Chapitre 54- Zaven.

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Mardi 01 Octobre 2024.

Amaël, je sais que c'est dur. Mais je suis là. Laisse-moi t'aider. Je te lâche pas, je suis avec toi. Suis ma respiration, si tu veux.

Terrifié, le blond secoue la tête. Je n'ai pas lâché ses poignets, mais je vois et je comprends bien qu'il veut que je le fasse. A contre coeur, j'ouvre doucement ma main.

Je suis désolé, murmure-t-il. Je veux voir un psy. Et arrêter de te réveiller la nuit.

Je t'y accompagnerai, si tu veux. Je suis très fier de toi, Amaël.

Moi, ça va. Je m'en fiche d'être réveillé la nuit. Mais j'ai peur pour Amaël, ce qu'il vit semble tellement invivable. Je n'ose pas me dire que avant c'était pire, et qu'il était seul face à cela.

Je contracte la mâchoire. Il faut que je laisse Amaël revenir vers moi tout seul, autrement il continuera à paniquer et à me fuir. Je repousse la couverture avec lenteur, peu certain de ce que je suis en train de faire.

Tu as besoin d'être seul ? je demande tout de même d'une petite voix.

Il hoche la tête. Et même si ça, ça me fait mal au cœur, je m'efforce de ne pas le montrer pour ne pas qu'il se sente encore plus mal. Il n'y peut rien, si ses cauchemars lui font aussi mal.

Viens me retrouver dans la cuisine, quand tu veux. Je t'attends.

Je m'assois sur le sol, contre le frigo. Mon ventre se contracte douloureusement, mais je comprends que je ne peux pas tout faire pour aider Amaël. Je l'aide, mais il a besoin d'une aide plus poussée que celle que je suis capable de lui apporter. Je pense qu'il le comprend, lui aussi. Je continuerai toujours à l'aider, mais je ne peux pas le faire seul, à mon plus grand regret. Les traumatismes de mon amoureux sont trop ancrés en lui pour que seul l'amour que je lui porte puisse le soigner totalement.

J'attends un moment qui me semble durer des heures, dans le silence le plus total. Un silence si brutal que mes oreilles en bourdonnent.

Les minutes passent, la douleur dans mon ventre ne faiblit pas, comme s'il était rempli de cailloux.

Soudain, un petit bruit de déplacement se fait entendre, provenant de la chambre. Je retiens mon souffle, le cœur battant. Amaël vient s'asseoir à côté de moi, posant la joue sur mon épaule. Je ferme les yeux, mon organe vital pète un câble dans ma poitrine.

Pardon, commence-t-il. Je sais que c'est ma peur qui se manifeste, mais je ne peux pas m'empêcher d'avoir peur de te faire partir.

Ça n'arrivera pas. Moi, j'ai peur pour toi. Je te laisserai jamais seul face à tout ça. T'as déjà trop subi tout seul. Puis moi aussi, j'ai besoin de toi. Je m'étais jamais senti totalement vivant avant toi. Je t'aime, on va affronter ça ensemble, d'accord ?

Amaël glisse sa main dans la mienne. Mon ventre se détend un peu. Je laisse mon poids être totalement soutenu par lui, il ne bronche pas. Il lève ma main à hauteur de son visage pour déposer de légers baisers sur ma peau qui réchauffent mon cœur.

Tu veux bien m'expliquer pourquoi ça va pas, en ce moment ? Il y a des choses que je sais pas ou que t'oses pas me dire par peur de me déranger ?

Ouch. Mon ventre me punit déjà pour avoir posé cette question, craignant la réponse. Je me crispe contre mon amoureux, me maudissant d'avoir posé la question.

J'ai peut-être minimisé le stress que les contrôles me provoquent, et puis il y a eu ton accident. C'est tout. Je te cache rien, promis.

Les longues phrases qu'il fait me prouvent qu'il est soucieux de me rassurer. Mon ventre cesse immédiatement de me torturer, je continue à m'appuyer contre lui.

Je vais me faire aider, déclare le blond. Ça va aller. Tu peux pas tout faire, mais j'espérais que si, parce que j'avais trop peur de me retrouver face à mes peurs devant un inconnu. Mais il le faut, je veux plus t'inquiéter comme ça. Je t'aime. Merci, mon chat.

Je hoche doucement la tête. Un frisson dégringole le long de mon dos, provoqué par le soulagement que je ressens et le froid qui m'entoure et que je réalise seulement. Je soupire, me collant à Amaël pour ressentir sa chaleur.

T'as froid, constate-t-il. Pardon. On retourne au lit ?

Je sais pas si toi t'es fatigué, mais je n'arriverai pas à dormir maintenant. Tu veux regarder un film ?

Nous retournons dans la chambre et j'installe mon ordinateur sur le lit. Amaël se blottit contre moi, il s'accroche à mon corps tel un koala. Je me contorsionne pour déposer des baisers sur son front. Je me doute bien que le chemin sera long pour qu'il aille mieux, mais qu'il comprenne qu'il a vraiment besoin d'aide est déjà une grande avancée. Je suis si fier de lui.

Je lance un film un peu au hasard. Je n'ai pas vraiment envie de regarder quelque chose, seulement d'occuper un peu mon esprit. Mon amoureux s'endort très rapidement, totalement agrippé à moi. Quant à moi, je vais jusqu'au bout. Il est vraiment tard maintenant, presque cinq heures du matin. Bon, il est tôt.

Je referme mon ordinateur et dépose un baiser sur les cheveux blonds d'Amaël. J'ai confiance en lui, je sais qu'il va y arriver, et je serai là pour le soutenir à chaque seconde.

Je ferme les yeux. Je n'ai pas vraiment sommeil, j'écoute un petit moment la respiration tranquille et enfin apaisée du blond. On va y arriver ensemble. Il a surmonté la mort d'Abby, il est capable de tout. Je crois en lui.

Je m'endors enfin, bien décidé à ne pas défaire mon étreinte sur mon amoureux de toute la nuit. 

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