Jeudi 26 Septembre 2024.
Aujourd'hui, c'est ma dernière séance chez le psychologue. Il a décidé qu'au vu de mes progrès, il n'y aurait pas de prochaine séance. Évidemment, si besoin, je pourrai toujours reprendre rendez-vous. Sam n'est pas au courant, je ne l'ai pas encore prévenu car j'avais peur que cela l'inquiète. En y repensant, c'était sûrement une erreur. Le fait de ne pas l'avoir mis au courant va l'inquiéter.
Il aura peut-être raison. Je ne me sens pas assez prêt pour arrêter. Cela fait de longues années que je vois un psychologue. J'ai longtemps nié le fait que cela m'aidait, mais la pensée de ne plus venir ici me perturbe. J'ai pourtant longtemps, même la semaine dernière, détesté devoir parler de moi à un inconnu.
Mais aujourd'hui, c'est de ne plus voir de psychologue qui m'est inconnu. Et je me rends compte que je suis parfaitement terrifié. Tout allait bien cette semaine, pourtant.
— Joshua, insiste mon psychologue.
Ah, oui. Il m'a demandé comment je prenais l'arrêt de nos séances, il y a deux cent huit secondes. De toute évidence, pas très bien.
J'ai aussi peur que Sam ait beaucoup trop de mon état mental à gérer. Certes, je guéris, mais je sais que je ne suis pas forcément facile à vivre. Et s'il me quittait . J'ai peur qu'il en ait marre de moi. Je commence un peu à paniquer, je veux mon copain.
— C'est inhabituel, mais ça va.
Je mens clairement. C'est ça, mon problème. Je ne parle pas au psychologue, mais j'ai peur de me retrouver sans. C'est ridicule.
— Joshua, il est normal d'avoir peur, déclare-t-il doucement.
Je hausse un sourcil sans répondre.
— Vous en êtes parfaitement capable. Faites vous confiance, faites confiance à votre copain.
— Je lui fais confiance, répliqué-je immédiatement.
— Et lui, il vous fait confiance ?
— Oui.
— Et vous lui faites confiance. Donc tout ira bien, Joshua.
***
— Sam, dis-je en me précipitant dans ses bras.
Et sans comprendre comment, je fonds en larmes. Il est venu m'attendre dans la rue, devant le cabinet du psychologue.
— Je suis venu t'attendre, tu avais l'air stressé avant de partir...visiblement j'ai bien fait, non ? Vous avez parlé de quoi ? Il se passe quoi ?
Je m'accroche à Sam. Je pleure, mais ce n'est pas de tristesse? Je suis à la fois soulagé qu'il soit là et terrifié. Je finis par reculer, décidé à expliquer à mon copain ce qu'il se passe.
— Je ne vais plus chez le psy. Et j'ai peur.
Sam m'entraîne vers un banc non loin de là. Il pose délicatement sa main sur ma cuisse et m'invite à continuer.
— Il m'a annoncé ça la semaine dernière. Je n'ai pas osé t'en parler. J'ai peur d'être un trop gros poids pour toi. Et puis-
— On ne va pas se séparer, me coupe le blond.
Il prend mes mains dans les siennes, l'air extrêmement sérieux. Sa voix est calme, posée, mais ses mains tremblent violemment. Il répète une deuxième fois la phrase. Comment a-t-il deviné ma peur ?
— Je...balbutié-je.
— Non, Joshua. Je ne vais pas fuir et on ne va pas se séparer parce que tu vas plus chez le psy. Ça ne va pas changer grand-chose, et même si c'est le cas, je m'en fiche. Je suis là pour toi et je suis parfaitement capable de gérer si tu as besoin de mon aide ou que tu paniques.
Deux larmes chutent de mon menton. Je n'avais pas réalisé que je pleurais encore.
— Viens là, souffle Sam.
Je me blottis dans ses bras. Patiemment, il caresse mes cheveux. Tendrement, il embrasse mon front. Délicatement, il passe sa main dans mon dos. Doucement, il chuchote :
— Tout va bien. Ça va aller. Je t'aime.
— Je t'aime, réponds-je d'une voix plus tremblante que prévu.
Il me faut encore quelques longues minutes pour être en état de me détacher de Sam. Et je n'ai même pas le temps de paniquer à propos de mon maquillage que mon copain sort un crayon noir et un anticernes de son sac.
— Attends, bouge pas, m'ordonne-t-il.
Il s'applique à nettoyer mon maquillage ruiné par les larmes. Puis, avec douceur, il masque la rougeur et le gonflement de mes yeux. Il regarde le crayon, hésitant.
— Je peux le faire moi ? J'ai peur que ça soit moche.
— Je m'en fiche. Tu peux le faire, Sam.
Tenant mon menton d'une main, Sam refait soigneusement mon maquillage. Pendant ce temps, je le contemple. Il est si concentré. Et beau.
— Tu as ça depuis quand ?
— Depuis le jour où tu t'es retrouvé sans maquillage au lycée, l'année dernière. Je suis allé acheter ça le soir même. Je les ai toujours sur moi.
Une bouffée d'amour me transperce.
— Ah non Jojo, plus pleurer mon coeur, déclare le blond en voyant mes yeux s'humidifier.
Je renifle. Sam dépose un baiser sur mes lèvres, et la chaleur de sa bouche me fait réaliser que je suis absolument frigorifié.
— On rentre ? Indigo doit s'impatienter, dis-je doucement.
Un sourire apparaît sur le visage de mon copain. Le froid se répand sur mon épiderme. Comment j'ai pu ne pas me rendre compte de la température ? Je glisse ma main dans celle de Sam, et nous rentrons.
Une douce chaleur m'entoure lorsque nous entrons dans notre appartement. Nous découvrons Indigo endormie dans son panier, alors nous faisons en sorte de ne pas la déranger. Sam me prend dans ses bras et nous nous installons dans le canapé.
— Je suis là, Jojo. Tu peux compter sur moi, et tu ne dois pas hésiter. Ça va aller mon coeur, promis.
Sam n'est sérieux comme cela qu'avec moi. Et je sais à quel point c'est important pour lui d'être comme ça avec moi.
Je me blottis contre Sam, j'ouvre toutes mes barrières et je le laisse me protéger. Je le laisse prendre le contrôle, je ferme les yeux et souris en le sentant embrasser ma joue. Il me rassure énormément.
— On va manger des nouilles, comme ça on perd pas de temps, annonce le blond.
Il se détache de moi et se dirige vers la cuisine. Sans le montrer, je sens la panique regagner mon coeur, et je me dépêche de le rejoindre. J'entoure sa taille de mes bras et pose ma joue contre son dos. Je tiens à signaler qu'il n'a pas grandi, il est sur la pointe des pieds pour attraper les nouilles.
— Je t'aime, chuchoté-je.
— Moi aussi je t'aime, Jojo. Tu veux lesquelles ? Oh sinon on pourrait commander ? Trop de choix, je suis perdu...On a des flocons d'avoine, aussi ?
— Des nouilles, mon amour. Elles.
Je me force à lâcher Sam pour aller dans la salle de bains. Je me change, mais je garde mon maquillage encore un peu parce que c'est Sam qui me l'a fait et que j'y tiens.
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Dernier acte
RomanceUne université, deux groupes qui se rejoignent. Trois couples différents. SUITE DE CINQ ACTES ET DE LAST NIGHT !
