Ma bouteille de Whisky ne m'avait pas lâché de tout le trajet. J'avais vidé plus de la moitié du flacon en cristal lorsque j'arrivai chez moi. J'étais complètement saoule, si saoule que je montai difficilement les quelques marches qui ne menèrent jusqu'à l'entrée principale du manoir. Mon garde du corps poussa rapidement l'une des deux immenses portes, et puis nous entrâmes à l'intérieur.
Rentrer chez moi. C'était là le seul moment où je ne demandais pas à Jeon d'être à plus de cinq mètres de moi. Devant ma famille, je tenais à ce qu'il soit un employé on ne peut plus banal. Je ne voulais pas que quiconque puisse se douter que ce qu'il y a eu entre nous, alors je le laissais toutes les soirs m'accompagner jusqu'au rez-de-chaussée.
- Seth ! Putain ! Pourquoi es-tu saoule ? Tu ne sais vraiment rien faire de bien !
- Maman ! M'exclamai-je, enjouée.
L'alcool dans mon sang me fit chanceler jusqu'à ma génitrice avec un grand sourire. J'allais la prendre dans mes bras lorsqu'elle me repoussa brusquement. Je n'étais pas sobre, néanmoins, son manque d'amour maternel à mon égard fit subitement serrer mon cœur.
- Tu es une telle déception pour cette famille.
Elle me toisa, et puis je remarquai que ses cris avaient réussi à ramener mon frère et Céthia. Ils me regardaient tous, cependant, je ne pus arrêter de fixer ma mère, elle qui me regardait avec tant de dégoût. Qu'avais-je fais pour ne mériter rien que son mépris depuis tant d'années ? Elle ne me supportait pas, et moi je ne pouvais m'empêcher d'espérer son amour, exactement comme j'espérais l'amour de tous les autres.
- Quand j'aurais la force de tout arrêter ! M'écriai-je en levant mon index sous ses yeux avant de rire. J'espère que tu seras satisfaite, mais s'il te plaît, verse quelques larmes de crocodile pour moi, Dana. Ça me ferait tellement plaisir.
J'haussai paresseusement les épaules, toujours avec le sourire, puis je regardai mon père. Son visage ne laissait rien paraître. Il était si froid que je me mis à rire, me moquant de lui, avant de lever ma bouteille de Whisky dans sa direction.
- Santé ! Papa, j'espère que tu ne te feras pas assassiner de sitôt ! Lançai-je avant de prendre une gorgée de ma boisson. Parce que ce je ne serais pas là à ton enterrement à toi non plus... Quoi que ! Non ! Je viendrai ! Pour voir si tu es bien six pieds sous terre.
- Seth ! Entends-tu ce que tu dis ? S'écria mon frère en avançant vers moi tel un taureau enragé.
Il tira agressivement sur mon bras pour me forcer à lui faire face. Lui aussi me méprisait, mais je m'en foutais totalement à ce moment-là. Il n'avait strictement aucune importance pour moi.
- Je sais parfaitement ce que je dis, Kyan.
- Es-tu consciente que tu parles de la mort de ton propre père ? S'enquit-il, colérique.
- Je suis parfaitement consciente de mes propos et je les assume complètement ! J'assume toujours tout ce que je fais !
- Et qu'est-ce que tu fais ? Lâcha-t-il avec arrogance.
- Je ne fais que merder ! Je me fais sauter par je ne sais qui et je me déteste pour ça. Je fais tout pour qu'on me déteste et je me déteste pour ça aussi. Je m'entiche du premier venu, d'un putain de manipulateur, et je me déteste là encore ! Je me déteste, mais contrairement à toi, je reste moi, Seth DeLayne. Je ne change pas dans le but de plaire à qui que ce soit ! Alors sois un bon chien, Kyan, et ferme-la, OK ?
Je vis instantanément que mon frère mourait d'envie de me gifler, cependant, il jeta un regard sur notre père et se ravisa instantanément. Je faisais dans la provocation lorsque j'étais en état d'ébriété alors je levai les yeux au ciel et je me retournai rapidement.
Je piétinai le sol en granite, quand tout à coup, telle une ivrogne, je trébuchai à cause de mes propres pieds. Ma bouteille vint aussitôt se fracasser par terre, de nombreux éclats de cristal et le liquide orangé s'éparpillant partout, tandis qu'emportée dans ma folie, je m'allongeai sur le dos en riant, euphorique. J'étais ridicule et j'avais mal, mais au moins j'avais retrouvé la joie de vivre, même si elle était bel et bien éphémère.
- Jeon, emmenez-la dans sa chambre, s'il vous plaît. J'enverrai quelqu'un soigner ses plaies.
- Ça ira, monsieur DeLayne. Je la soignerai moi-même.
