Plus tard.
J'ai quitté le manoir en compagnie de mon père. Nous nous sommes rendus au cimetière et j'ai pu poser mes yeux à nouveau sur la tombe de ma mère. La douleur m'a envahie et, de manière involontaire, je me suis mise à pleurer.
Collins : Je sais qu'elle te manque énormément... sois forte, princesse !
Il faisait tout pour me consoler mais je n'arrivais pas à ôter les dernières images que j'avais d'elle dans mon esprit.
Je me suis agenouillée par la suite devant son tombeau et j'ai extériorisé ma rage. Tout ce qui me venait à l'esprit a été évacué. J'ai mis un bon bout de temps dans cette position et lorsque mon père m'a fait signe, je me suis relevée pour le rejoindre.
Collins : Il faut qu'on y aille !
Moi : D'accord.
Je suis allée dire au revoir à ma mère avant de prendre place, quelques instants après, à l'intérieur du véhicule de mon père. Il m'a déposée au manoir bien après, avant de se rendre au sein des Entreprises Bell.
À mon retour, je suis allée m'enfermer dans ma chambre et j'y ai passé toute la journée. Au retour de mon père en soirée, je me suis rendue dans la salle à manger pour prendre part au dîner.
L'atmosphère était électrique, ma belle-mère n'avait pas encore pu encaisser mon geste du matin. De temps en temps, elle me lançait des regards sombres que j'essayais d'ignorer.
Ce calme apparent qui régnait dans la pièce se rompit quand mon père prit la parole.
Collins : J'ai pensé à organiser une fête la semaine prochaine pour célébrer le retour de ma fille et je voudrais qu'à travers cela chacun de nous se sente concerné. Nous sommes une famille dorénavant et même si par le passé nous avons eu des situations conflictuelles, je souhaite que nous enterrions la hache de guerre pour avancer ensemble et surtout dans la même direction.
Je lève la tête au même instant pour chercher le regard de ma belle-mère.
— Je savais...
Cette nouvelle la rendit livide.
Catherine : Pourquoi organiser une fête et gaspiller de l'argent inutilement ?
Collins : Gaspiller, dis-tu ? C'est terrible que de tels propos sortent de ta bouche maintenant. J'aurais aimé que tu le dises quand notre fille se met à faire des achats compulsifs et démesurés.
Catherine : Ça n'a rien à voir avec ça !
Collins : C'est différent, tu trouves ? Le mois dernier, combien a-t-elle volatilisé uniquement pour sa garde-robe ?
Elle ne répondit pas, son attitude m'amuse.
Moi : Papa, je ne pense pas que ce soit nécessaire, tu sais.
Collins : Fais-moi confiance ma fille, je le fais pour ton bien !
Moi : Dans ce cas, je vais te suivre tout simplement.
Ma demi-sœur s'offusque.
Léane : C'est injuste papa, depuis qu'elle est rentrée tout tourne autour d'elle.
Collins : Il s'agit de ta sœur, et n'oublie pas que les années précédentes tu étais l'unique centre d'attention dans cette maison. Un peu de changement ne fait pas de mal.
Je pouffe.
Léane : Hum.
Elle ne dit plus mot mais son visage, qui est de nature assez expressif, nous démontre qu'elle est véritablement furieuse.
De mon côté, je les observe à distance. Mon père veut se racheter, c'est une bonne chose et vu l'effet que cela a sur ma marâtre et sa fille, je suis aux anges.
.....
Le jour d'après
#Catherine
Depuis l'annonce de mon époux, je suis dans un état instable. J'ai passé une nuit blanche à réfléchir aux divers moyens que je pouvais mettre en place pour me débarrasser d'elle définitivement.
N'ayant rien trouvé de suffisamment crédible, j'ai ressenti la tension sur tout le corps ; du coup, après le départ de mon époux ce matin j'ai fait signe à mon amant pour qu'on se rencontre dans un hôtel un peu discret afin qu'il puisse m'aider à me détendre.
On a fait l'amour à plusieurs reprises et ses mains douces et délicates ont pu me calmer. Je me suis détendue et j'ai profité de notre petit moment à deux. Plus tard, lorsqu'on a terminé nos ébats, j'ai décidé de lui faire part de la situation afin qu'il me donne son avis.
Victor : Je pense que tu devrais baisser la garde et faire profil bas.
Ses propos m'ont irritée ; je me suis relevée brusquement pour le fixer d'un air ahuri.
Moi : De quel côté es-tu ?
Victor : Laisse-moi t'expliquer avant de t'enflammer.
Moi : Vas-y !
Dis-je en croisant les bras.
Victor : Fais tout pour rendre la soirée exceptionnelle et, quand elle s'y attendra le moins, tu frappes où ça fait mal. Ça fera en sorte que son père se ligue contre elle et si elle n'a plus son soutien tu seras libre d'agir à ta guise.
Moi : Ohhhhhhh Victor, tu es un génie !!!
M'exclamai-je en le prenant dans mes bras.
Il venait de me donner une idée incroyable. J'avais hâte de l'exécuter et de voir la chute de cette petite garce.
