Samedi 31 Août 2024.
— Est-ce que je te rassure vraiment ? osé-je enfin demander après une dizaine de minutes à hésiter en fixant le plafond.
Amaël tourne doucement la tête vers moi, mais je ne détourne pas le regard. J'ai besoin de savoir si je l'aide vraiment ou si ma présence est complètement inutile. J'ai besoin de savoir si mes méthodes sont mauvaises, parce que je veux vraiment aider mon amoureux. Je me sens terriblement impuissant face à ses angoisses et sa douleur, c'est horrible. Je veux l'aider. J'ai besoin de l'aider, de savoir si je fais les choses bien.
J'ai tellement peur que ses angoisses aient empiré depuis qu'on se connaît, de découvrir que je ne sers à rien.
Il mérite d'être aidé, mais il en a aussi besoin. Vraiment besoin. Et je veux l'aider.
— Oui, oui tu me rassures vraiment...Pourquoi ?
Parce que tu vas mal, Amaël. Ce n'est pas normal de faire des crises d'angoisse en dormant comme cela...
— Parce que t'es pas bien. On est ensemble depuis un an, et j'ai peur de ne pas t'aider suffisamment, avoué-je en reposant mes yeux sur le plafond. Donc, je veux savoir si je t'aide vraiment, ou s'il faut que je change quelque chose.
— C'était pire, avant de te connaître. Tellement pire. Je sais, que c'est dur à croire, mais je vais vraiment mieux.
Amaël marque une pause, il se redresse pour s'asseoir à côté de moi. Je l'imite, prenant ses mains dans les miennes pour l'encourager à continuer. Je sais qu'il a du mal à parler, alors je ne veux pas l'interrompre.
— Je me calme beaucoup plus vite, puis ça arrive moins souvent...Je fais plus de crises d'angoisse en cours, et je fais beaucoup moins de cauchemars aussi.
— Je veux te réparer, chuchoté-je.
Amaël mérite d'aller bien, il mérite tout l'amour du monde. Il est si pur, si gentil malgré tout ce qu'il a subi, il mérite que je prenne soin de lui.
— Tu le fais...C'est...J'ai passé dix-huit ans de ma vie à affronter ça seul. J'ai parfois du mal à réaliser vraiment que je suis plus seul.
Luttant contre les larmes qui me montent aux yeux, je regarde silencieusement le visage de mon amoureux. Un nœud se crée dans ma gorge, je regarde tout sauf ses yeux. Si je croise son regard, je vais éclater en sanglots, c'est certain.
— Je veux te réparer, répété-je d'une petite voix.
Et son regard plonge dans le mien. Ma lèvre inférieure se met à trembler, et je répète dans un sanglot étouffé :
— Je veux te réparer...
Et j'explose en sanglots. Paniqué, Amaël me prend dans ses bras, me colle contre lui. Je ne sais pas vraiment pourquoi je pleure, mais j'ai besoin d'Amaël. J'ai besoin de ses câlins, j'ai besoin qu'il me rassure, j'ai besoin de lui tout entier.
— Zaven, mon...
Mon amoureux se tait et prend une grande inspiration. Il semble hésiter à dire quelque chose, il caresse patiemment mon dos.
— Zaven, mon chat...murmure-t-il finalement. Je suis là, je vais bien. Je vais mieux. Vraiment. Ça va aller. Tout va bien se passer.
Mon chat. Il m'a appelé mon chat. Il m'a donné un surnom.
Je me colle encore plus contre lui, il m'entoure de sa chaleur et de ses bras réconfortants. Mes larmes trempent le col de son tee-shirt.
Je l'aime tellement, c'est si dur de le voir souffrir et d'avoir l'impression d'être impuissant face à sa douleur. Mais c'est tout aussi dur de savoir qu'il souffrait davantage avant, et qu'il était seul face à cela. Il avait Abby, évidemment, mais je suppose qu'un animal ne peut pas tout faire...
Il n'avait personne pour lui répéter qu'il est beau, personne pour le rassurer quand il angoissait, personne pour embrasser ses complexes, personne pour mettre des pansements sur son cœur et son âme.
Dans un sens, tant mieux, je suis content d'être toutes ses premières fois. Mais d'un autre côté, qu'il ait été si seul m'attriste tellement. Amaël mérite d'être entouré, protégé, encouragé, soutenu, rassuré.
J'étais seul aussi, avant lui. Mais quand cela concerne Amaël, ça me frappe en plein cœur.
— Je t'aime Amaël, putain je t'aime, je t'aime, je t'aime tellement.
— Je t'aime aussi, répond-t-il en embrassant doucement mes cheveux. Tout va bien se passer mon chat, c'est promis. Ça va aller.
Ce surnom aura ma peau. C'est si doux, si mignon, si...si Amaël.
Je lève la tête et laisse mon amoureux essuyer délicatement mes larmes sur mon visage. Je l'aime tellement, de tout mon cœur.
— Entre nous, ça va ? Tout va bien ? demande timidement le blond en m'aidant pour que l'on s'allonge.
— Tout va bien mon ange, promis.
Quelques minutes passent, plus personne ne dit rien. Je garde mon oreille collée à son pectoral pour entendre son cœur battre, il me caresse tendrement le dos. Je ne pleure plus, rassuré par ses mots, par ses gestes, par lui.
Au bout de plusieurs longues minutes de silence, Amaël me demande, tout hésitant, si j'aime le surnom qu'il m'a donné tout à l'heure.
— J'aime trop. Dis le plus souvent s'il te plaît, j'aime vraiment beaucoup.
Amaël m'entoure fermement de ses bras, et je souris. Je l'aime si fort. Je suis tellement amoureux de lui, c'est incroyable, indescriptible, magique. Je suis irrémédiablement amoureux de lui.
— Je veux t'embrasser, marmonné-je.
Je lève le menton, son regard croise le mien. Je me redresse un peu à l'aide de mes bras, attendant son accord. Accord qu'il ne tarde pas à me donner d'un léger hochement de tête qui me fait sourire. Je ne dois pas ressembler à grand chose, après avoir autant pleuré, alors ça me rassure qu'il veuille toujours m'embrasser.
Je pose mes lèvres sur les siennes, je le sens sourire en retour et mon ventre se tord violemment alors que les papillons reprennent leur place habituelle. Mon amoureux glisse une main derrière ma nuque, l'autre prend place sur ma joue. Mon ventre se tord de plus belle alors que je pose moi aussi ma main sur sa joue. Notre baiser est lent, doux, si réconfortant. J'avais besoin d'être rassuré.
Et il a parfaitement réussi, je me sens beaucoup mieux. Si je n'avais pas les yeux gonflés, on pourrait croire qu'il ne s'est rien passé.
— Merci de m'avoir rassuré, Amaëlou. Je t'aime, t'es trop beau.
Le blond rougit, mais à ma grande surprise, il soutient mon regard et prononce :
— Je t'aime aussi mon chat.
Je roule sur le côté en cachant mon visage de mes mains en poussant un petit cri, les joues brûlantes et écarlates, alors qu'Amaël éclate de rire et vient finalement déposer un baiser sur mon front.
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Dernier acte
RomanceUne université, deux groupes qui se rejoignent. Trois couples différents. SUITE DE CINQ ACTES ET DE LAST NIGHT !