J'entendis les éclats de ma bouteille être compressés entre le sol et des pas, et puis j'eus l'impression d'être au paradis lorsque je me sentis quitter le granite glacé. Je gardai mes paupières fermées durant de longues minutes. Tous mes muscles étaient relâchés. J'avais l'impression de flotter, d'être aussi légère qu'une plume. J'espérai même que cela dure pour toujours, cependant, mon corps finit par être déposé contre une surface moelleuse que je reconnus instantanément.
C'était mon lit, alors je ne me plaignis pas. Je restai pleinement détendue alors que je sentais mes chaussures être retirées de mes pieds, néanmoins, lorsque je sentis le matelas se creuser tout près de moi, j'ouvrais instantanément les yeux. Je vis directement ma chambre, puis je tournai lentement la tête pour voir ces yeux divins de près, pour la seconde fois de la soirée. Jungkook était tout près de moi.
- Qu'est-ce que tu es beau, murmurai-je en posant ma tête sur ses cuisses pour le contempler. Peut-être que tu l'es un peu trop pour quelqu'un d'aussi pathétique que moi.
- Nous sommes tous les deux pathétiques.
Il sourit en me regardant de haut, puis il se mit à caresser mes cheveux, avant de prendre mes mains dans les siennes pour les regarder fixement. Elles étaient quelque peu écorchés, plusieurs petites traces de sang s'y faisant voir, néanmoins, ce n'était rien de bien méchant.
- Par contre, tu es la plus maladroite de nous deux.
- Jungkook... Aime-moi... Je t'en prie, suppliai-je tandis que les larmes me montaient aux yeux. J'ai besoin de ton amour.
- Demain je vais souffrir à cause de tes mots, dit-il en déposant un baiser sur mon front. Je vais souffrir lorsque tu ne t'en souviendras plus. Pourquoi as-tu dû être saoule pour me dire ça ?
- Parce que je suis une mauviette. J'ai peur que tu me rejettes... Que tu m'utilises. J'ai peur de tellement t'aimer que j'en mourrai si tu me laisses encore... Que je souffrirai comme je souffre depuis un mois si tu me blesses encore.
- Je n'ai jamais voulu te faire mal. Je ne te ferais jamais de mal consciemment. Pourquoi est-ce que tu penses à tout ça ? Questionna le noiraud en souriant finement. Je croyais que tu aimais vivre au jour le jour.
- Bien sûr que j'aime vivre comme ça...mais pas lorsqu'il est question de toi, avouai-je en effleurant délicatement son visage pâle de mes doigts. Tu es le premier qui a su gagner mon cœur. Tu t'y es pris de la pire des façons, mais ça a marché... Alors, je me dois de penser au fait que tu puisses me faire du mal, parce qu'à ce stade de ma vie... Tu es bien le seul qui puisse détruire ma personne.
- Je t'aime, DeLayne.
- Moi aussi je t'aime. Vraiment. De tout mon cœur.
J'étais on ne peut plus équivoque lorsque j'étais ivre. Je disais vraiment tout ce que j'avais sur le cœur, cependant, celui que j'aimais avait parfaitement raison. Nous étions pathétiques, mais je m'étais davantage, car si je n'avais pas été saoule ce soir-là, jamais au grand jamais je ne lui aurais dévoilé mes sentiments. À vrai dire, j'aurais pu me taire pour l'éternité rien que pour garder ma fierté intacte, néanmoins, je ne regrettais rien de ce que j'avais dit parce que je n'avais pas menti. Je l'aimais bien de tout mon cœur et de tout mon être.
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𝐌𝐚𝐧𝐢𝐚𝐜 - 𝐉𝐄𝐎𝐍 𝐉𝐔𝐍𝐆𝐊𝐎𝐎𝐊 [𝐭𝐞𝐫𝐦𝐢𝐧𝐞́]
Fanfiction"𝐀𝐢𝐦𝐞𝐬-𝐭𝐮 𝐥𝐞𝐬 𝐦𝐚𝐮𝐯𝐚𝐢𝐬 𝐠𝐚𝐫𝐜̧𝐨𝐧𝐬 ? 𝐓𝐫𝐞̀𝐬 𝐛𝐢𝐞𝐧, 𝐣𝐞 𝐯𝐚𝐢𝐬 𝐭𝐞 𝐦𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞𝐫 𝐜𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐟𝐨𝐧𝐭 𝐥𝐞𝐬 𝐦𝐚𝐮𝐯𝐚𝐢𝐬 𝐠𝐚𝐫𝐜̧𝐨𝐧𝐬."
![𝐌𝐚𝐧𝐢𝐚𝐜 - 𝐉𝐄𝐎𝐍 𝐉𝐔𝐍𝐆𝐊𝐎𝐎𝐊 [𝐭𝐞𝐫𝐦𝐢𝐧𝐞́]](https://img.wattpad.com/cover/226203720-64-k106660.jpg)