Vendredi 27 Septembre 2024.
Ma mère est repartie pour deux heures trente de route. Amaël est allé acheter d'urgence des croquettes pour Oups qui miaulait à la mort, totalement abattu de ne pas avoir mangé depuis une heure. Pauvre chat. Je suis donc seul, et je regarde autour de moi, cherchant à m'occuper.
Sur la table de chevet se trouve le carnet à dessins du blond, celui qu'il n'emmènerait jamais en cours. Cela fait un moment que je n'ai pas regardé ses dessins... Je tends le bras et pose le carnet sur mes cuisses.
À une main, je galère à retirer l'élastique qui ferme la couverture. Je me sens ridicule, je n'arrive à rien et cela m'énerve beaucoup. J'ai hâte de récupérer mon bras. Je déteste les vélos. Dans le dos, j'ai un bleu en forme de guidon de vélo, c'est affligeant.
A chaque fois que je repense à la panique d'Amaël à mon réveil à l'hôpital, mes yeux se remplissent de larmes, et j'y pense à chaque fois que je suis seul. À la place d'Amaël, si on m'avait annoncé une potentielle perte de mémoire, je pense que je me serais effondré.
À mon réveil, j'ai dû me concentrer pour parler, voulant instinctivement me tourner vers la langue auquelle j'ai été le plus habitué, l'anglais. Heureusement, j'ai eu la présence d'esprit de m'exprimer en français. Je n'ose pas imaginer la réaction d'Amaël si je n'avais pas réussi en français.
J'admire les dessins de mon amoureux. Il y en a de Oups, de Abby, de paysages et d'autres animaux, mais surtout, il y a beaucoup de dessins qui me représentent. Cela fait vraiment longtemps que je n'ai pas feuilleté les pages, car il y a un certain nombre de dessins que je n'avais jamais vu.
Comme celui-ci, qui me montre occupé à faire des gaufres. Ou lui, où je m'affaire à brosser notre chat.
Je rougis en en voyant un qui sort visiblement de sa mémoire - je ne l'ai jamais vu dessiner pendant que nous le faisions -. Je suis allongé, des mains dans les cheveux, les joues rouges, des traces de baisers jusqu'aux clavicules. Le reste de mon corps est dissimulé sous le drap, et si je ne me rappelais pas de ce moment, je n'aurais pas compris que c'était un dessin inspiré de cela.
Je tourne encore la page. Grâce aux trois grains de beauté qui forment un triangle, je reconnais mon dos. Mes épaules, ma nuque, et mon dos. C'est tout. Le nombre de détails est affolant. La façon qu'il a de me dessiner est merveilleuse.
La page suivante est un dessin d'Amaël. Son visage, les yeux clos, avec des ombres menaçantes tout autour. C'est comme une représentation de ses cauchemars. C'est à la fois beau, triste et inquiétant.
— Ça va ?
La voix de mon amoureux me tire de mes pensées. Je ne l'ai même pas entendu rentrer.
— Viens là, Amaëlou, réclamé-je en tapotant le lit à côté de moi.
Le blond s'installe, il pose les yeux sur le carnet. Une grimace prend place sur son visage.
— Je suis là, chuchoté-je. Je te lâcherai jamais. T'es pas seul avec tes cauchemars, mon ange.
Il ne répond pas, mais un baiser délicat se pose sur mon épaule. Il appuie ensuite sa joue contre elle. Je retourne au dessin qui m'a fait rougir, mon ventre se contracte, et c'est en souriant que je demande :
— T'as fais ça quand ?
— Juste après. Tu dormais, articule-t-il rapidement. T'aimes bien ?
— J'adore. C'est beau. Et lui ? ajouté-je pour le dessin de mon dos.
Il rit.
— Facile. T'es nudiste. C'est pas compliqué de retenir les détails. J'y ai passé deux semaines.
— J'aime vraiment beaucoup. T'es doué, mon ange.
Je glisse la main derrière son dos pour rejoindre son ventre par le côté. Je ferme les yeux et m'autorise une pause de quelques minutes. C'est la voix d'Amaël qui me fait ouvrir les yeux :
— T'as besoin d'aide pour te doucher ?
Si je n'avais que ma clavicule, je n'en aurais pas eu besoin. Mais j'ai également des bleus qui sont plus noirs que bleus, ma tête qui me fait toujours un peu mal et tout mon corps qui est endolori.
— Je veux bien, oui. J'ai mal partout.
— On va aller faire ça, que tu puisses te reposer.
Il n'y a pas le moindre sous-entendu, uniquement de l'inquiétude et de la prévenance. Je lui adresse un petit sourire, touché. Amaël est vraiment adorable.
Une fois que je suis torse nu, je vois le regard de mon amoureux s'assombrir d'inquiétude. Il me demande de faire un petit tour sur moi même afin de mesurer l'étendue des dégâts. Il expire lentement par le nez, et m'entoure de ses bras. Je sens son coeur battre rapidement.
— Ça va, Amaëlou, je souffle.
Je me glisse sous la douche et constate qu'il est encore habillé. Et qu'il n'a pas l'air décidé à me suivre.
— Je t'aiderai à t'habiller.
— Tu veux pas venir ?
— J'ai peur de te faire mal. C'est petit.
— Tu peux venir, si tu veux. Ça va, mon ange. Fais moi confiance, s'il te plaît.
Amaël me rejoint après quelques secondes d'hésitation supplémentaires. Il me lave délicatement les cheveux, m'aide à me nettoyer. C'est une douche rapide, mais la fatigue m'envahit. La douleur et les émotions de ces derniers jours m'épuisent. Le médecin m'a expliqué que c'était normal, que j'avais besoin de temps pour me réparer.
J'enfile ensuite des habits confortables et me blottit dans le lit. Amaël m'embrasse doucement et s'assoit a côté de moi pour dessiner. Je m'endors très vite.
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Dernier acte
RomantikUne université, deux groupes qui se rejoignent. Trois couples différents. SUITE DE CINQ ACTES ET DE LAST NIGHT !
