Mercredi 25 Septembre 2024.
— Bip...commotion...vingt-quatre heures...repos...surveiller...
[...]
— Risque...doucement...incertain...sécurité...
Amaël. Amaël. Amaël.
Mes paupières, affreusement lourdes, tentent de se soulever avec peine. Une main...non, deux, autour de la mienne.
Je parviens à ouvrir les yeux. Mes oreilles bourdonnent. Je vois d'abord un plafond blanc, je tourne la tête pour voir Amaël. Son visage est blême, ses yeux rouges et brillants. Une douleur aiguë se répand dans mon corps, ma clavicule me fait soudain très mal. Mais c'est sur mon amoureux que toute mon attention se porte. Je lui ai fait peur. Il a dû avoir tellement peur.
— Dès que tu auras récupéré ton téléphone, tu me mets directement dans tes contacts d'urgence, articule-t-il.
La bouche sèche, je me débrouille pour lui répondre.
— J'ai cru que t'étais mort, s'emporte-t-il brusquement. J'ai cru que quelqu'un t'avait enlevé. J'ai cru que je te reverrais jamais.
— Amaël, chuchoté-je faiblement, sentant mes yeux se remplir de larmes.
Je réalise seulement que j'ai le bras en écharpe.
— Ils m'ont dit...ils...ils m'ont dit que je devais me préparer à ce que tu ne me reconnaisses plus, dit Amaël avant de fondre en larmes.
Je tends mon bras valide vers lui. Il se précipite, se glissant à côté de moi dans le lit. Je le serre du mieux que je peux, écoutant ses sanglots déchirants. Mon cœur résonne dans ma tête douloureuse. Mon amoureux se cramponne à moi, je caresse faiblement son dos.
— Je suis là, murmuré-je. Je te reconnais. Je suis désolé. Pardon, mon ange. Je suis là.
— J'ai eu tellement peur, Zaven. Je savais pas où t'étais.
Amaël tremble terriblement fort, accroché à moi. Je culpabilise qu'il ait dû me chercher, de ne pas avoir pensé à mettre son numéro en contact d'urgence. Je culpabilise tellement fort, j'ai peur d'avoir tout cassé.
— Pardon, chuchoté-je, les yeux humides. Je suis tellement désolé. Pardon Amaëlou. Vraiment. Pardon.
— Chuuut...Tu vas bien, c'est le principal.
Mon amoureux se redresse en essuyant ses larmes. Paniqué à l'idée de le voir s'éloigner, je resserre mon bras valide autour de sa taille fine.
— Reste...le mot s'échappe de ma bouche.
— Tu peux m'expliquer ce qui s'est passé ? Ils ne savaient pas.
Il s'installe confortablement contre moi, ce qui me rassure. J'ai besoin de lui.
— Un vélo m'a heurté. Je me rappelle être tombé, ma tête a cogné le sol. Et c'était tout noir. Je me rappelle seulement du bruit des sirènes, après. Et d'avoir entendu ta voix puis de m'être réveillé. Qu'est ce que j'ai ?
Amaël embrasse ma joue et mes yeux ne sont plus capables de retenir mes larmes. Je ferme les paupières dans une tentative de les contenir.
— Tu peux pas dormir pendant vingt-quatre heures, signaler si tu as la nausée...possible commotion, et ils ont dû t'opérer car tu as la clavicule cassée. Ta tête a cogné très fort.
Amaël a vraiment eu peur, étant donné ses longues phrases. Il parle rarement autant. Je rouvre les yeux. Mon bras en écharpe m'énerve, je veux faire des câlins a mon amoureux.
— Tu vas devoir rentrer à l'appartement ? osé-je demander.
J'ai peur de me retrouver seul ici. Je déteste être seul, à cause de mon père.
— Sam va passer prendre la clé pour s'occuper de Oups. Je reste avec toi. Tu dois pas dormir, donc j'ai le droit. Je dois te surveiller, termine-t-il avec un petit sourire.
Son premier sourire depuis mon réveil.
Je pleure encore plus, je me blottis contre Amaël. J'ai mal. Vraiment très mal. J'ai besoin de mon amoureux. J'ai eu si peur en sentant ce vélo me heurter, j'ai eu si peur en tombant sur le sol, j'ai eu si peur en commençant a être trop sonné pour voir quelque chose. J'ai eu peur de ne jamais revoir Amaël. J'ai eu peur de l'abandonner sans le vouloir et sans pouvoir rien faire.
Les bras d'Amaël me serrent fort, je sanglote contre lui. Je pleure autant de peur que de regrets. La douleur de ma clavicule me coupe presque le souffle, et Amaël m'explique que je n'ai que très peu d'antidouleurs à cause de ma tête.
— Je suis tellement désolé, je galère à dire. Pardon, tu seras toujours mon contact d'urgence maintenant. J'ai eu peur de pas te revoir, j'ai cru que j'allais mourir sans t'avoir assez dit que je t'aimais, sans avoir pu t'embrasser assez, sans t'avoir rassuré assez.
— Chut, mon chat. C'est fini, tout va bien. On est là, tous les deux, tu vas guérir et tout ira bien. Je t'aime. Ça va.
— Je t'aime, je t'aime tellement purée Amaël.
Nous restons installés tous deux dans le lit, à se dire que l'on s'aime, pendant de longues minutes. Je me calme enfin, et un infirmier entre pour faire quelques examens.
Il en conclut qu'il pense que je pourrais finalement dormir, et décide d'appeler un médecin pour qu'il vérifie. Le médecin arrive, une dizaine de minutes plus tard, et il m'examine. Amaël n'a même pas à bouger, il reste installé contre moi, caressant discrètement mon bras pour me rassurer.
— Je repasserai vers vingt-deux heures pour vérifier à nouveau, ne dormez pas en attendant, mais je pense qu'après ça sera bon, explique le médecin au bout de plusieurs minutes.
Je hoche la tête, geste que je regrette immédiatement. Une douleur se répand dans mon crâne.
— Vous pouvez boire un peu d'eau en présence d'un infirmier ou d'une infirmière, mais pas manger.
Cette fois, je ne reproduis pas mon erreur et réponds à voix haute. Le médecin s'en va, je tourne délicatement et lentement la tête vers mon amoureux, tend ma main fonctionnelle vers ses cheveux longs, glisse mes doigts entre les mèches, et lui indique, par mes gestes, de s'approcher de moi. Je l'embrasse, je relâche péniblement la pression comprimée dans mon coeur. Je me réconforte, me rassure.
Je recule, Amaël reprend brutalement le baiser, et je sens ses larmes rouler de sa peau à la mienne. Lui aussi en avait besoin, visiblement. Nous en avons tous deux besoin.
Il se détache lentement de moi, je déplace ma main afin d'essuyer ses larmes. Il m'offre un doux sourire, et mon coeur explose de joie et de soulagement dans ma poitrine.
VOUS LISEZ
Dernier acte
RomanceUne université, deux groupes qui se rejoignent. Trois couples différents. SUITE DE CINQ ACTES ET DE LAST NIGHT !
