Chapitre 62

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Cela faisait déjà un moment que nous les regardions. Ils jouaient, le sourire aux lèvres. Nous ? Nous étions simplement heureux de les voir comme cela. J'abordais un doux sourire en admirant avec amours mes petits diables, pendant que Nevra s'occupait de sécher mes cheveux. En effet, celui-ci n'avait pas résisté à la tentation de me mettre à l'eau tout en me gardant dans ses bras. Il s'était pris une baffe bien méritée suivit de quelques remontrances. Depuis, nous parlions de nos trois adorables trésors.


Moi : Comment les vois-tu dans dix ans ?

Nevra : Dans dix ans ? Eh bien... Je vois parfaitement Mavis en train de parcourir les horizons à dos de Rawist, munis de ses deux épées et accompagnés de Zéphyr.

Moi : Je pensais à la même chose.

Nevra : Pour Graham, je le verrais bien chef de la garde de l'ombre.

Moi : Si jeune ?

Nevra : Il a du talent.

Moi : Je n'en douterais jamais, nous avons des enfants merveilleux.

Nevra : Et pour Salem... Je ne sais pas trop... Il ne se confie pas beaucoup à moi...

Moi : C'est un esprit libre et fragile comme je l'étais autrefois, je le vois mal s'attacher à un grade ou autre chose du genre.

Nevra : Il montera peut-être un jour sur le trône.

Moi : Crois-moi, si aucun de mes enfants ne veut de cette fichue couronne, je ne leur infligerais pas ça.

Nevra : C'est si déplaisant ?


« Déplaisant », voilà un mot qui résumer bien ma vie à la cour. Toutes ces contraintes et ses obligations ainsi que ces fichus complots ! Je n'en pouvais vraiment plus et j'aurais préféré confier tout cela entièrement à Kalya mais cela était impossible. Des jumeaux devaient régner ensemble, c'était la règle. Voilà pourquoi je garderais la couronne jusqu'à mon dernier souffle pour éviter toutes contraintes à mes enfants. Si Mavis voulait parcourir le monde à la recherche d'aventure, qu'elle y aille. Si Graham voulait devenir un grand chef comme Nevra, très bien... Si Salem... Salem ?


Moi : Où est Salem ?!


Je me redressai à toute vitesse, cherchant du regard mon fils qui n'apparaissait plus dans mon champ de vision. Soudain, je me mis à paniquer.


Moi : Où est-il ?!

Nevra : Ne t'inquiète pas, il ne doit pas être bien loin. Je pars à sa recherche.

Moi : Non ! J'y vais, en me transformant, je couvrirais plus de terrain que toi, garde un œil sur Mavis et Graham.


Pas une ni deux, j'étais déjà dans le ciel abordant des ailes qui paraissaient plus vraies que nature. Je sentais le vent claqué contre mon visage. J'avançais à toute vitesse au-dessus de la plage bondée de monde. Je volai pendant une bonne dizaine de minutes avant d'apercevoir une petite forme à la chevelure blanche près des rocheuses. Je fonçais vers cette forme familière. La seconde d'après, mes pieds touchèrent le sable et mes ailes disparurent. Il se tourna vers moi et je pus voir son visage. Je courus vers lui et le prit dans mes bras tout en le serrant fortement contre moi. J'avais failli mais je me retins. Puis, je pris une grande inspiration avant de le regarder droit dans les yeux.


Moi : Pourquoi es-tu parti ?

Salem : Tu ne me croiras pas...

Moi : Mais pourquoi je ne croirais pas mon cœur ?

Salem : Je ne sais pas trop...


Il affichait une drôle de mine. Je lui pris donc ses mains dans les miennes et l'embrassai sur la joue.


Moi : Tu peux tout mon dire mon ange.

Salem : Tu ne le diras à personne, hein ? Même pas à papa.

Moi : Promis.

Salem : J'ai vu une petite fille.

Moi : Comment ça ?

Salem : Mais pas une petite fille ordinaire ! Elle... Elle avait l'air d'un fantôme.

Moi : Dis-moi tout trésor.

Salem : Je l'ai vu au loin sur la plage, près des rochers et elle m'a fait comme un signe pour me dire de la rejoindre et vu que vous aviez l'air occupés, je n'ai pas voulu vous déranger.

Moi : Ensuite ?

Salem : J'ai été la voir, elle ne parlait pas, elle avait l'air triste.

Moi : Où est-elle maintenant ?

Salem : Elle a disparu dans les grottes.


A suivre...

Gael : The White Wolf (Second part)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant