Chapitre 53- Amaël.

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Lundi 30 Septembre 2024.

Assis, replié sur moi-même, appuyé contre le mur, je dessine dans le lit. Ma journée a été épuisante. Certes, ils ont été vraiment gentils, mais ma batterie sociale s'est vidée à une vitesse phénoménale. Je suis extrêmement fatigué, de façon mentale. Physiquement, tout va bien. Je fais un croquis de Oups qui dort sur le rebord de la fenêtre.

Ça va, mon ange ? me demande mon amoureux en s'installant à côté de moi.

Il était à la cuisine pour se chercher un goûter, et il me tend gentiment deux carrés de chocolat.

Mmh, je marmonne en hochant la tête.

Je n'ai pas vraiment l'énergie de parler. Heureusement, j'ai la chance d'avoir un amoureux parfait et compréhensif. De son bras intact, il m'attire contre lui en veillant à ce que je puisse toujours dessiner.

T'es pas obligé de parler, Amaëlou. Tu m'expliqueras quand tu pourras, si tu veux. Prends ton temps, t'en fais pas.

Avec lenteur, j'inscris au-dessus de mon dessin : "C'était compliqué les cours". Malheureusement, le fait d'écrire n'empêche pas mes yeux de s'embuer de quelques larmes.

Amaël...Je t'aime. Ça va aller, mon ange. Je reviens bientôt.

Pardon, chuchoté-je. Anxiété. J'suis fatigué.

Zaven dépose un baiser sur ma tempe. Je ferme les yeux et m'abandonne contre lui, tandis que Oups saute sur le lit et commence à ronronner avec force, couché près de nous.

Comme j'étais seul en cours, j'avais l'impression que tout le monde me regardait et me jugeait pour être seul. Les regards sont plus durs sans toi, j'explique difficilement.

Comme quand tu étais au lycée ? demande-t-il.

Non. Pas...pas autant. C'est différent. J'ai plus l'habitude.

Zaven caresse mes cheveux, qui poussent vraiment bien, atteignant désormais le bas de ma nuque. Il galère à se positionner, autant à cause de son bras que des bleus, je le sens. Je rouvre les yeux, très embêté qu'il souffre autant.

Un nouvel appartement, ça te tenterait ? lance-t-il brusquement. Avant que tu parles de l'argent, on va bientôt en avoir beaucoup plus. Mon père cherchait un moyen de se faire pardonner, ma mère lui a suggéré de nous faire un virement chaque mois, plutôt conséquent. Donc, si ça te tente d'avoir un appartement plus grand...

C'est fiable ?

Ma mère le terrifie, donc oui, mon ange.

Je hoche la tête. Ca serait agréable d'avoir un peu plus d'espace, pour que Zaven puisse danser plus aisément, que Oups ait plus de place...Moi, je suis partant. On pourrait avoir un endroit plus joli.

Je modifie ma position pour moins gêner Zaven. Oups, vexé que je bouge, s'enfuit en courant. Ce chat est vraiment une princesse. Zaven aussi gigote un peu, il dépose des baisers sur ma tempe et mes cheveux avec une douceur absolument infinie. Il n'y a plus de traces de larmes dans mes yeux, à mon grand soulagement. Mon amoureux est génial.

"Je t'aime aussi" : c'est ce que j'écris sur mon dessin. Les mots ont du mal, ce soir, la barrière que forment mes lèvres et ma gorge ne permettent pas à ma voix de passer.

Merci, Amaëlou, répond-t-il.

Dans sa voix, j'entends son sourire. Rassuré, j'efface la première phrase, ne touchant pas à la réponse qui l'a fait sourire, et je reprends mon dessin de tête, puisque mon modèle s'est enfui. Nous restons silencieux un long moment, Zaven s'étant débrouillé pour être sur son téléphone.

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