appuyer m'a dévastée.
Plus tard, lorsque son corps a été mis à la morgue, je suis retournée à la maison. À peine entrée, je n'arrivais pas à avancer. Tout ici me rappelait mon père. Je pleurais en contemplant son portrait quand j'ai entendu des voix s'élever près de moi.
Je me suis retournée directement et j'ai croisé le regard de ma belle-mère et de sa fille.
Catherine : Qu'est-ce que tu fais encore ici ?
Moi : Pardon ? Tu es folle ou quoi ? Cette maison m'appartient, c'est vous qui devez vous en aller.
Elle a souri faiblement et, la seconde d'après, elle a fait signe au majordome. Dès qu'il est venu, elle lui a demandé de me mettre à la porte. Il s'est approché de moi et a tendu les bras pour m'arrêter.
Moi : Ne me touchez pas !!!
M'exclamai-je avec dédain.
Léane : Cesse de nous faire perdre le temps, papa est mort désormais. Tu n'as plus ta place ici.
Moi : Cette maison m'appartient, elle a appartenu à ma mère et désormais elle est la mienne.
Dis-je avec autorité.
Catherine : Tu le dis si bien, mais as-tu au moins des documents qui l'attestent ?
Moi : ....
J'étais censée rencontrer le notaire, mais j'avais repoussé notre rendez-vous, croyant avoir du temps. Comment aurais-je pu savoir que mon père allait mourir ?
J'ai laissé échapper quelques gouttes de larmes.
Catherine : C'est bien ce que je pensais. Beaucoup de bavardages inutiles. En tant qu'épouse légitime de ton père, j'ai le droit de te foutre à la porte de ce manoir. Mettez-la dehors tout de suite et que je ne revoie plus jamais ses pieds ici !!!
Il m'a saisi le bras et m'a traînée vers la sortie.
Moi : Tu es un monstre sans cœur, Catherine. À cause de toi, j'ai perdu mes parents, mais crois-moi, tu vas me le payer.
Catherine : Une petite orpheline sans pouvoir !!! Que peux-tu bien me faire ? Tu n'es rien, mets-toi cela dans le crâne dès aujourd'hui.
Moi : Je te hais !!! Sois maudite...
Je hurlais pendant que le majordome me chassait du manoir comme une malpropre.
Comment ma vie avait-elle pu être aussi misérable ? Pendant plusieurs heures, j'ai vagabondé dans les rues sans savoir où aller, et lorsque la pluie s'est abattue sur moi, cela a juste été le couronnement de cette journée merdique.
Assise sur un banc public en pleine rue, j'observais les passants se précipiter vers des abris sans vraiment leur prêter attention, tant mon âme était vide.
Quelques instants après, des phares aveuglants se sont braqués sur moi et un véhicule de marque s'est arrêté.
La vitre arrière s'est baissée...
_ Monte !
C'est tout ce que j'ai entendu, pourtant cette voix seule a suffi à créer le désastre dans mon fort intérieur.
Vivre ou mourir ?
Cette question m'a traversé l'esprit pendant que j'observais le véhicule d'un air vide.
La portière du véhicule s'est ouverte et un homme en est sorti. Il était grand, avec une carrure imposante. Son aura m'a donné des frissons.
John : Qu'est-ce que tu attends ?
Dit-il en me tendant la main.
Les gouttes de pluie se répandaient sur nous. Voyant cela, il a ôté sa veste et m'a couverte pour me protéger du froid.
John : Ruby Bell, n'aie pas peur de me suivre !!!
J'ai sursauté quand je l'ai entendu prononcer mon nom. Il semblait bien me connaître, pourtant je pouvais jurer ne jamais l'avoir rencontré.
Moi : Qui êtes-vous ?
Il a souri et son visage a changé d'expression.
John : Je m'appelle John Lewis.
Moi : Désolée, mais je ne vous connais pas !
John : J'ai appris ce qui est arrivé à ton père.
Ses propos ont attiré mon attention.
Moi : Comment connaissez-vous mon père ? Qui êtes-vous au juste ?
J'avais soudainement peur. Je le regardais pendant que les gouttes de pluie se répandaient sur sa chemise blanche.
John : Pose-moi les bonnes questions et je te répondrai.
Me dit-il d'un air serein.
