Chapitre 72

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Avec les enfants, nous avions finalement dîné. Toujours pas de trace de Nevra, il fallait que j'aille le chercher. Mavis, qui avait compris mes attentions, m'apporta une cape noire des plus discrètes que j'enfilai après mes bottes.

Moi : Tes frères sont dans leurs lits ?

Mavis : Oui.

Moi : Tu es responsable d'eux, des familiers et de la maison... Tu es sûre que ça ira ?

Mavis : Promis papa.

Moi : En cas de problème, je t'autorise à utiliser des sorts supérieurs et surtout, envoie-moi un signal, je le saurais si c'est toi, je serais là dans la minute.

Mavis : Ne t'inquiète pas ! Tu devrais peut-être prendre Sheïtan.

Moi : Bonne idée.

Je me dirigeai vers la porte avec le familier de mon cher mari mais je me retournai une dernière fois vers ma fille et Mint qui était assis près d'elle. Je caressai mon familier puis embrassa ma fille sur le front.

Moi : Mint, je compte sur toi aussi... Je reviens au plus vite ma chérie...

Enfin, Sheïtan et moi quittions la maison. Je ne put m'empêcher de recouvrir celle-ci d'une barrière protectrice. Mavis en fit autant à en juger par l'épaisseur de la magie. Je recouvris ma tête de ma capuche et me mis à marcher près de Sheïtan.

Moi : Tu penses pouvoir le retrouver mon grand ?

Le Black Gallytrot cherchait son maitre avec attention. Je le suivis jusqu'à certaines ruelles que je préférais éviter en temps normal. Le peuple de la nuit était de sortie : ivrognes, prostituées, escrocs... Je me cachais du mieux possible sous ma cape et j'essayais de garder Sheïtan discret également.

Moi : Qu'est-ce qu'il ferait ici ? Tu es sûr que nous sommes dans la bonne direction ?

Il avait l'air sûr de lui, je lui faisais donc confiance. Sheïtan m'emmena encore un peu plus dans les profondeurs de la cité. Je sentais mes mains se gelaient quelque peu sous le coup du stress. Je m'inquiétais pour les enfants. Le familier s'arrêta pour me fixer avant de venir frotter son museau contre mes mains. Je me mis à son niveau et le caressai.

Moi : Il faut vite qu'on le retrouve, je t'en prie...

??? : Dis-donc, ça ne serait pas le chef de la garde de l'ombre ici présent ?!

Je me redressai et me retournai vivement. Il y avait deux gaillards à quelques mètres de moi. Ils affichaient un grand sourire sournois. Il me prenait pour Nevra à cause de ma tenue sombre et de Sheïtan. Je sentis justement le dos de celui-ci se raidir sous la paume de ma main. Je tentai de le rassurer comme je le pouvais.

Moi : Tout va bien...

??? : Ce n'est plus dans tes habitudes de sortir le soir.

Je me concentrai comme je le pus et pris progressivement l'apparence de mon vampire avant de dévoiler son visage. J'essayai de copier ses mimiques pour être le plus crédible possible.

Moi : En effet, je suis en charmante compagnie alors je reste chez moi.

??? : Tu as laissé ton sorcier et tes gosses tous seuls à la maison ? Ce n'est pas très sûr pourtant...

Ils affichaient toujours ce sourire narquois. Je détestais ça. Mon cœur battait dans ma poitrine et mes mains étaient glacées, je les gardai caché sous ma cape. Sheïtan se rapprocha de moi.

??? : Et si on allait faire un petit tour tous les trois ? Y'en a un qui veut te voir...

Les articulations de leurs poings se mirent à craqueler. Ils s'approchèrent de moi.

Moi : Sheïtan ! Court !

Il emboita le pas et je le suivis aussi vite que je le put. Il m'emmena dans une ruelle étroite, je pouvais facilement leur échapper ici. D'un coup, je fis apparaitre un mur de glace pour leur bloquer le passage. Ils me hurlèrent des injures en comprenant que ce n'était finalement pas Nevra. On ne s'arrêta que quelques mètres plus loin. Je nous téléportai Sheïtan et moi sur un toit pour mieux observer nos anciens poursuivants.

??? : Bordel ! C'était son sorcier ! Il s'est bien foutu de nous !

??? : T'inquiète pas, il ne doit pas être loin... Allons prévenir le Boss...

Sheïtan se mit à grogner mais je lui fis signe de se taire tout en continuant à suivre du regard, la trajectoire des deux brutes.

Moi : On va les suivre mais on doit rester discrets, d'accord ?

Il ne broncha pas. Nous avions continué à parcourir les toits pour suivre en toute discrétion les deux idiots qui continuer de jurer. On dut les suivre un moment avant qu'ils ne nous amène près d'une taverne dans laquelle ils entrèrent. Je quittai doucement le toit.

Moi : Je vais y aller seul pour l'instant, tu es trop reconnaissable. En cas de problème, n'hésite pas à me rejoindre, ton aide me sera précieuse.

Il acquiesça plus ou moins et me laissa le caresser sur le haut du crâne.

Moi : Tu es un familier extraordinaire, je te promets de te ramener ton maitre.

Finalement, je laissai le Black Gallytrot pour retourner à la recherche de mon vampire. Une nouvelle fois, je changeai d'apparence pour me changer en Faun, un gardien de la forêt. J'avais l'air assez viril avec une barbe pour mieux me fondre dans la masse. Bien entendu, mes cheveux avaient raccourci pour également devenir blond. Enfin, je pus entrer dans la taverne qui, comme je m'y attendais, était rempli de gros bras musclés qui crachaient à tout va et faisaient des combats de bras de fer. J'identifiai rapidement mes deux idiots de tous à l'heure qui était assis à une table, visiblement dans l'attente de quelqu'un. Je m'assis au bar et le barman vint à ma rencontre.

??? : Dis-donc mon brave, c'est rare de voir un Faun en dehors de sa forêt.

Moi : Les arbres et les pâquerettes, ce n'est pas pour tous les Faun.

D'un coup, il se mit à rire et me fit une frappe dans le dos tout en me servant une choppe de bière.

??? : Bien dit mon gars ! Tiens, cadeau de la maison pour un grand gaillard comme toi ! Dis, tu veux savoir un truc intéressant ?

Moi : Je suis tout à l'écoute.

??? : Ce soir, y'a un combat super-intéressant, tu veux une place ?

Moi : Un combat de familier ?

??? : Quoi ? Non ! Ça c'est pour les fillettes, non moi je te parle d'un combat d'hommes !


A suivre...

Gael : The White Wolf (Second part)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant