Chapitre VII

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    Le soleil est déjà bien levé sur les ruines. Hier soir, je me suis rendormie au coin du feu après avoir discuté une bonne partie de la nuit avec Isaac, et malgré toute l'imagination que je peux avoir, je ne suis toujours pas certaine de savoir ce que « un ange déchu » signifie... Je n'ai pas osé poser la question hier et je fulmine donc aujourd'hui. Le moins qu'on puisse dire avec Isaac, c'est que si vous ne lui posez pas de question, il ne s'étalera pas et restera agréablement mystérieux !

—    Un ange déchu est un ange exilé du Paradis, en punition d'actes qu'il a commis envers Dieu. Résumons-le comme ceci. Tu pouvais me poser la question, sourit-il en me faisant un clin d'œil.

Je soupire en souriant à mon tour, ce qu'il est intrusif, celui-là.

—    Et la lecture des pensées avec modération alors ? Dis-je, mais il fait mine de ne rien entendre. Et donc tu... Tu n'as jamais essayé de... t'échapper, par exemple ? Demandais-je comme si c'était la question la plus délicate qui soit.

—    J'ai bien tenté, confirme-t-il. Des centaines de fois, par tous les moyens. Mais je ne suis jamais parvenu à me sortir de là. As-tu remarqué les signes sur les ruines ? Tous ces signes, combinés, sont un charme puissant maintenu par des anges puissants. Ils m'empêchent d'user de mes pouvoirs pour m'évader, ce sont des objets anti-magie, et comme ils sont à l'intérieur de la prison, ni moi ni personne ne pouvons rien faire. Le seul moyen de les casser est par la force brute. Je n'ai pas cette force. Aucun objet ne l'a eu qu'on a pu me fournir ne l'a eu. Alors à force de lutter, j'ai finis par me résigner.

—    Donc personne n'a pu t'aider à t'évader non plus ?

—    C'est cela, et comme je te l'ai dis hier, seuls les êtres surnaturels peuvent voir et accéder à cet endroit. Mais s'ils y rentrent, ils seront privés de leur pouvoirs tout comme moi, et ne pourront plus en ressortir. C'était trop risqué d'essayer. Je ne comprends certes pas comment tu as pu y rentrer, mais comme tu es humaine tu as pu en ressortir, c'est ce qui l'explique.

Je ne me verrais pas passer un seul mois en prison, alors un millénaire quasiment... Je n'ose pas imaginer...

—     Le pire, reprend-t-il, c'est la solitude. Une profonde et désespérante solitude... Mais... Je ne suis pas ici pour rien, donc...

—    Tu ne veux toujours pas me dire ce que tu as fais ?...

—    J'ai commis des faits contraires à quelque chose d'important, des choses mal. Si je peux sauver ta vision de moi jusqu'à après-demain soir, je ne m'en gênerais pas !

—    Pourquoi jusqu'à après-demain soir ?

—    Je te l'ai dis, je suis libre dans deux jours, j'aurais purgé ma peine ! Sourit-il.

—    Oui mais pourquoi tu y tiens jusque là, qu'est-ce qu'il se passera ensuite ?...

Je lui demande, mais je ne suis pas bête... Les moments de bonheur, surtout dans ma vie, ne durent jamais longtemps.

—    Eh bien après... Je retournerai d'où je viens... Et toi, douce Mana... Tu retournera à ta petite vie d'humaine, paisible et tranquille...

Je pouffe de rire. Oui, ce sont les adjectifs parfaits pour décrire ma vie, c'est tout à fait vrai. Je ne réponds rien et pars m'asseoir plus loin, agacée. Mais Isaac ne semble pas vouloir me donner mon moment pour bouder, car d'un battement d'ailes il me rejoint et se poste juste devant moi.

—    Dis-le moi, qu'est-ce que j'ai dis de travers ?... Je sais que j'ai dis quelque chose qu'il ne fallait pas, je l'ai vu aussitôt, la moindre des chose serait au moins que je m'excuse, alors... Éclaire-moi, je t'en prie...

Cecidit AngelusOù les histoires vivent. Découvrez maintenant