Chapitre 49- Amaël.

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Jeudi 26 Septembre 2024.

Demain, Zaven pourra enfin sortir de l'hôpital. Demain matin. Mais ce soir, je dois dormir seul à l'appartement. Et j'angoisse. Beaucoup. Pour ne pas dire totalement. Heureusement, Oups est là. J'espère qu'il ne me fera pas la tête.

Je rentre à pas lents, inquiet. J'aurais aimé rester avec Zaven, je n'ai pas dormi sans lui depuis...depuis les deux nuits à la fin des vacances, l'année dernière. Cela fait plus d'un an, je crois, que je n'ai pas dormi seul.

Heureusement, Zaven a récupéré son téléphone. Demain sa mère vient, pour le chercher à l'hôpital, le ramener à l'appartement et passer un peu de temps avec nous. Elle a pris une chambre d'hôtel, ce soir, car nous n'avons pas de salon. Elle repartira dans l'après-midi, demain.

J'ai hâte que Zaven revienne. Je ne suis pas allé en cours, aujourd'hui, et je ne vais pas y aller demain. La clavicule, la tête et les nombreux hématomes de mon amoureux le bloquent dans un certain nombre de mouvements, et j'ai donc une justification pour rester m'occuper de lui.

Il pourra normalement reprendre bientôt les cours, et moi, j'y retourne lundi. J'espère que les autres voudront bien manger avec moi même si Zaven n'est pas là...

Évidemment, il ne fera pas de danse pendant un moment. Il m'a confié avoir peur de perdre son niveau.

Oups m'accueille avec un miaulement joyeux lorsque je passe la porte. Je m'assois sur le sol, à côté de lui.

T'as intérêt à faire fuir mes cauchemars comme Zaven, le menacé-je avec un demi-sourire.

Miaou, répond Oups en clignant des yeux.

Je sais, tu veux des croquettes.

Je me relève en soupirant et vais remplir sa gamelle. Tout content, il se dépêche d'aller engloutir ses croquettes. Il a sûrement peur qu'elles se sauvent.

Comme il est déjà tard, je mange simplement du riz, je prends ma douche et je vais me blottir dans mon lit qui est désagréablement grand. Oups, cet ingrat, est dans la cuisine.

Moi : Tu me manques, vivement demain.

Zaven le plus beau ❤️: Oh. Papillons. Je m'y attendais pas. Je t'aime, mon ange.

Moi : Moi aussi, je t'aime.

Je réalise que, comme je dormais avec Abby et que je dors avec Zaven, je n'ai même pas de doudou. Et ça me manque affreusement. Je me relève, vole un pull de Zaven et vaporise son parfum mentholé dessus. Je me réinstalle dans le lit, le pull dans les bras.

Zaven le plus beau ❤️: Une seule nuit, Amaëlou, courage. Tu peux le faire, je crois en toi.

Mon cœur se liquéfie, je lui réponds que je suis fier de lui. Lui aussi, il est tout seul. D'habitude, il se colle à moi toute la nuit. J'ai tendance à oublier que je suis son copain autant qu'il est le mien.

Moi : Vivement demain.

Zaven le plus beau ❤️: Oui, vraiment. Tu me manques.

Je baille lourdement. Je signale à Zaven mon état de fatigue, nous nous souhaitons alors une bonne nuit et je pose mon téléphone. Si je dors vite, nous serons plus rapidement demain.

Le nez contre le pull de mon amoureux, je m'allonge sur le côté et ferme les yeux. L'odeur de menthe emplit mes poumons, les battements de mon coeur s'apaisent légèrement.

D'un côté, je suis fier de réussir à rester seul comme cela. Mon anxiété s'étend partout, concernant également ma sécurité. Je pensais me sentir en sécurité chez moi ou avec Abby : mais en rencontrant Zaven, j'ai compris que c'était avec lui que je me sentais en sécurité, dans ses bras que ma méfiance s'envolait, contre son cœur que le mien se reposait enfin.

Presque sans m'en rendre compte, je m'endors, l'esprit tranquillisé par la réalisation du chemin que j'ai parcouru, par les obstacles que j'ai réussi à franchir et par les efforts que j'ai accomplis.

Vendredi 27 Septembre 2024.

Allez vous installer pendant que je prépare le repas, nous demande la mère de Zaven dès qu'elle passe la porte d'entrée.

Zaven entre à sa suite et mon cœur fait un bond. Le brun me nargue d'un petit sourire narquois en me montrant la tablette de chocolat qu'il tient dans la main. Je hausse les sourcils, et c'est avec plaisir que je vois ses joues se teinter de rose.

Ah, Amaël, je souffre le martyr, se plaint-il en s'approchant de moi. Porte moi.

T'es trop lourd. C'est ta jambe ou ton épaule, le problème ? me moqué-je.

Mon propre humour me surprend. Zaven m'a manqué. Il pose une main sur son cœur, l'air outré.

Maman, t'entends comment il me parle ?

Merci, Amaël, rit-elle en nous poussant dans la chambre.

Zaven ferme la porte derrière nous. L'instant d'après, il m'enlace de son bras valide et niche son nez contre mon cou avec un soupir satisfait.

Je te fais pas mal ?

M'en fous, je veux un câlin. J'ai besoin.

Il se détache de moi quelques minutes plus tard et s'approche du lit. Un sourire se peint sur ses lèvres quand il remarque son pull froissé au milieu du lit.

Il reporte son regard sur moi, ses lèvres s'étirent davantage. Il chuchote quelque chose que je ne comprends pas, trop absorbé dans ma contemplation. Je cligne rapidement des yeux, plongeant mon regard dans ses prunelles aux couleurs de l'automne :

Quoi ?

Tu m'as manqué, répète-t-il, amusé.

Je m'avance et me plante devant lui, levant la tête pour maintenir un contact visuel. Il rougit. Encore. Qu'est ce qui lui arrive aujourd'hui ? Après, je ne vais pas me plaindre. Je suis content de réussir à avoir ce pouvoir sur lui.

Amaël, murmure-t-il.

Sa main se pose sur ma joue et glisse lentement vers ma nuque. Je ne détache pas mon regard du sien, lui non plus. Je souris, un grand et vrai sourire, et je suis enchanté de le voir détourner les yeux, troublé.

Je soutiens encore son regard, mais pas très longtemps. Je craque, les joues brûlantes, et me réfugie délicatement - pour ne pas risquer de lui faire mal - contre son torse. 

Dernier acteOù les histoires vivent. Découvrez maintenant